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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 12:25

 

J'avoue ne connaître par coeur que la première strophe ! Depuis ma seconde au lycée, cela m'a toujours fait plaisir qu'une femme sache décrire le plaisir féminin.

Je laisse la parole à Louise Labé , même si, parce qu'elle est une femme et qu'elle a vécu  au 16° siècle , l'on doute de son existence, ou qu'elle soit l'auteur de  ces vers:

 

 

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie

 

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 08:55

 

Voici pour moi le poème des poèmes … un des rares que je connaisse  par cœur.

Je l’ai choisi car je ne peux pas penser à la poésie sans penser à Apollinaire, ces vers me trottent dans la tête et « le pont Mirabeau » occupe une place à part, pour plusieurs raisons.
 En voici une : j ai eu l’occasion , lors d’une exposition à la Bibliothèque Nationale, de voir les manuscrits des poèmes les plus connus.
Guillaume Apollinaire a écrit celui-ci d’une seule traite, il ne s’y trouvait qu’une seule rature.

Pour moi, c’est magique d’imaginer qu’un homme puisse enchanter des générations d’amoureux de la langue poétique et qu’il l’a écrit d’un seul jet.

 

 

Le pont Mirabeau


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire (alcools)

 

 

Merci Asphodèle

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 10:11

 

 

Je ne sais pourquoi.....

 

Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Mouette à l’essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
À tous les vents du ciel balancée,
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l’essor mélancolique.

Ivre de soleil
Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d’été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.

Parfois si tristement elle crie
Qu’elle alarme au loin le pilote,
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l’aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie !

Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

Paul Verlaine, Sagesse (1881)

 

Quand je suis triste cette mouette à l'essor mélancolique emporte avec elle mon cafard au-dessus des flots.

 

La poésie du jeudi l'idée en revient à Asphodèle

 

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Published by Luocine - dans Poésie
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 07:15



J'aime la poésie,  avoir quelques vers en mémoire m'aide à supporter le quotidien ou à le trouver plus beau.
Ce recueil m'a touché, et,  j'ai pu faire partager cette émotion à tous ceux qui souffrent  de la disparition d'êtres chers.
Plus que mes phrases maladroites lisez et écoutez ce poème résonner en vous:

 

Je veux te dire cette sorte de secret

qu’on ne lit qu’en soi loin

derrière les paupières fermées

longtemps après que sur le cercueil

se sont reformés les liens du jour

 

tes morts ne sont qu’à toi

 

toi seule sais leur nom véritable

celui qu’on n’écrit pas aux registres

parce qu’il n’est signe dans nulle langue humaine

et qu’il n’est pas d’oreilles

pour la voix qui le dit

 

toi seule les vois tes morts

hors leur visage de cendre

et les vois sans faillir dans l’absence même

toi seule l’ombre plus claire dans l’ombre

où leur regard paraît

 

et l’exacte main de douceur sur ton front

pareille au flux des herbes dans la brise

toi seule la reconnais

qui n’est pas la matière des songes

ni comme le souvenir appariée du désert

 

toi seule sais

la douceur des morts qui t’appartiennent

car tu es né de leur douceur

et tu prolonges dans chacun de tes gestes

la douceur qui fut le pli heureux de leur vie

à tes yeux désormais

de voir clair dans la transparence

que fait leur disparition

à toi de comprendre dans la vie requise

l’effacement et le soleil unanimes

ta joie volontaire

et la beauté des choses

 

comme endormis tes morts rêvent à tes côtés

 

tu ne guériras pas de leur nuit

mais tu accompliras

comme  l’île continuant la terre où elle n’est plus

leur part perdue

car fille des tes morts

tu es ce qu’ils ignoraient d’eux-mêmes

 

 

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