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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 19:36

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg J’avais mis ce livre, une première fois, sur mon blog, lors de sa création. Je l’ai mis, aussi, dans ma bibliothèque de Babelio et je n’arrive pas à comprendre pourquoi je suis toujours la seule lectrice, c’est un  petit chef d’œuvre (n’ayons pas peur des mots !). Il concourt pour « le coup de cœur des coups de cœur » en juin 2010 de notre club de lectrices de la bibliothèque de Dinard. Pour une fois, nous avions  été unanimes dans nos éloges ; c’est si rare !

Je l’ai offert souvent et à chaque fois, on m’a fait savoir qu’on le trouvait très bien.

 Il faut dire que ce  roman a tout pour plaire. Il traite avec subtilité  et humour, d’une réalité  douloureuse : l’exil.

Alexandra, jeune auteure dramatique, qui a plus d’un point commun avec Anca Visdei, fuit son pays, la Roumanie à l’occasion d’un colloque littéraire.

Elle écrit à sa sœur pour qui elle éprouve une grande affection, la façon dont toutes les deux se jouent des dangers du régime totalitaire est drôle mais tragique à la fois. Leurs lettres sont très surveillées, elles s’en amusent : « Ta lettre a mis quatorze jour. D’habitude ça ne prend qu’une semaine…Tu dois utiliser de mauvaises enveloppes, là-bas ils les fabriquent moins bien qu’ici, car ton pli s’est décollé pendant le voyage et une secourable postière de chez nous a été obligée de le recoller, très discrètement d’ailleurs. Il n’y aurait pas eu la petite marque que tu sais, c’était un travail comme neuf ! Quel sens esthétique pour une simple postière ! »

Le pays d’accueil, la Suisse n’est pas épargnée par l’humour d’Alexandra, j’ai souri à l’évocation des intellectuels de son colloque

«  Tout le monde a été adorable avec moi. Le colloque a duré trois jours, l’admiration un peu moins…..Ils m’ont répondu …. Nous connaissons et aimons votre pays. Nous avons passé une semaine à un congrès d’écrivains héros du peuple au bord de la mer noire ».

On sent en Alexandra une vitalité et une envie de s’imposer comme une écrivaine de langue française qui force l’admiration le parcourt sera long et difficile mais avec tant d’esprit et d’énergie comment ne pas y parvenir. À sa sœur qui lui dit qu’elle est belle comme une odalisque elle répond « Une odalisque est une crétine enfermée dans un harem, qui partage un gros mari violent avec une dizaine d’autres débiles de son espèce et qui passe son temps au bain à montrer des vertèbres superfétatoires à Monsieur Ingres. ».

La trame romanesque est riche des deux mouvements : la dureté et la désintégration du régime de Ceausescu et l’intégration dans ce qu’on appelait à l’époque « le monde libre », cela passe par le lien des deux sœurs qui est   riche d’une complicité puis d’une tension qui rend le roman passionnant et triste parfois.

J’ai lu et relu plusieurs fois ce livre, avec toujours le même plaisir.

J’espère trouver dans le monde des blogs d’autres lectrices passionnées.

 

 

 On en parle ....

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Blog d'Anca Visdei

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 16:01
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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Je le savais, je l’avais écrit  je  lirai d’autres Racontars.( Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars -Jorn RIEL)
Parfois, en découvrant un auteur, on se demande pourquoi on ne le connaissait pas. D’autant plus que, lorsque je parle de Jorn Riel, on me répond souvent  « Ah, oui j’ai bien ri à ses racontars ».
Alors voilà quand le « Vertigo » (mot pour déprime au Groenland) vous prend, je vous  conseille un recueil de racontars.

Le bonheur c’est parfois communicatif :

« Fjordur leva les yeux et souris. De la glace vierge et des chiens joyeux. Que demander de plus à la vie ? »

 La lecture comme antidépresseur, c’est moins compliqué  que la méthode de Lodvig. Pour aider Petersen à lutter contre les idées noires, il  l’abandonne seul sur la banquise. Au lieu de mourir de faim et de froid, Petersen deviendra un bon chasseur et le Vertigo sera vaincu….

C’est difficile de rendre compte des histoires de Jorn Riel, quand un écrivain a le don de raconter il faut simplement se laisser porter par les histoires. Celle du cercueil, façon groenlandaise, qui se balade jusqu’à New-York, dans un iceberg détaché de la banquise un soir de tempête est à mourir de rire. Quand au titre, on le doit au « curé Polleson, tout de noir et de décence vêtu ». Il  imagine lutter contre la consommation d’alcool de la population en brisant à coups de hache leurs alambics. La riposte fut à la hauteur de l’offense : l’alcool au Groenland, c’est sacré !

 

Hansen regarda en l’air. D’abord il vit le toit qui se levait lourdement, sans empressement. Ensuite, le tout fut doublé par le missionnaire Polleson qui, tel une fusée au Nouvel An, fonça vers le ciel, les pans noirs de sa redingote battant comme des ailes ….

 

« Il a enfoncé sa hache dans la dynamite gelée » lui expliqua Hansen.
« Putain » Valfred regarda le lieutenant d’un air interrogatif. « Pourquoi ? »

« J’avais mis les caisses sur la table et marque EAU-DE-VIE sur la couvercles. Je trouvais que ça faisait mieux comme ça. »

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 19:26
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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Chaudement recommandé par notre bibliothécaire, ce roman bénéficiait pour moi d’un préjugé favorable. Le début m’a tout de suite enthousiasmé, le ton est absolument exceptionnel. Et puis je me suis un peu perdue dans les histoires familiales. Pour me retrouver j’ai fait un arbre généalogique, je conseille à celles et ceux qui veulent lire ce roman de faire de même.

Avec un  ton grinçant, et très humoristique, Kate Atkinson raconte très bien les réalités et les tragédies familiales , surtout  lorsqu’elles  sont vues à travers les yeux de  Ruby encore petite fille.

La construction romanesque est un peu complexe,  on  va et on vient entre le présent et le passé, on s’y perd parfois mais quand on ferme le livre on a l’impression d’avoir gagné une famille complète.

Même si, à l’image du 20° siècle la vie de la famille de Bunty et George est tragique, je crois que ce sont  les moments de rire que l’on garde le plus en mémoire.

La noce, le jour de la coupe du monde de football, en 1966 pendant le match Angleterre-Allemagne est un moment inoubliable.

 

Citations


le début

Ça y est j’existe ! …. Ma fabrication commence au premier coup de minuit et s’achève au dernier, au moment où mon père se retire de ma mère, roule de côté et se retrouve subitement plongé dans un sommeil sans rêve grâce aux cinq pintes de bière John Smith qu’il a bues au Bol-de-Punch, avec ses amis Walter et Bernard Belling. Lorsque j’ai été arrachée au néant, ma mère faisait semblent de dormir – comme elle le fait souvent en ces circonstances. Mais mon père a la santé et il ne se laisse pas décourager pour autant.

 

L'amour maternel

 

-    Je n’aime pas le porridge, se hasarde à dire Patricia.

-    Pardon demande Bunty

Ce simple mot tombe comme un glaçon sur le linoléum de la cuisine. (Notre mère n’est vraiment pas du matin).

Du Tac au tac, Bunty siffle :

     -    Et bien moi je n'aime pas les les enfants! Pas de veine, hein?

 

 

Le mariage pendant la coupe du monde de football :

 

  -   Cette saleté de Coupe du Monde ! dit-elle en se tournant vers Ted, l’écume aux lèvres. Tu n’as pas honte ? Est-ce que ton mariage n’est pas plus important que la coupe du Monde.

Ted ne peut s’en empêcher. Il a jusqu’ici passé l’essentiel de sa vie à mentir comme un arracheur de dents, mais, en cette occasion publique et capitale, nous le voyons avec horreur plonger, comme un parachutiste sans parachute, vers le roc dur et tranchant de la vérité.

     -   Pour sûr que non, dit-il . C'est la finale

Avec un bruit terrible la main de Sandra s’abat sur sa joue.


 On en parle :

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 19:12

 

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http://resize.over-blog.com/100x63-c.png?http://www.ville-dinard.fr/biblio/images/carte-abt.jpg L’avantage du club de lecture c’est la redécouverte des grands classiques. Je l’ai relu attentivement et j’ai franchement adoré, encore une fois!
Le début est un peu lent et l’histoire ne se met en place qu’au tiers du livre. Mais ensuite on se rend compte que tout avait de l’importance.

Les chroniques d’une petite ville  en Alabama avant la deuxième guerre mondiale sont très savoureuses et comme tout est vu à travers les yeux d’une enfant de six ans c’est souvent  drôle et émouvant : les ragots, les familles où on sait tout sur tout le monde, les sectes religieuses, les méthodes scolaires, les vieilles filles qui ont leur mot à dire sur l’éducation des enfants, et surtout la condition des noirs.
Le père, Atticus, élève seul ses deux enfants et leur donne des valeurs humanistes dans une petite ville où le racisme est de règle. Commis d’office pour défendre un noir innocent mais accusé du viol d’une femme blanche, sa vie et celle de ses enfants va devenir très compliquée.

On ne peut pas s’empêcher d’adorer Atticus, c’est un beau personnage. Je pense qu’on ne peut pas l’oublier, ni comme père, ni comme avocat.

Grâce à ce livre, on comprend mieux d’où vient l’Amérique, j’ai beaucoup pensé  au   temps où nous chantions surtout quand l’auteur évoque les enfants métis  et une fois encore je me suis réjouie de la victoire d’Obama.

 

Citations

 

 

Les garçons furent donc convoqués pour trouble à l’ordre public, voies de fait, injures et blasphèmes en présence du sexe féminin. Le juge interrogea Mr Conner sur la raison de ce denier chef d’accusation ; celui-ci répondit qu’ils avaient juré si fort qu’il était sûr que toutes les dames de Maycomb les avaient entendus.

 

Tu es trop petite pour comprendre, mais parfois, la Bible est plus dangereuse entre les mains d’un homme qu’une bouteille de whisky entre celles de ton père.

 

Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil à la main. Le courage, c’est de savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter.  Tu gagnes rarement mais cela peut arriver.

 

                   -    C’est quoi un métis ?

                  -     Un enfant à moitié blanc, à moitié noir … ils sont tristes

                  -    Pourquoi tristes ?

                  -    Parce qu’ils n’appartiennent à aucune communauté. Les gens de couleur n’en veulent pas parce qu’ils sont à moitié blancs ; les Blancs n’en veulent pas parce qu’ils sont de couleur.

 

 

       -       Hé, faut pas nous bourrer la caisse ! dis-je

      -       Je te demande pardon ?

      -     Ne fais pas attention, intervient Atticus. Elle essaie de te provoquer. Cal dit qu’elle jure en parfait argot depuis une semaine maintenant.

Oncle Jack haussa les sourcils mais ne dit rien. En dehors du charme foncier de tels mots, j’agissais en application de la vague théorie que, si Atticus découvrait que je les avais appris à l’école, il ne m’y enverrait plus.


 

 

On en parle

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 11:45
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Voici le livre responsable du long silence de Luocine. Deux semaines sans rajouter un livre sur mon blog !

 Sans aucune hésitation, je mets  Alias Caracalla dans mes préférences. Ce n’est pourtant pas un roman. C’est parfaitement écrit, cet essai nous permet de suivre, jour après jour, les efforts de Jean Moulin pour unifier la résistance.

C’est peu de dire que tous les coups sont permis. J’ai lu ce livre en me documentant sur l’internet pour mieux comprendre ce qui s'était passé dans ces années là. Et comme dans le site que j’indique, j’ai perdu un ami lorsque disparaît Jean Moulin.

En filigrane du récit on voit l’évolution de Jean Cordier, son engagement derrière Maurras son évolution face aux trahisons de sa famille politique, et sa prise de conscience des ravages de l’antisémitisme. Ce passage est souvent cité,tant il est sobre et en même temps très beau.

J’ai passé trois semaines intenses loin du monde présent, mais j’ai mieux compris les conséquences sur la politique de notre pays. La page est aujourd’hui tournée mais pour comprendre l’opposition de Mitterrand au Général de Gaulle, je pense qu’il faut lire ce livre. Il n’en parle pas : Mitterrand n’est pas encore dans la résistance quand le livre s’achève mais l’opposition de de Gaulle aux partis traditionnels est très bien décrite. Les hommes des partis de la III° république ont dû ressentir tout son mépris face à leur inaction et à leurs divisions.

 

J’ai été également très sensible à l’effort de mémoire que fait cet homme de 90 ans aujourd’hui pour se souvenir exactement de ce qui s’est passé. Pendant ces trois années sans aucun doute les plus importantes de sa vie. On le sent taraudé par un souci de vérité à l’heure près. À travers son regard,   la résistance semble bien fragile et le fait d’hommes autant isolés que déterminés à combattre.

 

 

Citations


Le secret de notre zèle tient dans la promesse de notre engagement au combat dès que nous serions prêts. Cet objectif nous fouette. Partout et toujours, nous sommes volontaires pour les mêmes taches rebutantes ? Notre seul objectif, depuis notre arrivée en Grande-Bretagne, est la vengeance.

 

Je suis le témoin de cette négociation difficile. Cela me permet de franchir une étape décisive dans mon évolution politique. Elle me révèle combien mes camarades et moi sommes privilégiés d’être pris depuis deux ans par la France libre et à quel point la situation des résistants métropolitains est misérable en comparaison….. Une évidence me saute aux yeux : la gauche que j’ai tant combattu, incarne seule l’espoir de changer leur condition.

 

J’ai envie de l’embrasser pour le remercier de tout : son présent, son retour, l’homme qu’il est Mais *Rex n’est pas quelqu’un que l’on embrasse. En dépit de son sourire et de sa gentillesse, son regard  creuse un abîme entre nous.

 

En approchant du café, je vois venir à moi, serrés l’un contre l’autre, un vieillard accompagné d’un jeune enfant. Leur pardessus est orné de l’étoile jaune. … Je finis par comprendre que si cette vision matinale m’est tellement insupportable c’est parce qu’elle fait de moi un bourreau : elle trahit l’humanisme, la fraternité entre les hommes que je me vante de pratiquer dans le christianisme. Comment ai-je pu devenir antisémite ? … Dans cette brasserie inconnue, j’ai l’impression de m’être à jamais débarrassé du fardeau de mon éducation.


 On en parle :

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 17:08

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J’ai rarement été aussi bouleversée par un livre. J’en ai lu chaque page, chaque ligne, chaque mot avec une intensité de plus en plus forte au fur et à mesure des chapitres.

La quatrième de couverture l’annonce, l’auteure cherche à cerner la folie de son père au fil des 26 lettres de l’alphabet.

Elle s’aide du journal qu’a tenu son père et de ses souvenirs d’enfance entièrement marqués par la maladie de son père maniaco-dépressif.

Pour moi, dans ce livre tout n’est que souffrance et comme aucune solution ne semble possible, ni l’intelligence de son père, ni l’amour de ses filles, ni l’amour que les femmes lui ont porté, on se sent terrassé.

Il faut aussi souligner la beauté de l’écriture qui rend cette histoire lisible.

 

Citations :

 

À la lettre « d » Disparu

 

Quand je disais « mon père » cette année-là, les mots tenaient bon, je ne sais pas comment le dire autrement, j’avais l’impression de parler la même langue que les autres, d’habiter un monde commun (alors que d’ordinaire, prononçant ces deux mots, je voyais s’ouvrir  un écart infranchissable …… « mon père » c'est-à-dire mon délire, ma détresse, mon dément, mon deuil, mon disparu).

 

À la lettre « M » Mouton noir

…comme si, après toutes ces années, au seuil de sa nuit, il avait appris à jouer avec l’ombre en lui, renoncé à « faire comme tout le monde », à faire comme si, accepté cette figure imposée, ce portrait de lui en brebis galeuse, en bouc émissaire, en mouton à cinq pattes, que sais-je encore, accueilli sa folie et trouvé par là le désir et l’espoir de ne plus en souffrir, seul, toujours, différent, encore, mais apaisé

 

Dans le journal de son père :

 

J’avais pourtant été un bon marin, mais la maladie avait fait de moi un danger public.

 

L'auteure parle

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 09:25

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http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgJ’a i adoré ce roman. Et je ne peux pas douter de la réaction du club de lectrices. (et oui, nous n’arrivons pas à convaincre les Dinardais de nous rejoindre !)

Ce roman a vraiment tout pour me plaire, une atmosphère : les lycées huppés de la Suisse dans les années 60, une intrigue bien ficelée : la vente de l’établissement dirigé par deux sœurs qui sont « tout » l’une pour l’autre, les failles secrètes de chaque personnage.

Ce romancier que je ne connaissais pas, a un vrai don, celui de créer une histoire à laquelle on croit. J’ai poussé un ouf de soulagement quand le professeur d’allemand ose écrire la vérité  « La guerre a pris fin mais tu es resté fasciste » au spécialiste d’Hölderlin qui en 1937 avait dit

« Je ne vois pas comment tous ces juifs peuvent aimer Hölderlin. A moins que Hölderlin n’ai écrit des poèmes en yiddish ».

 J’ai cru que Nadelman allait se contenter d’une lettre vague qui aurait permis à son collègue autrichien de faire comme si… il avait oublié.

Tous les enseignants de cette vénérable institution ont des « petits » secrets, qui sont autant de moments émouvants et parfois très forts dans le récit.

Une fois le livre refermé, je n’ai eu qu’une envie y retourner pour mieux savourer et aussi mieux comprendre chaque personnage

La fin est terrible !.

Bref un coup de cœur !

 

 

Citations

 

Au moment de déclencher l’obturateur, il devait savoir ce qu’il faisait. Cela l’obligeait à maîtriser tous les paramètres (lumière, exposition, focale, choix du cadrage, et beaucoup d’autres) mais aussi à se prendre en main, à se saisir. Il avait alors le sentiment de former un tout, d’être lui-même, et cette sensation lui procurait un bien-être inouï.

 

 

Je lisais cette phrase …d’Appelfeld. « Une blessure écoute toujours plus infiniment qu’une oreille »

-et ?

Il lui sourit :

A l’institut, on vous sait blessée, alors on partage. Et nos souvenirs nous paraissent plus légers.

 

Souvent je me dis : les internes de l’institution, ils sont éduqués, ils sont riches, ils sont ceci, ils sont cela. Mais on les a mis de côté ! Et qui les a mis de côté ? Qui ? leurs parents ! Pas la vie. Pas la guerre. Pas la misère.

 

C’est ça, la calligraphie ! On écrit avec tout le corps ! Tous les muscles ! Même les orteils sont tendus, je vous jure. Au début, on va très lentement. Et puis, d’un coup, le trait trouve son chemin, il part, il part, il ondule, il danse…

 

  Interview de l'auteur

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:52



Livre étrange qui procure un grand plaisir de lecture.

Comme l’annonce la quatrième de couverture  la description de l’embarquement du pur-sang dans un avion cargo est époustouflante. Il y a d’autres moments comme ça dans le livre. Plus en douceur : le plaisir des corps nus dans la  mer. La tragédie : la folie du feu …

J’ai du mal à comprendre pourquoi  les deux femmes s’appellent Marie et pourquoi il parle  tout le long du roman de Jean-Christophe de G. alors qu’il s’appelle Jean-Baptiste.

J’ai adoré l’humour de l’écrivain. Le passage où Marie recherche son passeport alors qu’il ne leur reste que quelques minutes avant l’embarquement est à mourir de rire. Et tellement vrai !
La logique au romanesque n’est pas évidente mais je ne pense pas que cela puisse gêner le lecteur.

C’est un  beau roman d’amour.

 

Citations

Marie compensait toujours ses retards par une brusque accélération finale dans une hâte ostentatoire et une précipitation de façade, à des rendez-vous où elle avait souvent plus d’une heure de retard.

 

Marie ne fermait jamais rien, ni les fenêtres ni les tiroirs. C’était tuant même les livres, elle ne les fermait pas, elle les retournait, ouverts, à côté d’elle sur la table de nuit quand elle interrompait sa lecture  (je fais ça aussi !)

 

C’était un horaire inflexible, un horaire japonais

 

On parlait de la robe des chevaux .Est-ce que c’était le même mot en anglais ? A dress ? Jean-Christophe lui dit que non, en anglais on disait a coat, un manteau à cause du climat, lui expliqua-t-il en souriant, en France les chevaux peuvent se contenter d’une robe en Angleterre ils ont besoin d’un manteau (et d’un parapluie naturellement ajouté-t-il avec flegme).

 

Je plaisais, peut-être pas aux femmes en général, mais à chaque femme en particulier… Chacune d’elles étaient en fait persuadée que ces qualités invisibles, qu’elles avaient décelées en moi, échappaient à tout autre qu’elle-même, alors qu’elles étaient en réalité très nombreuses à être ainsi les seules à apprécier mes qualités secrètes et à tomber sous le charme. Mais il est vrai que ces qualités secrètes ne sautaient pas aux yeux, et que, à force de nuances et de subtilités, mon charme pouvait passer pour terne et mon humour pour éteint, tant l’excès de finesse finit par confiner à la fadeur.

On en parle

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 21:39



Ce livre est  un petit chef d’œuvre romanesque. Il mêle une enquête passionnante autour du sauvetage d’un livre précieux : un livre de prière juive,une Haggadah.

Le point de départ est vrai la Haggadah de Sarajevo existe et ce sont des lettrés musulmans qui ont sauvé ce livre juif des incendies dus à la guerre.

Expliquant comment des scientifiques arrivent à remonter dans le temps grâce à d’infimes traces laissées dans les parchemins, la romancière imagine des histoires plausibles autour de ce livre.

Chaque moment où elle s’arrête sont autant de moments d' intolérance et de violence absolus, les gens et les  livres se retrouvaient sur des bûchers.

En même temps on suit l’histoire personnelle d’Hanna la jeune Australienne, personnage touchant et tellement vivante.

J’ai relu ce livre, car il est en compétition pour notre "coup cœur des coups de cœur de 2008" dans notre club de lecture. Je sais que la construction du roman:  l’intrigue coupée par des retours dans l’histoire, n’a pas plu à tout le monde. Moi, ça m’enchante littéralement. Je trouve que Géraldine Brooks à écrit un hymne à l’esprit de tolérance et donne foi en l’homme. Même quand l’humanité est au bord de se détruire, des « justes » en général des lettrés arrivent à ne pas se conduire en barbares.

 

Citations

 

 

Tu es restée dans ton joli appartement pendant toute notre guerre et tu nous as regardés crever sur ton écran de télé. Et tu t’es dit « Quelle horreur ! » et ensuite tu es allée te préparer une autre tasse de café.


- Mais comment le roi et la reine ont-ils pu faire une chose pareille ? C’est l’argent des Juifs, ou du moins l’argent collecté par les Juifs, qui leur assuré la victoire sur les Maures !

- Nous avons été dépouillés mon frère. Et maintenant, comme une vache qui ne donne plus de lait, on nous envoie à l’abattoir.

 

 

 

En Angleterre, le monde de l’art est un aimant absolu pour les fils cadets de lords appauvris, ou pour les femmes du nom d’Annabelle Quelque-Chose-tiret-Quelque-Chose qui s’habillent en  caleçons noirs et cachemires orange foncé et sentent vaguement le labrador mouillé.

 


On en parle

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 08:49




Encore « un cadeau » de mon club de lecture de Dinard. Je ne connaissais pas cet auteur et ce roman d’amour est un petit joyau.
J’ai ri, toute seule en le lisant hier soir , il n’a pas comblé une insomnie, il m’a empêchée de dormir, il était hors de question que je ne le termine pas avant de dormir.
Il est vrai qu’il se lit très vite, c’est comme une bouffée de plaisir.

Le style est original, les personnages sont vivants et sympathiques, et l’histoire très touchante.
Les notes en bas de page sont très drôles. Ce qui m’a complètement charmé, ce sont les petits tableaux de la vie quotidienne, moi qui ne sais jamais quoi  boire dans un café, j’ai beaucoup ri, lorsque François réfléchit à ce que Nathalie va choisir à leur première rencontre.

J'ai quand même une sérieuse réserve sur la promo de son livre, on dirait un clip pour un chanteur.

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Citations

Exemple de notes en bas de page

 

Les sièges sont si étroits au théâtre. Markus était franchement mal à l’aise. Il regrettait d’avoir de grandes jambes, et c’était là un regret absolument stérile°

 

° La location de petites jambes n’existent pas.

 

Les idées de François, lors de la première rencontre au café :

 

 Un thé ce n’est guère mieux. À peine rencontrés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui ; le thé c’est incontestablement une ambiance belle-famille.

 

Des phrases que j’aime:


Il y a peut-être une dictature du concret qui contrarie en permanence les vocations.


Markus sortit du bureau aussi stupéfait que le soleil pendant une éclipse.

 

Des formules que je retiendrai

 

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appelait la vie conjucalme.

L'auteur nous parle :

http://www.youtube.com/watch?v=MpgkLGDGt8w

 

 

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