11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 11:21

 

J ai suivi l'enthousiasme d'Aifelle et j'ai acheté cet essai .Malheureusement, je l'ai acheté sur ma liseuse et je ne peux donc l'envoyer à personne car je ne peux pas dire que j'ai été très intéressée par les mémoires de cette femme hors du commun et ce livre n'aurait certainement pas encombré les rayons de ma bibliothèque.

Oui , sa vie est extraordinaire mais la sécheresse de sa plume a bien du mal à nous en rendre compte.
Elle écrit qu'elle a rédigé ses mémoires trop tard , c'est l'excuse que je lui accorde volontiers . Trop tard sans doute pour nous permettre de revivre avec elle les angoisses d'une jeune fille juive dans les années de guerre de l'Allemagne nazie.

Son histoire est stupéfiante, son père belge décide en 1939 de faire vivre sa famille en Allemagne alors que sa femme est juive . Tout le monde lui dit de ne pas accomplir cette folie et sa femme de milieu très aisé et de nationalité américaine décide d 'y aller.

Tout est incroyable dans cette histoire dont je ne doute pas de la véracité, sa mère s'est décidée ainsi à partir en Allemagne:

«En désespoir de cause , ma mère se livra à une véritable partie de poker. Elle consentirai à le suivre à une condition: qu'il (son mari) révèle à ses correspondants allemands l'origine juive de sa femme. Mon père accepta. Ma mère nourrissait le fol espoir que les Allemands mis au courant renonceraient au projet de nous faire venir en Allemagne . Ils enregistrèrent l'information , sans modifier leur proposition.».

Une fois en Allemagne , la vie est difficile et surtout ils ont faim , les persécutions anti juives , elle ne les voit pas et même s'ils ont peur ,cela ne les empêche pas de mener une vie à peu près normale.
Rien de l'ambiance étouffante que décrivent si bien les témoignages des rares juifs ayant survécu au nazisme .
C'est un pays triste et où l'on a faim , soumis à des bombardements intensifs.

Ils espèrent la victoire des alliés et se retrouvent aux USA avec leur famille sauf le père qui restera à Bruxelles.
Sa vie aux US est facile mais elle n'arrivera pas à se sentir américaine dans ces banlieues trop propres où elle s'ennuie. Il y a là, quelques remarques qui m'ont intéressée.

Bref un livre fade pour une vie qui ne l'a pas été.


 

Citations:

Le mal de mer (je connais quelqu'un qui répondrait oui à cette interrogation)

Nous courions toute la journée pour trouver les personnes et recueillir les informations, n'avions jamais le mal de mer. Se peut-il qu'une activité intense vous en protège.


 

Incommunicabilité des témoignages, et pour elle il ne s'agit que des privations pas des camps de la mort dont elle ne parle pas.

J'ai vite compris que je n'arriverai pas à communiquer mon expérience , qu'il fallait que j'accepte ce fossé qui me séparait d'une partie de l'humanité incapable d'imaginer les horreurs et les privations de la guerre.

 


 


 


 

 

 

 

 

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 00:12

 

 

 

 

Photo prise sur son site que je vous recommande même s'il est très fouilli http://www.volkovitch.com/

 

 

Après avoir lu les blabla de Michel Volkovitch, plus jamais vous n'oublierez de mettre le nom du traducteur quand vous présenterez un livre étranger.

 

 

Je suis arrivée vers ce livre grâce à un commentaire après le billet de Dominique à propos du livre «Poésie du Gérondif» de Jean-Pierre Minaudier , un des commentaires disait que dans le genre , les livres de Michel Volkovitch était bien meilleur.

Comme je possède la liseuse Kindle, j'ai pu pour une somme modique acheter cet ouvrage et le moins que je puisse dire c'est que je me suis régalée .

 


 

Toutes les réflexions à propos de son métier sont passionnantes.

Traduire, c'est à la fois se mettre au service d'une œuvre , se l'approprier et la retranscrire dans une autre langue.

Commençons par son auto portrait:

«Pour le traducteur disons plutôt: sans humilité on ne va nulle part. Sans orgueil on ne va pas loin.
Certains écrivains ne sont présents qu'à eux mêmes . Le traducteur un écrivain qui écoute.
Peut-on bien traduire sans être généreux?»

 

Je n'avais jamais pensé à quel point le rythme et les sonorités pouvaient avoir une telle importance.
Bien sûr Michel Volkovitch traduit souvent de la poésie, mais cela est vrai aussi pour la prose, il en donne des exemples très parlants.

Son livre est rempli de détails amusants . Comment par exemple utiliser l'image d'une femme mante religieuse en portugais , quand on sait que dans cette langue l'animal est surtout symbole de fragilité et de l'éphémère?

J ai beaucoup aimé, également la façon dont il se moque des débats des universitaires à propos des différentes théories de la traduction.
J 'y ai retrouvé tous les travers que je connais trop bien des enseignants intolérants et enragés dès qu'il s'agit de prétentions intellectuelles .

Comme lui, j'ai souvent pensé que: «S'il n'est pas un peu théoricien le praticien n'ira pas loin. Mais s'il n'est pas un un peu praticien , le théoricien n'ira nulle part.»

Hélas! ces théoriciens remplissent les discussions entre universitaires français.

 

La langue qui lui semble le plus difficile à traduire c'est l'anglais. Le français semblent souvent fade et plat à côté des formules rapides et incisives anglaises. Il dit que «sur le plan de la nervosité et du swing, l'anglais est la reine des langues et le français traîne derrière en s’essoufflant.»

 

A propos des différentes versions et de la censure voici le genre de détails qui me font éclater de rire:

«La véritable apologie de Socrate de Costas Varnalis, dans une version anglaise de 1955 le grec dit «Ils s'enivrent et se roulent dans leur vomi». L 'anglais:«..ils se roulent dans la boue». Le grec: «ils se curent le nez et collent la morve sous leur siège». L'anglais: «Ils se raclent la gorge».

 

 

 

 


 

 

 

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 23:09

 

Un livre très intéressant sur un sujet contemporain : La douleur d'une famille estonienne .
L’Estonie a été traversée par l'occupation soviétique, nazie puis à nouveau soviétique.
On peut facilement imaginer les différentes strates de souffrances que de telles tragédies peuvent laisser dans une famille.

Le roman nous permet de comprendre le drame de ce pays tout en suivant le destin d'une jeune femme qui cherche à se libérer du poids du passé familial.
Ce roman est à deux voix , celle de la jeune femme vivant en France confrontée à la mort d'une grand mère toute puissante et détentrice de la cohésion familiale.
Et celle d'une femme du goulag condamnée à 20 ans dans un camps de Sibérie qui demande sans cesse des nouvelles de son petit garçon laissée à la garde de cette grand-mère.

Tout de suite on soupçonne , cet enfant d'être le père de la jeune fille , mais est ce la vérité?

Où est-elle d'ailleurs la vérité et à qui fait-elle du bien?

Le roman ne donne pas la clé , on aimerait que cette jeune femme se lance dans la vie , mais le passé estonien lui colle à la peau et envahit ses rêves en les transformant en cauchemars .
C'est un beau et triste roman, écrit d'un façon très lyrique , j ai beaucoup aimé la langue de cette jeune écrivaine . Je lui trouve une forme d’exotisme très agréable à lire.

 

Citations :

J ai aimé , pour des raisons toutes personnelles , ce passage:

Une maison en désordre est une maison qui vit. Peu après avoir signé le registre des mariages, Kersti découvrit que prendre un époux équivalait à s'enterrer vivante. L'ordre de papa la rendait folle. Elle ouvrait le placard, jetait les gilets et les robes au sol en faisant cliqueter l'aluminium des cintres; saisissait à pleine main des tas de partitions qu'elle laissait tomber en pluie et mélangeait ensuite du pied pour qu'elles soient de nouveau dans un désordre parfait.

 

Et ce passage me fait penser à quelqu'un:

En rentrant de l école , je déplaçais toutes nos affaires, dépliais et repliais les vêtements en commençant par ceux de maman que j étalais d'abord soigneusement sur le lit, avant de les redisposer en une pile dont l'ordre variait selon les jours , le lundi le rouge en bas, le noir en haut, le jeudi le noir en bas, le bleu en haut. .... Je découvris que le rangement n'a pas pour but d'organiser l'espace, ni de lutter contre le trop-plein d'objets, mais de mettre de l'ordre dans le vide, de tendre des filets au dessus du précipice abyssal de la vie.

 

Explication du titre:

Comme si, dans les comptes du Tout-Puissant , dans l'arithmétique des Dieux, le nombre des morts et des vivants avait été fixé d'avance et que la sauvegarde d'un être humain y avait pour corollaire le sacrifice d'un autre.

 

Les souffrances des hommes face aux régimes politiques:

Après la guerre, en URSS, on nous a appris que le passé n'avait pas existé, que le présent non plus n'existait pas, du moins pas comme nous le croyions, et que nous mêmes n'avions pas le droit d'exister. Certains ont bien retenu la leçon, d'autres ont fait semblant, et quelques uns s'en fichaient éperdument. Je crois qu'Ilmar a si bien retenu la leçon qu'il n'osait plus savoir ce qu'il ressentait, ce qu'il était, ni ce qu'il avait fait, il savait seulement ce qu'il devait ressentir, c'est-a-dire, la culpabilité. C'était le propre de l'époque : ceux qui avaient souffert avaient honte d'être des victimes, et ceux qui n'avaient pas souffert avaient honte , par ce fait même, d'appartenir au clan des bourreaux. Seuls ceux qui commettaient les véritables crimes n'éprouvaient pas de culpabilité car, à la place de la conscience, ils avaient le pouvoir et ils dictaient ce qu'on devait penser. Notre époque elle-même était coupable, mais c'étaient les hommes qui vivaient dedans qui portaient le poids de la culpabilité.

 

 

On en parle...

Lolalit

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 19:16

 

Traduit de l'italien par Danièle Valin

 

Est-ce-que tout a été écrit sur l'extermination des juifs par les nazis?
 

Non évidemment et ne le sera sans doute jamais.

 

Je remarque qu'annoncer qu'un roman traite de ce sujet attire souvent la remarque :"encore!"

 

Oui, encore et encore une fois, j'ai été émue et touchée.

Pas seulement parce que l'écrivain a trouvé un angle original pour nous transmettre ces horreurs du passé, mais parce qu'il m'a bouleversée à l évocation d'Auschwitz et de la liquidation du ghetto de Varsovie.

C'est important qu'un écrivain trouve, aujourd'hui encore, les mots et les phrases pour réveiller ma conscience qui préfère s'endormir. D'autres violences humaines sont venues après la Shoah, mais celle là fut si terrible qu'elle a une place à part dans ma mémoire.

L originalité du roman?

C'est de se mettre dans la conscience d'une fille de criminel de guerre qui, tout le reste de sa vie, a fuit la justice.

Le seul tort que cet homme se reconnaisse c'est d'avoir perdu la guerre (d'où le titre du livre).

 

Le point de vue de cette jeune femme est très intéressant et je comprends très bien ce qu'elle veut dire en parlant de trace de "rouille" dans son sang

 

Sa réaction a été de ne plus jamais transmettre la vie pour que cette lignée de criminels s'arrête avec elle : dur mais compréhensible.

 

Un récit poignant qui me trotte, depuis, dans la tête

 

Citation:

Propos sur l'histoire :


 

L'histoire m'ennuie. Ce qui s'est passé avant ma naissance ne me concerne pas et ne m'intéresse nullement. L'histoire a été un casier judiciaire, une suite de crimes. Je l'ai étudiée à contre-cœur à l'école. Qu'y avait -il à apprendre de ce fatras de choses arrivées au hasard et qui, lorsqu'elles se produisaient, montraient bien qu'elles étaient stupides et violentes? L'histoire est un cadastre d'échecs. Chacun en retire sa propre version inutilisable.

 

On en parle...

 

Chez "enlivrez-vous" : Céline et Jérôme

et Babelio

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 18:17

 

 

 

J'ai repéré ce roman chez Dasola.

 

D'habitude, je n'ai pas un grand goût pour les romans qui décrivent la grisaille du monde du travail .
Ce roman là est un peu à part, car s'il est vrai que l'on voit une boite commerciale faire bêtement faillite , et une jeune diplômée utilisée pour renvoyer le vieux commercial simplement passé de mode, le roman n'est pas simpliste pour plusieurs raisons.
D'abord la langue , au début, je me sentais rétive à ce qui relève de différents procédés.

Le romancier s'adresse à ses personnages, il dit «tu» à la jeune diplômée et «vous» à l’ancêtre, «on» lorsque les décideurs ne veulent pas être nommés, «ils» quand les personnages deviennent agressifs.

Cela donne une couleur un peu terne au roman, et puis, tout à coup, j'ai compris que cette ambiance impersonnelle,  moi aussi, je la ressentais. Je suis en colère contre tout ceux qui décident d'uniformiser l'arrivée dans nos villes et nos villages .

Que vous arriviez à Dinard, Saint-Malo, Dinan, vous passerez par les mêmes zones semi industrielles et commerciales que traverse aussi le vieux voyageur de commerce. 

Et si, vous voulez vous y loger avec un salaire moyen, vous habiterez des lotissements qui ressemblent à ceux de Dijon ,Marseille , Rennes et à l'endroit où habite la jeune diplômée.
Je connais mal le monde des affaires, mais ce n'est pas difficile d'imaginer que si une boîte qui vend des canapés rachète un grossiste de papiers peints , elle n'aura aucun intérêt à développer la vente des dits papiers peints!

Et pour vivre et rêver?

Et bien il reste la littérature .. Rimbaud Hannah Arendt et la solution au monde qui va si mal?  le romancier en propose une à laquelle je ne crois guère: ouvrir une librairie..

Alors que je viens d' acheter ce livre à moins d'un euro par Amazon grâce à « recyclivre » ,
qui soutient l'association "Aide et Action", co
mment alors, imaginer que l'on puisse vivre grâce au commerce des livres dans une petite boutique  d'un village de province.

 

Citations:

Les personnages négatifs ont des couleurs négatives, procédé un peu trop systématique ...

 

C'est un gros break déglingué d'une couleur de survêtement usé, hésitant entre le vert et le brun et que le soleil ne parvient même pas à faire luire.


 


 

Le chef bête et méchant qui durant tout le roman aura des couleurs plus moches les unes que les autres :

Une chemisette aux nuances mauve et rose, une vague couleur de tranche de jambon


Chemisette vaguement ocre, couleur de boue sale, et cravate brique à motifs de feuilles mortes

 

Une réflexion sur le bon goût actuel en matière de papiers peints,mais je dois dire, que je doute qu'on revienne aux imprimés qui font le bonheur de "l'ancêtre":

 

Aujourd'hui,les produits sont standardisés, de vagues unis aux nuances discrètes, reproduits à l'infini, sans compter le blanc décliné sous toutes ses formes .....Le blanc, véritable tyrannie , parfaite dictature de l'intérieur moderne, dites-vous souvent. On assimile le bon goût de l'uni au reflet de nos vies lisses.


L'histoire d'une entreprise:

Les choses ont suivi leur cours, ce qui devait croître et se développer s'est réalisé. On embauche deux secrétaires, quelques commerciaux, la boîte continue de prospérer. On déménage. On crée des entrepôts pour stocker les papiers peints dont on est distributeur exclusif . On achète des camions . On recrute des routiers, des assistantes commerciales, de nouveaux représentants. La boîte grandit encore. On se se dote de responsables : un pour le transport, un pour les finances, un pour les commerciaux. La boîte toujours plus grosse, tente ans qu'elle tient. On vieillit , on revend, et maintenant les fruits tombent dans l'indifférence générale.

 

On en parle …..

chez Dasola

Et Livre-esse

 

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 14:58

 

 

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Camille Lavacourt

 

Ce roman a croisé ma route cet été, il a représenté un très bon moment de lecture.
J'en avais lu une bonnes critique chez Clara .

Je vais joindre ma voix au concert de louanges malgré une réserve.
Je rappelle brièvement le sujet : une grand-mère , bientôt arrière grand mère attend sa famille dans sa maison de vacances avec accès direct sur la plage .

 

Toute sa vie Alice se reproche la mort accidentelle de sa jeune sœur, Mary. Un incendie lors d'un  bal donné en l'honneur des soldats partant pour la guerre 39/45 a vu périr   de nombreuses personnes  brûlées vives ou piétinées, comme la trop fragile et tendre Mary, par une foule paniquée.

 

On sait dès le début du roman qu'Alice , veuve et quelque peu acariâtre, veut donner sa propriété à l'église, lieu où elle a trouvé du réconfort toute sa vie.

Ses enfants ne sont pas au courant des projets pour la maison à laquelle ils sont, pour certains d'entre eux, très attachés.


C'est un roman à plusieurs voix, Alice , Kathleen sa fille, Anne-Marie la belle fille parfaite et Maggie la petite fille bientôt mère alors qu'elle vient de rompre avec son petit ami.

Ce qui rend ce roman attachant, c'est l'analyse de plus en plus précise des relations familiales à travers le 20° siècle.
La description des charmes d'une maison de vacances au bord de la mer où les enfants , puis les cousins et cousines se retrouvent tous les étés me rappellent de bons souvenirs.


La passion de la belle-fille , parfaite femme au foyer, pour la construction des maisons de poupées, m'a fait sourire et  penser à toutes les œuvres décorant certaines maisons : encadrements, broderies, patchworks , tapisseries.....

Un beau roman de vacances , malgré l'aspect parfois caricatural des différentes personnalités.

 

 

 

Citations :

Les joies des réunions de famille:

A Thanksgiving , l'année d'avant , Kitty et Alice en étaient presque venues aux mains après une dispute sur le poids que devait avoir une dinde pour nourrir vingt personnes. Elle n'avait plus adressé la parole à Kitty depuis. Ni à son frère pour le punir d'avoir épousé un tel monstre.

Passion d'une femme au foyer, les maisons de poupées:

Minnie's Minis de Staffordshire, proposait de superbes gâteaux miniatures avec un glaçage très proche de la vraie pâte d'amandes , des cerises en céramique sur le dessus , chacune pas plus grosse qu'une tête d'épingle . On pouvait même enlever une part de gâteau pour apercevoir le chocolat et le coulis de cerise à l'intérieur.

 

L'importance de l'égise:

 

L'église était comme une scène pour Alice, l'endroit où elle se tenait bien, où les autres la voyait telle qu'elle voulait être vue.

 

Et la citation que j'adore , celle qui m'avait fait noter ce roman chez Clara:

Passé un certain stade , vous ne vous inquiétez plus pour vos rides et vos bourrelets. Vous refusez de rentrer votre ventre au moment où vous tentez d'avoir un orgasme.

 

 

 

On en parle … Clara, Cathulu, Cuné, Brize

et Keisha

 

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 23:14

 

 

Traduit de l'anglais (Canada)par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

PS Je suis un peu étonnée par certaines formulations un peu relâchées , sont elles voulues par l'auteur ou un effet de traduction?

 

Je ne suis visiblement pas la seule à n'avoir pas entendu parler d'Alice Munro avant l'attribution de son prix Nobel.

Mais quelle écrivaine , comment puis-je lire très régulièrement et passer à côté d'une telle auteure.

Je ne suis pas une adepte des nouvelles mais je ne peux que vous recommander: «Fugitives» , ces huit femmes ne sont pas prêtes de vous quitter.

Je suis mal à l'aise avec les nouvelles car je n'aime pas passer de l'une à l'autre . Je reste imprégnée par l'atmosphère de la précédente quand je lis la suivante et dans ce recueil ,il ne le faut pas.
Chaque destin est différent , ils n'ont en commun que d'être celui de femmes qui fuient, ou, parfois, n'ont qu'envie de fuir un destin qui n'est pas tout à fait le leur.

Tout est dit avec beaucoup de pudeur, sans drames inutiles, à la manière de la vie ordinaire.
Ça fait mal, parfois, mais ça passe , tout passe n'est ce pas?

Même la séparation brutale avec un enfant adulte; comme cette Pénélope qui a rompu complètement avec une mère folle de douleur et d'incompréhension et qui en vieillissant «continue à espérer un mot de Pénélope, mais sans aucun acharnement. Elle espère comme les gens espèrent sans se faire d'illusion des aubaines imméritées, des rémissions spontanées , des choses comme ça.».

J ai lu et relu «Passion» le personnage de Grace m'a complètement bouleversée. Cette jeune femme aurait pu devenir une réplique de la jeune américaine classique , un homme passe, dangereux et alcoolique , mais elle franchit grâce à lui le pas nécessaire pour sortir de la voie toute tracée du destin , on peut penser qu'ensuite elle vivra pour elle et non pas pour l'image qu'elle veut donner d'elle.

J ai évidemment été très émue par le destin de Robin qui a raté de si peu sa véritable histoire d'amour.


Tout cela est important mais dit si peu du talent de cette auteure qui sait mettre en scène des ambiances, des personnalités , aucun personnage n'est bâclé , tous retiennent notre attention et nous rappellent des gens que nous rencontrons dans la vie.

La dernière nouvelle «Pouvoir» m'a légèrement déçue.
Mais justement ,c'est cela qui m'agace si fort dans les nouvelles : on a du mal à ne pas les comparer les unes aux autres .

 

Citations :

Vision de la femme, vision de l'homme :

Mme Travers avait fait un premier mariage avec un homme qui était mort. Elle avait gagné sa vie et entretenu son enfant , en enseignant l'anglais commercial dans une école de secrétariat . M Travers quand il évoquait cette période de la vie de sa femme avant leur rencontre en parlait comme d'une épreuve presque comparable au bagne, que pourrait à peine compenser une vie entière d'un confort qu'il était heureux de procurer.
Mme Travers elle-même n'en parlait pas du tout de cette façon.

 

Réaction de Grace après avoir vu Elizabeth Taylor dans « Le père de la mariée »:

Grace ne pouvait expliquer ni tout à fait comprendre que ce n'était pas de la jalousie qu'elle éprouvait , en définitive, c'était de la rage. Et pas parce qu'il lui était impossible de courir les magasins ou de s'habiller comme ça. C'était parce que les filles étaient censées ressembler à ça. C'était ainsi que les hommes -les gens , tout le monde- pensaient qu'elles devaient être. Belles, adorables, gâtées, égoïstes , avec un pois chiche à la place du cerveau. C'était ainsi qu'une fille devait être pour qu'on en tombe amoureux . Ensuite elle deviendrait une mère et se consacrerait tout entière à ses enfants avec une affection baveuse. Elle cesserait d'être égoïste mais garderait son pois chiche à la place du cerveau. À tout jamais.

 

Fragilité masculine:

Les femmes ont toujours quelque chose à quoi se raccrocher pour continuer. Quelque chose que les hommes n'ont pas.

 

Toujours vrai :

« Petite » Ginny est au moins aussi grande que lui et l'envie m'a démangée de le lui dire. Mais c'est extrêmement rosse de parler de taille avec un homme tant soit peu déficient dans ce domaine et je suis donc restée coite.

 

On en parle ….

« Les fanas de livres » blog que je lis régulièrement.

 

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 18:15

 

Traduit  du Suédois par Jeanne Gauffin

 
 
J'ai trouvé ce roman chez Hélène, et son enthousiasme m'a convaincue.
Je sortais d'un roman très dense et j ai faili passer à côté du charme de ce tendre récit. 
Après une première page prometteuse, où la grand-mère et la petite fille recherchent un dentier dans un massif de pivoines , j'ai commencé à m'ennuyer.
Dans ce cas là, je vous l'avoue, je peste après les blogueuses amies : 
"Mais qu'est ce qu'elle a bien pu lui trouver à ce bouquin!"
"Je ne suivrais plus jamais ses conseils!"
Et puis , petit à petit le charme à commencer à opérer, j' ai résisté .... et puis....j'ai succombé!
 
Avec une pudeur très suédoise , Tove Janson nous fait comprendre les joies et les peines d'une petite qui vient de perdre sa mère. 
L'affection de sa grand-mère se manifeste par des gestes et des actes plus que par les mots. (On est chez les gens du nord)
Sophie a la chance d'avoir une grand-mère qui entre dans son imaginaire, ensemble, elles reconstruisent une île où le bonheur est possible. 
La construction romanesque est originale, car on passe du point de vue de l'enfant à celui de la grand-mère , il n y a pas un narrateur mais deux. 
Le père est là , très important pour l'enfant mais ne rentre pas dans la narration. 
J'ai parfois du mal à comprendre la nature qui les entoure , car elle est vue à travers l'imaginaire de l'enfant . C'est peut être pour cela qu'une premiere lecture trop rapide m'a ennuyée. 
Et puis, vous n'avez jamais d'explications psychologiques , c'est à vous de les construire.
Par exemple , quand elles reçoivent une petite Bérénice amie de Sophie, le récit permet de comprendre qu'elle en devient jalouse parce que cette dernière capte l'attention de sa grand-mère .
Les faits sont racontés mais aucune explication n'est donnée. 
J ai souri aux discussions théologiques et j'ai bien retrouvé les remarques de mes petits enfants.
Un petit air de mer et d'été qui fait du bien .
Un grand merci Hélène et pour ceux ou celles qui veulent se laisser tenter , sachez que la forme n est pas évidente et peut , comme moi, vous dérouter , mais que c'est un petit bijou de tendresse et de pudeur.
 
Citations:
Le deuil d'une maman :
- Regarde, maman , cria-t-elle, j'ai trouvé un nouveau palais!
- Ma chère enfant , dit la grand-mère, je suis la maman de ton papa seulement .
Elle était ennuyée.
- Vraiment , cria Sophie, Et pourquoi serait-il le seul à pouvoir dire maman?
Elle jeta le palais dans le canal et s'éloigna.
 
Discussion théologique:
Elle demanda comment Dieu pouvait faire attention à tous les gens qui le priaient en même temps.
- Il est très sage, murmura la grand-mère en somnolant sous son chapeau .
- Réponds correctement, dit Sophie . Comment a-t-il le temps?
- Il a des secrétaires ...
- Mais comment arrive -t-il à exaucer votre prière s'il n'a pas le temps de parler avec ses secrétaires avant que ça ne tourne mal?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu'elle ne trompait personne et, finalement elle déclara qu'il s'était arrangé pour que rien ne puisse arriver entre le moment où on priait et celui où il recevait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arrivait quand on tombait d'un sapin et qu'on priait pendant qu'on était en l'air.
 
les odeurs :
Les odeurs sont importantes, elles évoquent tout ce qu'on a vécu,elles sont comme une enveloppe de souvenirs et de sécurité.
 
On en parle....
chez Hélène, bien sûr et Babelio  où vous lirez deux critiques négatives de lectrices qui sont passées à côté de ce roman comme j'ai failli le faire.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 21:12

 

 

 

Traduit de l'italien par Danièle VALIN

 

les raisons pour lesquelles le billet de Dominique m'a fait lire ce livre, deviendront peut-être les vôtres et vous vous précipiterez vers ce roman.
Allez, une fois n'est pas coutume, je commence par le seul point faible, selon moi, de ce ce merveilleux récit.
Je n'arrive pas trop à adhérer à un aspect des deux personnages féminins, d'une beauté telle que tous les hommes chavirent devant elles!

Leur beauté extraordinaire et leur côté femme fatale ne m'ont pas convaincue.

Mais peu importe, le roman vous emportera comme tous ceux ,et toutes celles, qui l'ont plébiscité vers le Haut-Adige ou Tyrol du sud.
Comme beaucoup, je ne savais rien de cette région offerte à l'Italie en 1918 , en compensation de la guerre 14/18, cette province autrichienne n'avait jamais été italienne .
On imagine la stupeur des habitants- de pauvres paysans montagnards- qui se trouvent confronter à un monde italien qui, hélas pour eux, devient fasciste peu de temps après!

Le choix pour les habitants devient une véritable horreur: devenir fasciste italien ou revendiquer son appartenance à l’Allemagne nazi!!

Là, je me suis dit, mais comment faire pour rester humains, simplement humain!

Le roman raconte cela et toutes les conséquences , jusqu'à l'assassinat d'Aldo Moro.
Oui, toute l'histoire de l'Italie est là devant nos yeux mais vu de cette petite région qui n'avait rien demandé à personne.

Les fils de la grand histoire se tressent avec la petite histoire de Gerda et de sa fille Eva, élevée sans père puisque l'auteur de ses jours n'a pas daigné la reconnaître, Eva est une femme libre qui mène sa vie sans rien devoir à personne sauf à sa mère qui s'est battue pour elle.

Fille mère , c'est encore un scandale en Italie dans l'Italie des années 60.
Eva traverse en train toute la botte italienne pour rejoindre celui qui aurait pu être un père pour elle: Vito , le carabinier italien qui a aimé Gerda la cuisinière tyrolienne.

Aucun personnage n'est caricatural et le bien et le mal ne sont pas toujours faciles à reconnaître.

 

Que de personnages torturés, que de violence cachée et que de souffrances, tout cela parce que cette partie du Tyrol a été offerte à une Italie qui ne la demandait pas!

 

Citations:

Aujourd'hui, un pays aux deux cultures:

Après Sterzing/Vitipendo, un peu avant de sortir à Franzensfeste/Fortezza, Carlo s'est arrêté à l'Autobahnraststätte/Autogrill et nous avons mangé un belegtes Brötchen/sandwich.Puis nous avons quitté l'Autobahn/autoroute et nous avons payé au Mautstelle/péage Dans sa Volvo qui heureusement est suédoise et ne se traduit donc ni en allemand ni en italien . Bienvenue dans le Südtirol/Alto Adige, royaume du bilinguisme.

 

L'après guerre:

Nazi,collabo,délateur,criminel de guerre, konzentrationslagerführe:ce n'étaient pas des mots mais des grenades qui n'avaient pas explosé, que l'on contournait sur la pointe des pieds , pour ne pas déclencher une détonation plus terrible, celle de la vérité.

 

La civilisation de l'argent:

Italiens,Allemands ou Autrichiens étaient tous égaux pour Paul Staggl, du moment qu'ils laissaient leur argent dans les caisses des hôtels. Il avait compris bien avant la plupart de ses compatriotes que l'argent, non seulement n'a pas d'odeur, mais n'a pas d'ethnie non plus.

 

On en parle ....

chez Mango et Dominique

 

 

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 18:21

 

Traduit de l'anglais (des États-Unis) par Hélène Hinfray

Avant propos de Mario Pasa

 

Si je cite l'auteur de l'avant propos , c'est qu'il raconte si bien à la fois ce livre et la personnalité de son auteur. C'est suffisamment rare pour être souligné.
Il a bien de la chance , Mario Pasa de connaître Bill Bryson, on sent, en effet, sa sympathie pour un auteur hors du commun.
Bill Bryson est un boulimique de connaissance et il sait les transmettre.
Le projet de ce livre, c'est donc à partir de sa maison , un ancien presbytère britannique , retrouver l'histoire du monde.
On apprend donc beaucoup, sinon tout, sur les briques, le fer, l'acier,le téléphone, les toilettes, la propreté , les maladies, la condition ouvrière...

On y croise des noms très connus: Eiffel, Darwin, Thomas More , Jefferson....et des noms beaucoup moins connus fort injustement.

J ai été , encore une fois, très étonnée de voir combien il est difficile e faire accepter les progrès en médecine. Deux exemples

  • le scorbut , plusieurs personnes avaient fait la relation avec l'alimentation privée de produit frais sur les navires partant pour de longs mois. Mais il y avait toujours quelqu'un pour nier l'évidence et les pauvres marins continuaient à mourir, alors qu'il suffisait de les nourrir différemment.

  • La fièvre puerpérale , très vite on s'est rendu compte que la propreté des mains et des instruments des chirurgiens avait un rapport avec la mortalité des femmes , mais avant que ces messieurs acceptent de se laver les mains avant de s'occuper d'une parturiente , il a fallu tant de morts.

Évidemment avec Bryson on ne s'ennuie jamais et on s'amuse beaucoup quand on ne se révolte pas.


Encore une fois, on voit que a condition ouvrière du début de l'ère industrielle est particulièrement horrible surtout pour les plus faibles: les femmes et les enfants.

J'ai deux petites réticences , mais qui n'ont absolument pas entaché mon plaisir.

  • J ai eu parfois une impression de redite , avec son livre , «une histoire de tout ou presque» et d'autres livres que j'ai lus , en particulier sur la condition ouvrière du XIX° siècle .

  • Le rapport de ce qu'il raconte avec les pièces de la maison est, le plus souvent, tiré par les cheveux.

 

Citations:

Je pourrai recopier tant de passages.... je n'en choisis qu'un:

De toutes façon, le christianisme a toujours été curieusement mal à l'aise avec la propreté, et la tradition a très tôt assimilé sainteté et saleté. Quand Saint Thomas Becket rendit l'âme en 1170, ceux qui firent sa toilette notèrent en termes approbateurs que ses sous-vêtements «grouillaient de vermine». Au Moyen Age, faire le vœu de ne jamais se laver était un moyen quasi infaillible de s'assurer une gloire éternelle . Beaucoup de gens, par exemple, faisaient à pied le pèlerinage d'Angleterre en Terre sainte, mais un certain moine Godric, qui l'effectua sans se débarbouiller une seule fois, ne pouvait que devenir saint Godric- c'était couru d'avance.

 

On en parle....

je n'ai pas encore lu de billets sur ce livre mais cela ne saurait tarder , je mettrai alors un lien

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