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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:09

http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782848761657.jpg

 

Traduit de l'Anglais (Afrique du Sud) par Françoise ADELSTAIN

 

http://www.babelio.com/images/masse_critique.jpg

 


C’est la première fois que ma participation à « masse critique » de Babelio est un succès total.
Je ne pense pas que j’aurais entendu parler de ce livre autrement et c’est  injuste pour la qualité de ce récit.

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Ce roman est absolument passionnant surtout pour la peinture de l’Afrique du Sud dans les années 60.

J’ai une petite réserve à propos du parcours initiatique du jeune Simon, je le trouve un peu trop naïf mais ça n’enlève rien à la force et donne un peu  d’humour au roman.

Le récit démarre dans un lycée de la capitale de « l’état libre d’Orange », le héros se retrouve confronté à un élève avec qui il a partagé ses années de primaire, Fanie. Un tournoi de tennis est organisé entre leur lycée plutôt classique et un lycée professionnel fréquenté par des afrikaners que les lycéens anglais méprisent en les appelant « les Clefs-à-molette »

Chaque rappel de ce qui s’est passé entre Fanie et Simon,  est l’occasion pour le héros de se replonger dans son enfance. Nous voyons alors se dérouler la vie dans une petite ville de province afrikaner, c’est à peu près l’horreur. Racisme, intolérance, stupidité et étroitesse d’esprit tout cela béni par une religion obscurantiste sont au rendez-vous.

Les adultes sont d’une lâcheté et d’une bêtise incroyables. On a parfois du mal à croire que tout cela se passe dans les années 60, on se dirait au début du 20° siècle.

Le racisme n’est pas tant envers les noirs qui sont à peu près absents du livre, c’est entre les afrikaners et les anglais et entre les différentes religions.

Une personnalité noire sera l’objet d’un souvenir : une femme, Mary qui, pendant 8 ans, a lavé les cheveux dans un salon de coiffure et est mariée avec le jardinier de la famille de Simon.
Un blanc prend sa place et elle est chassée sans aucun état d’âme : c’est la loi !

Il faut dix ans dans le même emploi pour qu’un noir puisse rester dans une ville blanche.

 Mary retournera dans une tribu à des centaines de kilomètres qu’elle ne connaît pas, laissant derrière elle un mari totalement désemparé.

L’humour vient de la personnalité de la mère de Simon qui est un peu moins conventionnelle que les autres habitants du bourg.

Le récit de l’instituteur sadique est terrible, mais hélas plausible (et cela pas seulement en Afrique du Sud).

 Le jeune Simon se forme peu à peu à la sexualité des adultes dans un pays entièrement sous la domination de la religion, c’est vite de l’ordre du péché, même si c’est un prêtre qui l’initie à la masturbation « réciproque ».

Steve, l’ami de Simon et Fanie, a le malheur de ne pas être de leur communauté, donc il sera jugé et condamné et mourra en prison parce que la femme du pasteur  est sure qu’il est pédophile (ce qui n’est pas prouvé) alors que le prêtre lui semble très bien être accepté par la communauté et peut continuer à initier les jeunes garçons.

Bref un monde étroit et pervers où l’originalité est considérée comme une offense aux « bonnes » mœurs.

J'ai été   sensible à l’écriture de Michiel Heynes, (comment ne pas l’être ! et bravo à la traductrice), c’est un grand écrivain : il est nous entraîne dans un monde que je ne connaissais pas, nous fait sourire parfois et nous fait découvrir bien des  ressorts cachés de l’âme humaine.

 

 

 

Citations  :

Le rugby étant le plus important, en réalité l’unique, dénominateur commun de la culture blanche en Afrique du Sud.


Nous en avions donc conclu que le père de Fanie était un homme sobre, et Louis van Niekerk avait déclaré d’un ton péremptoire : « C’est pour ça qu’il est fils unique. »

 

Son père l’avait retiré de l’école pendant un an parce qu’il avait découvert une référence à la théorie de l’évolution dans notre manuel de sciences naturelles.

 

Elle figurait comme dans notre livre d’histoire au titre de foyer d’une petite tribu indigène « amicale » -ce qui signifiait que les autochtones n’avaient opposé aucune résistance à l’occupation de leur terre par les Voortrekkers* (boers)

 

Je révérais tant l’autorité que je respectais même  un de ses représentants aussi perverti que Mr De Wet ; je n’ai jamais perdu l’espoir absurde de plaire à cet homme dont le bonheur consistait à faire mail aux autres.

 

Klasie allait prouver que les Boers avaient en réalité gagné la guerre, en démontrant de façon décisive que les historiens anglais avaient falsifié tous les récits des combats, étant donné le fait bien connu que, ayant inventé l’écriture, les Anglais peuvent habiller la vérité à leur image.


On en parle ....

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 11:58

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41I5%2BVFMJdL._SL500_AA300_.jpg

 

Traduit du finnois par Sébastien CAGNOLI

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Livre terrible et éprouvant, mais livre à lire certainement. On comprend  pourquoi des jeunes filles de l’est  se font prendre aux pièges terribles de la prostitution.

Le destin de la vieille Aliide et de la jeune Sara se réunissent dans l’horreur, jusqu’au bout on se demande si celle qui a connu les purges staliniennes (mais qui a collaboré) va aider celle qui est tombée dans les griffes d’un souteneur.

Sara ne sait pas comment expliquer sa situation à la vieille femme et elle a tellement peur que les mafieux tortionnaires la retrouvent.

Sara comprend l'Estonien mais le parle mal ce qui rajoute à son angoisse : la vieille femme va-t-elle la comprendre?

Aliide la peur ça la  connaît , cela fait plus de 60 ans qu'elle vit avec  : est-il possible qu'un membre de sa famille qu'elle a contribué à envoyer en Sibérie vienne lui demander des comptes... c'est si loin tout ça!

Sara et Aliide sont liées par l'angoisse et la peur qui rôde à la porte même de la maison : rien dans ce livre n’est léger !

La construction du roman est étonnante, comme des cercles qui se resserrent, comme un serpent qui entoure sa proie en l’étouffant peu à peu, la vérité se fera jour.

 Sara pourra-t-elle revivre et éloigner d’elle l’horreur.

À lire donc (si on est en forme et si on a le moral !)

 

 

 Citations :


Pour le studio de tatouage, Pacha se faisait la main sur des filles hors d’usage. Comme avec Katia. … Il avait piqué sur les seins de Katia : une femme à forte poitrine qui taillait une pipe à un diable… il avait orné le bras de Katia d’une deuxième image du diable. Ce dernier avait une grosse bite velue.

 « Aussi grosse que la mienne ! » avait rigolé Pacha.
Après cela, Katia disparu.

Zara ouvrit un flacon de poppers et renifla. Quand Pacha la prendrait pour se faire la main, elle saurait que son heure était venue.

 

Mais la terreur de la fille était tellement vive qu’Aliide la ressentit soudain en elle-même…Mais maintenant qu’il y avait dans sa cuisine une fille qui dégoulinait de peur par tous les pores sur sa toile cirée … . La peur s’installait là, en faisant comme chez soi. Comme si elle ne s’était jamais absentée. Comme si elle était juste allée se promener quelque part et que, le soir venu, elle rentrait à la maison.

 

Alors que cette fille, avec sa jeune crasse, était ancrée dans le présent, ses phrases rigides sortaient d’un monde de papiers jaunis et d’albums mités remplis de photos.

 

On en parle:

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:05

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51QHDJG2VHL._SL500_AA300_.jpg

 

Traduit de l’espagnol par François Maspero

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Le mois de septembre, c’est le mois de mon anniversaire donc le mois où je reçois des livres souvent merveilleux. L’an dernier, ma sœur m’a offert "l'ombre du vent".

Etant donné ce que j’en avais lu sur les blogs, je me suis précipitée mais voilà, parfois je lis mal et trop vite et je me suis perdue dans les méandres de cette histoire. Cette année, j’avais plus de temps et j’ai absolument été captivée du début jusqu’à la dernière page. J’aurais voulu que le plaisir dure encore … Je me demandais pourquoi il ne m’avait pas séduit tout de suite. C’est simple on ne peut pas le lire trop vite. L’intrigue est complexe les histoires très imbriquées les unes dans les autres. En prenant mon  temps tout s’est éclairé, en plus c’est un tel hymne à la lecture au plaisir des livres que tous les lecteurs se retrouvent à un moment ou à un autre dans les personnages. Ma sœur avait raison ce livre ne pouvait que me plaire.

En toile de fond, les violences de la guerre civile espagnole avec toutes ses horreurs !

Si le livre est souvent sombre et tragique, il est aussi plein d’humour, le personnage de Firmin et de son immense  amour pour toutes les femmes est à la fois tendre et drôle.

Les histoires d’amour sont très belles et passionnées (nous sommes en Espagne !)

La tendresse des pères pour leur enfant est émouvante.

Bref un très beau roman qui suit les méandres complexes de la littérature, on y retrouve beaucoup de clins d’œil littéraires, ce qui ne rend pas le roman pédant pour autant.

 

 Citations :


L’un des pièges de l’enfance est qu’il n’est pas nécessaire de comprendre quelque chose pour le sentir. Et quand la raison devient incapable de saisir ce qui se passe autour d’elle, les blessures du cœur sont déjà trop profondes.

 

Ces gens qui voient le péché partout ont l’âme malade, et si tu veux vraiment savoir, les intestins aussi. La condition de base du bigot ibérique est la constipation chronique.

 

Elle a même appris à broder et on m’a dit qu’elle ne s’habille plus en Simone de Beauvoir

 

Le problème, c’est que l’homme, pour en revenir à Freud et utiliser une métaphore, fonctionne comme une ampoule électrique : il s’allume d’un coup et refroidit aussi vite. La femme, elle, s’est scientifiquement prouvé, s’échauffe comme une casserole. Peu à peu, à feu lent, comme la bonne fricassée. Mais quand elle est chaude, personne ne peut plus l’arrêter.

 

La femme, c’est Babel et Labyrinthe. Si vous la lissez réfléchir, vous êtes perdu. Souvenez-vous-en : cœur chaud, tête froide. L’a b c du séducteur.

 

La vie dans la rue est brève. Les gens vous regardent avec dégoût, même ceux qui vous font l’aumône, mais ce n’est rien comparé à la répugnance qu’on s’inspire à soi-même. C’est comme vivre attaché à un cadavre qui marche, qui a faim, qui pue et qui refuse de mourir.

 

 

On en parle  :

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 20:13

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Il y a deux ans, je découvrais ce témoignage grâce à une amie allemande. Je ne lui dirai jamais assez merci.

Je l’ai relu pour le mettre, avec ses cinq coquillages tellement  mérités, dans mon blog.

J’avais acheté ce livre car Ursula m’avait expliqué que la jeunesse allemande l’avait plébiscité : Sebastian Haffner permettait  de comprendre le basculement de toute la nation  vers le nazisme.

La lecture est tout aussi intéressante pour les Français.

Le destin de ce livre est étonnant, il est écrit à chaud en 1938 par un homme qui a refusé le nazisme et qui s’est réfugié en Angleterre. Il ne sera pas publié.

 En 1999, à la mort de Sebastian Haffner, devenu  journaliste et écrivain de renom , ses enfants trouvent ce manuscrit et le publient.

La puissance du livre vient de là : il est écrit à chaud au plus près des événements, parfois au jour le jour, à travers les yeux d’un enfant puis d’un adolescent et enfin d’un jeune adulte.

On comprend qu’il s’en est fallu de peu pour que lui-même accepte sans  jamais l’apprécier, la tyrannie nazie.
On suit avec dégoût toutes les veuleries des partis politiques traditionnels.

On est horrifié par la façon dont les gens se tuent pour des causes plus ou moins claires.
Puis l’horreur s’installe et là c’est trop tard plus personne ne pourra se défendre.

Mais peut-on en vouloir au peuple allemand alors qu’aucune puissance étrangère ne saura résister aux premières  provocations d’Hitler quand cela était encore possible?

L’analyse est très poussée, et brasse l’ensemble de la société allemande, comme Haffner fait partie de l’élite intellectuelle, c’est surtout les élites  que l’on voit à l’œuvre. Elles ont longtemps méprisé Hitler qu’elle prenait pour un fou sans importance, « un comploteur de brasserie », mais elles n’ont compris le danger que lorsqu’il était trop tard.

La cause principale du nazisme est à rechercher  dans la guerre 14/18, comme on l’a déjà souvent lu, ce qui est original ici, c’est la façon dont cet auteur le raconte.
Sebastian Haffner a sept ans quand la guerre éclate, pendant quatre longues années, il vivra en lisant tous les jours les communiqués de victoire de l’armée allemande, pour lui c’est cette génération là qui sera le fondement du Nazisme.


"  Enfant j’étais vraiment un fan de guerre…. Mes camarades et moi avons joué à ce jeu tout au long de la guerre, quatre années durant, impunément, en toute tranquillité- et c’est ce jeu-là, non pas l’inoffensive « petite guerre » à laquelle il nous arrivait de jouer à l’occasion dans la rue ou au square, qui nous a tous marqués  de son empreinte redoutable."


Son récit séduira bien au-delà du cercle habituel des historiens, car il est vivant, concret émouvant parfois. Il permet, soit de revivre une période étudiée en lui donnant le visage de la réalité, soit de comprendre le nazisme à travers la vie d’un allemand embarqué bien malgré lui dans la tourmente de son pays.

 

Citations:


… l’étrange talent de mon peuple à provoquer des psychoses de masse (Talent qui est peut-être le pendant de son peu d’aptitude au bonheur individuel)

 

L’âme collective et l’âme individuelle réagissent de façon fort semblable. Les idées avec lesquelles on nourrit et ébranle les masses sont puériles à ne pas croire.

 

La guerre est un grand jeu excitant, passionnant, dans lequel les nations s’affrontent ; elle procure des distractions plus substantielles et des émotions plus délectables que tout ce que peut offrir la paix : voilà ce qu’éprouvèrent quotidiennement, de 1914 à 1918, dix générations d’écolier allemands.

 

la génération des tranchées dans son ensemble a fourni peu de véritables nazis ; aujourd’hui encore, elle fournit plutôt des mécontents et les râleurs,. Cela est facile à comprendre, car quiconque a éprouvé la réalité de la guerre porte sur elle un jugement différent.

 

… les militaires allemands manquent de courage civique.
Le courage civique- c'est-à-dire le courage de décider soi-même en toute responsabilité- est d’ailleurs rare en Allemagne… Cette vertu fait totalement défaut à l’Allemand dès lors qu’il endosse un uniforme.

 

Rathenau et Hitler sont les deux phénomènes qui ont le plus excité l’imagination des masses allemandes le premier par son immense culture le second par son immense vulgarité.

 

Et pourtant la personne de Hitler son passé, sa façon d’être et de parler pouvaient être d’abord un handicap... le rédempteur bavarois d e1923, l’homme au putsch grotesque perpétré dans une brasserie… Son aura personnelle était parfaitement révulsante pour l’allemand normal, et pas seulement pour les gens « sensés » : sa coiffure de souteneur, son élégance tapageuse, son accent sorti des faubourgs de Vienne, ses discours trop nombreux et trop longs qu’il accompagnait de gestes désordonnés d’épileptiques, l’écume aux lèvres, le regard tour à tour fixe et vacillant.

 

C’était étrange d’observer cette surenchère réciproque. L’impudence déchaînée qui transformait progressivement en démon un petit harceleur déplaisant, la lenteur d’esprit de ses dompteurs, qui comprenaient toujours un instant ce qu’il venait de dire ou faire- c’est-à-dire quand il l’avait fait oublier par des paroles encore plus insensées ou par un acte encore plus monstrueux-, et l’état d’hypnose où il plongeait son public qui succombait de plus en plus passivement à la magie de l’abjection et à l’ivresse du mal

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 09:18

 

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Je ne sais pas s’il mérite ces cinq coquillages, mais je n’hésite pas à les donner ,  je m’explique. Ce livre m’a remis dans le même état que mes lectures d’enfant et d’adolescente, je ne voulais pas le lâcher. Je l’ai lu jusqu’à trois heures du matin, et ce matin je me suis réveillée uniquement pour le finir.

J’ai pratiquement pleuré à la description de la mort de l’enfant soldat, j’ai été écœurée par les marchands d’armes..

Il m’est arrivé de ralentir la lecture pour savourer les odeurs et les émotions !!

Sans doute, en tant qu’œuvre littéraire, il ne mérite pas autant d’éloges. Mais un livre ce n’est pas que le style, qui, par ailleurs, est  bon si je peux en juger à travers la traduction, mais sans invention particulière.

C’est le  récit qui est parfait, j’avais déjà beaucoup aimé « Small World ». Dans  « Le cuisinier » le monde actuel est mis en scène : les réfugiés en situation presque régulière, la situation des populations vaincues, ici les Tamouls, mais cela pourrait être des Kurdes ou tout autre peuple victime à la fois d’une nation qui ne veut plus d’eux et d’une guerre de libération sanglante, (Les tigres Tamouls ne sont pas épargnés !), la crise financière, les marchands d’armes , la restauration de luxe et l’ambiance dans les cuisines étoilées… rien de ce qui fait les choux gras des journaux n’est absent de ce roman .
Et tout cela mêlé à une intrigue passionnante et une évolution dans les sentiments amoureux peu banales. J’ai trouvé très bien la façon dont martin Suter a décrit l’opposition entre tradition et mœurs occidentaux, rien n’est manichéen tout est traité avec beaucoup d’humanité.

Et je n’ai pas encore parlé du thème central : la cuisine... je pense que tout le monde aura envie d’essayer les recettes de la fin du livre, bien qu’elles semblent horriblement compliquées à réussir, exemple dans le menu promotion :

Chappatis au caviar de cannelle et de caloupilé

Tandoori de poussins fumés au bois de hêtre sur sa gelée de beurre de tomate

Kuffi à l’air de mangue

Les recettes du Love-menu, c’est encore plus compliqué et surtout, il faut bien choisir le partenaire avec lequel on les dégustera ….

 

Ce roman est traduit par Olivier Mannoni et il est si bien traduit qu'on oublie qu'il n'a pas été écrit en français!

 

Citations :

 

Pour le reste, on trouvait là un importateur de voitures, le propriétaire d’une agence de publicité et un président de banque dont la démission récente n’avait pas été tout à fait volontaire, tous avec leurs grandes, minces, blondes deuxième épouse.

 

- Je croyais que les castes avaient été abolies?

- Exact. Tu dois faire partie de la bonne caste abolie.

 

- Mes parents ils sont morts en 1983,on a mis le feu à leur voiture.

- Pourquoi?

- Parce qu'ils étaient Tamouls

 

 

Oui. Mais pas du Sri Lanka que j’ai quitté. Juste celui du pays où j’aimerais revenir. Pacifique et juste.

Et réunifié ?

..

Les trois à la fois ? Pacifique, juste et réunifié ? Ce serait bien.

 

 

 

  Et c’est ainsi que pour Maravan, le Tamoul, prépara sans se douter de rien pour Razzaq, le Pakistanais, un repas au cours duquel se nouerait une affaire qui, par quelques détour, permettraient à l’armée sri-lankaise de se procurer des chars suisses d’occasion.

 

   - Ce sont des gens comme Dalman qui ont ces enfants sur la conscience.

Maravan balança la tête.
- Non. Ce sont ceux qui déclenchent ces guerres.

Eux, ce sont des idéologues. Bien sûr, ils sont épouvantables, eux aussi ; Mais pas autant que les fournisseurs. Ceux qui permettent les guerres en livrant les armes. Ceux qui gagnent de l’argent avec les guerres et qui les prolongent. des gens comme Dalman.

 

 

  C’était un silence qui dévorait tout. Un silence plus puissant à chaque seconde qui s’écoulait. …. Et tout à coup, ce silence.

  Comme un bijou. Un article auquel des gens comme lui ne pouvaient pas prétendre.

     

 

 

Les journalistes n’enquêtent pas sur les révélations de leurs collègues. Ils les recopient.

 

L’amour passe pour une marieuse peu fiable

 

On en parle (je mettrai un lien plus tard pour l’instant je n’ai pas trouvé de nouveaux blogs qui en parlent)

 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 14:23

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Chaudement recommandé par ma libraire de Dinard, je m’attendais à un grand plaisir de lecture. Je n’ai pas été déçue et je mets sans hésiter ce livre dans mes préférences. Il faut dire que je lui dois déjà la découverte de Tonino Benaquista, à ma libraire.
On ne remerciera jamais assez les personnes qui vous font découvrir un nouvel univers romanesque.

Ce livre est une pure merveille et s’il n’a pas ses cinq coquillages c’est pour un détail qui ne regarde que moi. Madame Jackson institutrice à la retraite, femme  très âgée, a failli se laisser mourir, noyée dans sa maison inondée  à cause des digues qui ont rompu, parce qu’elle n’a pas voulu abandonner son chien. Moi qui vis dans une ville avec des mémés  à chiens , je suis devenue intolérante ( mais ai-je vraiment jamais supporté les crottes de chien sur les trottoirs???)

Tout cela nous éloigne d’un livre superbe, on suit les pensées pas toujours cohérentes de cette femme qui a adoré son fils, mais a refusé son homosexualité.


Nous sommes en 2005 dans le Delta du Mississippi , l'ouragan Katrina va détruire, en particulier, les quartiers habités par les noirs de la Nouvelle-Orléans. Une grande partie du siècle défile devant nos yeux  avec l’angoisse que Zola  n’arrive pas à survivre à la catastrophe qui engloutit peu à peu son quartier.

Son amour pour son fils est très beau,c’est une mère abusive mais elle est touchante dans ses excès. Le personnage du mari et son amour pour celui qui a construit cette maison qui résistera à l’ouragan est  très intéressant également. L’intérêt du livre, c’est ce voyage dans sa mémoire, donc dans la mémoire des états du sud des Etats-Unis et de voir que malgré tout son affection maternelle, elle a pu se tromper à ce point sur  son fils, elle l’a rejeté quand, par amour, il a refusé les postes prestigieux et surtout elle n’a pas pu supporter qu’il soit amoureux d’un homme et de plus d’un homme blanc. Son passé explique en partie son refus mais pas seulement.

Dans les citations, je mets un petit passage sur le chien, c’est rare que dans un livre on dise que les chiens pètent dans la vraie vie, ils le font souvent surtout les labradors et ça sent très mauvais.
Franchement, j’exagère le livre se veut grave poétique et profondément humain et je vous ennuie avec son chien …

 

Citations :

 

Lady (c’est le chien) m’a regardée de son air sans-y-croire ….. elle a reculé d’entre les genoux du collègue, puis elle a quitté le salon en pétant discrètement.

 

On pourrait se trisser…. sauf qu’on ne quitte pas cette ville. On y est né, on y a souffert à peu près tout ce qu’une créature du Seigneur peut encaisser, et on y reste.

 

De même que je n’étais pas d’accord pour les réunions Tupperware, pas d’accord pour les réunions Avon, je n’ai pas joué le jeu du window treatment où les dames du quartier rivalisaient par fenêtres et froufrous interposés.

 

Il ne faut pas grand-chose pour se faire détester dans ce pays où tout le monde aime son prochain, comme il est ordonné par la constitution.

 

Et puis … quelle faveur, quel sursis demander au Ciel ? Le ciel, c’est juste ce qui nous tombe sur la gueule.

 

On en parle …

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:42

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C’est le deuxième recueil que je lis de Kenneth Cook, il ressemble beaucoup à  La vengeance du Wombat. L’effet de surprise est donc  moins fort.

Je me suis, de nouveau, bien amusée, je conseille cet auteur à tous les gens moroses. Au-delà de son humour caustique, qui est  tourné autant  vers lui que vers les habitants de l’Australie, on devine une profonde connaissance de son pays loin des clichés habituels.


Non, la nature n’est pas toujours hospitalière. Et le bush peut s’avérer mortel. (Hélas, Kenneth Cook a été victime d’une crise cardiaque trop loin de tout point de secours.)

 

Non, les animaux, même mignons ne sont pas tous gentils. Et les koalas sont visiblement plus agréables en photos et en peluche que de près, en vrai ils sont très désagréables et très dangereux quand on doit les tenir dans les bras, même si on ne cherchait qu’à leur offrir un lieu de vie plus agréable.


Non, les espèces protégées ne sont pas reconnaissantes aux hommes de ne plus les tuer. Et un crocodile reste un terrible prédateur.

 

Les Aborigènes, ne sont pas de bons sauvages, pleins de bonnes intentions. Ils vivent dans un pays hostile, avec peu de confort, ils sont sales  et cherchent si possible à rouler le touriste de passage.

 

Si Kenneth Cook peut dire tout cela et bien d'autres choses encore, c’est qu’il utilise le ton du conteur d’histoires.

Je me demande si quelqu’un a mis ses histoires en scène, il y a vraiment tous les ingrédients d’un excellent spectacle de conteurs.

J’ai aimé les quinze nouvelles, mais ma préférée c’est La vie sexuelle des crocodiles, non pas pour ce que j’ai appris de la sexualité de ces animaux ( tout se passe sous l'eau!) mais j’ai trouvé irrésistible le rapport entre le scientifique qui s’émerveille devant les beaux spécimens de crocodiles et l’auteur mort de peur qui ne pense qu’à sauver sa vie.(Comme je le comprends!)

 

 

 Citations :

 

Roger, passionné de crocodiles, déploraient qu’ils aient été longtemps chassés sans répit pour leur cuir…..leur nombre était en augmentation, tout comme la fréquence des attaques sur le bétail et sur les aborigènes.

- Et même deux Blancs, des chauffeurs de camion, près de Broome, se réjouit Roger ? Ils dormaient près de leur véhicule et tout ce qu’on a retrouvé, c’est la marque de leurs ongles dans la terre où la bête les a traînés. Naturellement, ajouta-t-il avec pondération, ce n’est pas de chance pour ces pauvres gens, mais il ne reste pas moins encourageant de penser que le nombre de crocodiles est en hausse dans cette région.

 

 

Je lâchai le bateau et saisis mon fusil

Roger lâcha le bateau et saisit son appareil photo

 

On me qualifie parfois d’obèse, mais je me considère simplement comme corpulent, une centaine de kilos, disons.

 

J’étais alors moins corpulent qu’aujourd’hui, mais je n’en restais pas moins un homme bien en chair. Comprenez par là que tout en parvenant aisément à lacer mes souliers , j’étais loin d’être un athlète.

 

On en parle …..

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:52

 

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgJ’ai eu envie de le recopier entièrement, puis je me suis dit que vous auriez plus vite fait de l’acheter que de lire mes citations en bas de mon billet.

Je l’offrirai certainement, ma seule crainte serait que la personne l’ai déjà.

  Comme vous avez vu mes cinq coquillages, vous avez compris : « Mon couronnement » est un petit chef d’œuvre. Un livre rare, sur un sujet traité avec une extrême délicatesse : la très grande vieillesse.
L’auteure nous permet de comprendre les pensées d’un vieil homme. Si vieux, qu’il a perdu le sens d’une certaine logique, ce qui ne l’empêche pas d’être sûr de ses sentiments.

Il a une grande affection pour sa gouvernante Madame Ambrunaz, mais déteste sa sœur Alice qui veut faire du ménage à « l’alsacienne » chez lui.

Il n’a qu’un vague souvenir de la découverte qu’il a pu faire dans sa jeunesse et qui lui vaut la récompense et toutes ses soudaines visites. On remonte le fil de sa vie au gré de sa mémoire fluctuante, c’est souvent triste, le portrait de sa première femme est poignant. L’auteure n’évite le tragique que grâce au filtre des années qui rend le malheur plus distant.

C’est la même distance qui donne tout son charme aux descriptions des paysages contemporains. Nous les voyons tous les jours sans nous rendre compte de leur laideur.

Evidemment, nous ne connaîtrons pas la découverte de Gilbert Kaplan , malgré moi (car tout le roman veut montrer l’inanité de presque toutes les conduites humaines) j’aurais bien aimé savoir ce qu’il avait découvert.

Citations:

Cependant la perspective d'une réception en mon honneur me rend nerveux, je me prends à envisager de mourir avant la date prévue pour que cette réception, quoiqu'il ne soit pas si facile de mourir, comme j'ai aussi fini par le comprendre.

 

Il semblerait que je m'intéresse plus aux détails aujourd'hui, il semblerait que les idées générales m'aient délaissé.

 

Où que j'ai vécu, ranger un peu, a toujours été un projet, chaque fois ajourné.

 

La plupart du temps, au terme d'hypothèses cent fois hasardées et d'observations cent fois répétées, tout ce que nous parvenions à comprendre c'est comment ça ne marchait pas.

 

... de petits vieux tenant une boîte de gâteaux, de celles qu'on apporte avec soi pour se faire pardonner sa vieillesse....

Est-ce le moment de lui dire que j'ai oublié jusqu'à la formule de la gravitation, et que des découvertes, il s'en fait tous les jours, malgré quoi nous demeurons dans une ignorance fondamentale.

Je me souviens d'avoir d'un bond  franchi des barrières et désormais je ralentis aux coins des tapis.


En arrivant, ma soeur va me prendre par les épaules et me congratuler et trois minutes après  elle aura un de ces chiffons alsaciens à la main, une offense pour Mme Ambrunaz.

 Les gens les plus propres et l'argent le plus sale , tel est le paradoxe de la Suisse.

 

on en parle ... 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:37

http://www.bibliosurf.com/local/cache-vignettes/L166xH250/arton17168-1ea27.jpg

 

http://resize.over-blog.com/100x63-c.png?http://www.ville-dinard.fr/biblio/images/carte-abt.jpg

 

 http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Cinq coquillages ?

  Oui, parce que ce livre met tout le monde de bonne  humeur, cela se vérifie pour tous les  nouveaux lecteurs de La vengeance du Wombat.

Comme notre bibliothécaire, je n’apprécie pas trop les livres sur les animaux mais Kenneth Cook a un talent de conteur extraordinaire. C’est le deuxième conteur que j’ai découvert cette année : après le grand nord de Jorn Riel, voici le bush australien.  En 14 nouvelles, l’écrivain nous plonge au cœur de cette région d’Australie où les animaux sont plus agréables à regarde dans les reportages animaliers que de très près. Je ne suis pas une très grande fan de nouvelles car je trouve difficile de changer d’histoires tous les  trois ou quatre pages. Généralement, il y en a toujours  que j’aime moins.

 Dans ce recueil, les quatorze sont passionnantes. On finit par bien connaître les réactions de l’écrivain, il a vraiment l’art de se retrouver dans des situations impossibles. Par exemple : accroché au ventre d’un kangourou qui a décidé de le tuer alors qu'il venait de le sauver !  On sait aussi qu’il ne résistera jamais à un verre ou une goulée d’alcool offert par des gens qui ne lui voudront pas toujours que du bien. On sait enfin  que lorsqu’il nous décrit sa phobie absolue des requins, il va se trouver quelqu’un qui réussira à l’entraîner à la pêche du plus dangereux des prédateurs d’humains.

Les scènes dans les cafés sont inoubliables et quelque peu terrifiantes. Entre autre, lorsque  tous les consommateurs sans se paniquer le moindre du monde, se mettent à parier pour savoir si la grenade dégoupillée  qu’un des buveur tient dans sa main  peut exploser ou non …

Si vous aimez découvrir des contrées lointaines, des animaux et des humains différents de vous, et surtout si vous aimez rire précipitez vous dans votre bibliothèque préféré découvrir Kenneth Cook … si vous ne le connaissez pas déjà.

 

Citations

 

De nos jours, le quokka est toutefois considéré par tous comme étant inoffensif, en raison de sa petite taille ; ce qui s’inscrit dans une longue série de grandes illusions qu’entretiennent les gens sur les marsupiaux d’Australie. Comme la plupart sont petits, les gens ne les croient pas dangereux. Quelle bévue !

 

Il n’y a rien d’étonnant à croiser un anthropologue dans les coins reculés et arides du désert australien. Ils sont partout. On estime que, dans l’outback, il y a plus d’anthropologues étudiant les Aborigènes que d’Aborigènes.

 

On en parle dans un de mes sites préférés …

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 13:20

http://images.telerama.fr//medias/2010/01/media_51130/kim-thuy-ru,M31793.jpg

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Comment transmettre la mémoire de l’horreur ? Nguyên An Tinh, narratrice très proche de l’auteure a fui, sur un boat-people, le Vietnam communiste.

Elle nous livre des moments de sa vie, des fragments de sa mémoire. Une odeur, un bruit, un mot entraîne un nouveau souvenir. Monsieur Vinh grand chirurgien de Saigon, a confié ses cinq enfants,  à cinq bateaux différents,  essayant ainsi de multiplier les chances qu’au moins un d’entre eux survive. Ils survivront tous,  lui deviendra balayeur de rue à sa sortie de prison. « Prison » ce mot  ramène l'auteure à une autre prison, celle de l’autisme où son fils, Henry, est enfermé pour toujours.

On a déjà entendu à peu près toutes les horreurs par lesquelles, elle et ses proches sont passés. Comme ce Monsieur An ancien juge de Saigon qui croit sa mort arrivée car, ce jour-là,  un garde l’oblige à sortir des  rangs des prisonniers, à s’agenouiller, lui met le pistolet sur la tempe, tire …. Il n’y avait pas de balle dans le chargeur. Monsieur An ne sera plus jamais le même, et il se souviendra toute sa vie des nuances des bleus du ciel du jour où ...


Van Thùy a réussi à nous transmettre l’horreur qu’elle porte en elle. Et pourtant ce livre reste léger et pudique. Même quand elle décrit la prostitution des jeunes, voire des enfants. C’est la force de ce livre, il n’y a jamais aucun mélodrame et pourtant quelle trace il laisse dans notre mémoire !!

 Je pense que chaque lecteur portera en lui un moment de sa mémoire, pour moi c’est l’hommage qu’elle rend aux femmes du Vietnam.

Quand j’ai refermé ce livre, je me suis demandée pourquoi elle était retournée dans ce pays , et, est-ce qu’un jour le Vietnam deviendra une démocratie .


La relecture de ce livre pour notre Prix du club de lecture m'a encore plus subjuguée que la première fois. Je n'ai pas compris pourquoi je ne lui avais pas mis 5 coquillages , et surtout ai-je assez insisté sur le style de Kim Thuy ? Elle écrit à la perfection dans  une langue proche de la poésie, très personnelle et si facile à adopter par tout le monde.


 

Citations :

Proverbe vietnamien :

La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite.


 Mon passage :


On oublie souvent l’existence de toutes ces femmes qui ont porté le Vietnam sur leur dos pendant que leur mari et leurs fils portaient les armes sur  le leur. On les oublie parce que sous leur chapeau conique, elles ne  regardaient pas le ciel. Elles attendaient seulement que le soleil tombe sur elles pour pouvoir s’évanouir plutôt que s’endormir. Si elles avaient pris le temps de laisser le sommeil venir à elles, elles se seraient imaginé leurs fils réduits en mille morceaux ou le corps de leur mari flottant sur une rivière telle une épave. Les esclaves d’Amérique savaient chanter leur peine dans les champs de coton. Ces femmes, elles, laissaient leur tristesse grandir dans les chambres de leur cœur. Elles s’alourdissaient tellement de toutes ces douleurs qu’elles ne pouvaient plus redresser leur échine arquée, ployée sous le poids de leur tristesse.

 

On en parle ...

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