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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 19:19

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Cinq coquillages sans aucune hésitation pour ce livre qui rend les mythes grecs abordables et passionnants.

Je conseille ce livre facile d’accès à toutes celles et tous ceux qui veulent un premier aperçu de la mythologie grecque, on y trouve des réflexions pratiquement philosophiques  et des récits ô combien passionnants.
Jean-Pierre Vernant le dit lui-même dans son introduction, il avait été sollicité par son petit fils pour raconter des histoires, spécialiste de l’antiquité grecque, il lui  a  raconté celles qu’il connaissait le mieux : les légendes et les mythes fondateurs de notre civilisation.

Quelle chance a eue cet enfant !

Puisqu’il  a été écrit après cette expérience de transmission orale, ce livre  a deux grandes qualités : il est érudit sans être complexe et il retrouve un des aspects de la civilisation grecque, le plaisir du conte. Jean-Pierre Vernant en conteur cela devait être merveilleux, on le sent bien, il prend à partie les Dieux, il s’amuse avec un esprit d’une insolence joyeuse qui rend le récit très vivant.

Mon petit fils me demande aussi les histoires d’Ulysse, et c’est pour lui que je me suis replongée dans ce livre pour mon plus grand plaisir.

 

 

Citations :

 

L’un des traits de l’existence humaine c’est la dissociation entre les apparences de ce qui se laisse voir, se laisse entendre, et puis les réalités.

 

Ulysse ne résiste pas au plaisir de la vantardise et de la vanité. Il lui crie : "Cyclope, si on te demande qui a aveuglé ton œil, dis que c’est Ulysse, fils de Laërte, Ulysse d’Ithaque, le pilleur de ville, le vainqueur de Troie, Ulysse aux mille tours ?"  Naturellement, quand on crache en l’air, cela vous retombe sur le nez.

 

Les histoires concernant  Dionysos prennent un sens un peu particulier quand on réfléchit à cette tension entre le vagabondage, l'errance, le fait d'être toujours de passage, en chemin, voyageur, et le fait de vouloir un chez-soi, où l'on soit bien à sa place, établi, où l'on ait été plus qu'accepté: choisi.

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 23:51

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Jhttp://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg ’ai lu ce livre dans le TGV entre Paris et Rennes, il a parfaitement rempli son rôle, celui  de m’entrainer loin du train et du monde de ce jour là, rien que pour cela il mérite d’être dans mes préférences. Un livre de plus sur le nazisme, mais ceci n’est pas une critique, en tout cas pour moi, car  l’intrigue se situe à un moment de l’histoire allemande à propos duquel je me suis toujours interrogée : le moment de la défaite, précisément au moment où les allemands sont encore nazis ou proches du nazisme et où le monde découvre les horreurs du régime. Quand et comment ont-ils changé leur regard sur ce qu’ils ont laissé faire et s’ils y ont participé, comment peuvent-ils survivre après que des jugements moraux leur sont imposés  par une défaite militaire.

Le récit par le médecin de l’élimination des malades mentaux est particulièrement insoutenable et assez vraisemblable.
Le roman lui-même est assez étonnant, l’intrigue se construit à travers  les sensations d’une jeune adolescente complètement perdue et enfermée dans un silence rempli de souffrances et de méfiances , opposé à  l’humanité d’un capitaine français. C’est peu vraisemblable mais on se laisse prendre car l’écriture est limpide souvent très belle.

Pour moi l’important n’est pas dans l’histoire mais dans la desciption du sentiment de malaise d’une population qui sait qu’elle a laissé l’irréparable se commettre sur son sol, dans son village.

 ( J'ai pensé à Semprun et son interrogation sur la conscience des habitants de Weimar tout proche de Buchenwald .)

 

Citations :

 

La vieille femme prenait soin d’ordonner sans parler, d’un regard dur que percevaient même ceux qui lui tournaient le dos.

 

Ce peuple avait défié les lois de la pesanteur humaine dans un allègrement fanatique. On ne sentait ni regret, ni peur, ni culpabilité, il était simplement dégrisé, étourdi de n’être rien de plus que les autres, réduit jour après jour à trouver sa pitance. Le Reich millénaire déchu avait fait de ses hommes et de ses femmes de petits rongeurs anonymes surpris par l’hiver sidéral qu’ils avaient eux-mêmes soufflés à leur manière.

 

  On en parle ....

livrogne très enthousiaste

plus nuancées les critiques sur Babelio

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 12:25

http://ecx.images-amazon.com/images/I/4125xE4uacL._SL500_AA300_.jpg

 

 

Club de lecture

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Je ne me suis accrochée à ce livre que parce qu’une amie du club, Virginie, m’en avait dit le plus grand bien. Je n’ai pas un grand goût pour la science fiction et au début tout m’a semblé confus dans cette histoire.

Je supplie tous les lecteurs aussi impatients que moi de s’accrocher un peu, ils ne seront pas déçus. D’ailleurs ce livre a reçu un coup de cœur au club de la bibliothèque de Dinard hier soir.

Mon texte sera donc le résumé de ce qui s’est dit à notre réunion.

Première remarque, nous avons toutes salué le talent de cet écrivain qui a su changer complètement d’atmosphère après son succès avec « la pièce montée ». Comme nous sommes des lectrices assidues, nous reprochons aux auteurs à succès d’écrire toujours un peu le même roman. Blandine Le Callet a quitté l’analyse sarcastique des phénomènes de société pour entrer dans la fiction et par la même nous faire comprendre les disfonctionnements d’un monde trop policé et trop protégé.

Nous avons souligné l’originalité de la construction du roman, la société qui est décrite ne nous est pas expliquée, petit nous comprenons que ce n’est pas tout à fait la réalité, même si cela s’en approche. On doit faire l’effort de ne comprendre que peu à peu le monde qui nous est dévoilé.

Personnellement, ce qui m’a le plus touché c’est le combat de Lila pour vivre en rusant tout le temps avec ceux qui veulent « son bien ».  Lila a survécu à des violences physiques et morales, elle ne peut plus avoir confiance dans les adultes. Son seul but c’est de retrouver sa mère, celle qui l’a fait souffrir, mais, elle en est certaine l’a aussi aimée. Je trouve que sa lutte de tous les instants est très proche de tous les enfants ou adolescents qui sont murés dans une souffrance psychologique mortifère.

La fin du roman a déçu une lectrice, et en l’écoutant je me suis rendu compte que je n’y avais pas attaché beaucoup d’importance, mais qu’il est vrai qu’on ne sait pas très bien comment se termine cette histoire.

En relisant la fin tranquillement chez moi, j’ai compris que je n’avais pas accepté  la fin , mais qu’hélas il y en a bien une !
Il me reste à parler de l’aspect « science fiction », des êtres hybrides ni homme ni robot, de la surveillance par vidéo de tous les faits et gestes de chacun, de la zone seul endroit où cet ordre n’existe pas. Tout cela donne une atmosphère particulière, on reconnaît notre société qui attire les jeunes des mondes pauvres et en guerre, mais les exclut aussi impitoyablement pour mieux se protéger et vivre en vase clos. C’est bien notre monde, un tout petit plus exagéré, ce petit rien qui nous permet de réfléchir à ce que nous voulons comme société pour demain.

 

Citations :

Quand je suis arrivée dans le Centre, je n’étais ni bien grande, ni bien grosse, ni en très bon état. Ils ont  tout de suite cherché à me faire manger. Me faire manger, c’était leur obsession, mais c’était trop infect. Chaque fois qu’ils essayaient, je détournais la tête en serrant les mâchoires.

 

Mais surtout, je pensais que mes mots possédaient un pouvoir : celui de vous protéger. Tant que quelqu’un vous parle, quelque part, vous écrit, vous ne pouvez pas mourir. Vous êtes encore au monde.

 

 

On en parle …..

Je connais ce blog depuis peu de temps, je le trouve très agréable à lire, pourtant il ne partage pas mon opinion sur ce livre

Livrogne


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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 09:46

Petite baisse dans l'écriture  du blog. Il faut dire que c’est la pleine saison de la confiture d’orange amère, ça occupe bien !

Et puis, une tornade bricoleuse et néanmoins sympathique, est venue installer une bibliothèque dans le coin salon. Alors là .....Je sais que vous allez être nombreuses à me comprendre, comment ranger des livres sans en relire quelques pages, donc il faut beaucoup, beaucoup de temps.

J’avais décidé de faire un tri, j’ai effectivement jeté un ouvrage des années 60 sur la « Zen-attitude » de toute façon, je n’ai jamais réussi à respirer par le ventre avant d’aller à la poste, avant d’ouvrir mon relevé de comptes, avant d’aller à la mairie –où tout autre démarche administrative- expliquer pour la dixième fois mon changement de nom,

(« -Ah oui, vous êtes divorcée, c’est pour ça ! (ton compatissant et voix assez forte pour  que tout le bureau entende)

-         oui c’est pour ça ! (ma voix, énervée un max !  sous entendant : avec le nombre de divorces en France, cela a dû  vous arriver plus d’une fois non ?) »)

 

Bref, « la zen attitude » ne m’ayant jamais été  d’aucun secours dans la vie, j'ai jeté ce livre mais c'est bien le seul ! J'arrête les rangements pour vous parler d’un roman que j’ai beaucoup aimé.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51th4FgNLqL._SL500_AA300_.jpg

 

 

Traduit du Suédois par Anna Gibson 


http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Une courte anecdote à propos de ce livre. Je l’avais apporté pour le lire dans mon TGV préféré : Paris/Saint-Malo. Il était sur ma tablette et il a fourni l’occasion d’un échange chaleureux entre  trois passionnées de lecture. Les deux autres lectrices étaient des « fan » de Henning Mankel et de ses romans policiers. Elles avaient toutes les deux entendu parler de ce roman et brûlaient d’envie de le lire, j’ai beaucoup aimé notre conversation sur le plaisir des livres.

 

Cette histoire m’a intéressée tout de suite, un homme disparaît de la vie de sa compagne sans donner aucune explication. Je trouve cette fuite est d’une violence incroyable pour la personne abandonnée,  c’est un beau sujet de roman je me demandais ce que l’auteur allait en faire.(genre « Je descends chercher des cigarettes » et il ne revient jamais !!)

La force du roman, vient de ce qu’il n’y a aucun personnage entièrement positif, et surtout pas le personnage principal.

L’atmosphère des pays du nord est très bien rendue, on suit les difficultés de Fredrick Welin pour retrouver un peu de confiance dans la vie et dans les autres.  Lui qui a passé sa vie à fuir  ses responsabilités, il doit  faire  face à son destin et essaie tant bien que mal de se racheter.

 

Ce livre est prenant tant pour l’atmosphère et les descriptions des paysages du grand nord, que par l’analyse la difficulté des êtres humains à vivre en harmonie, J’ai été très émue et complètement prise par ce récit. Je ne sais pas si je lirai les romans policiers du même auteur mais j’imagine facilement qu’ils doivent être très bien.

 

Citations :

Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.

 

Il est aussi facile de perde à l’intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes

 

Il n’y a pas de gens normaux. C’est une fausse image du monde, une idée que les politiques veulent nous faire avaler. L’idée que nous ferions partie d’une masse infinie de gens ordinaires, qui n’ont ni la possibilité ni la volonté d’affirmer leur différence. Le citoyen lambda, l’homme de la rue, tout ça – c’est du flan. Ça n’existe pas.

 

Là tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance.

 

La mort ne me fait pas peur. Ce que je n'aime pas, c'est l'idée que je vais devoir rester morte si longtemps.

 

 

On en parle…

livrogne (parce que j’ai bien aimé le nom de son blog)

 

et toujours à sauts et à gambades

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 16:29

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41RDT%2BjsmML._SL500_AA300_.jpg

 

traduit du russe  par Elena Balzamo

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Merci à Dominique qui tient « à Sauts et à Gambades », c’est grâce à son article très élogieux que je me suis procuré et lu ce petit livre.
Il est écrit par un dissident russe, il paraît en 1976 en Israël mais il est interdit en Union Soviétique. Il a pour sujet la résistance face à la barbarie, le nazisme, bien sûr, mais les autorités soviétiques ne s’y sont pas trompés, il n’y a pas de si grands différences entre le nazisme et le communisme, ce livre a été interdit dans son pays.

Le problème posé est simple : Qui  doit s’opposer à l’injustice d’une dictature ? Pourquoi, quand, comment,  et la question annexe est ce que ça sert à quelque chose ?

Tous les faits qui sont racontés sont dans notre mémoire historique à propos de la seconde guerre mondiale, ils concernent soit la Pologne soit les Etats du Nord en particulier le Danemark. L’auteur a choisi un état fictif gouverné par un roi qui finira par coudre sur sa poitrine l’étoile juive.

Etait-ce utile ? Autant ? Moins ? Plus ?  que le fougueux commandant de la garde royale qui, sabre au clair, a foncé contre les mitraillettes allemandes, laissant sur la place, devant le palais, la garde royale entièrement décimée , ne retardant que de quelques minutes l’entrée de l’armée allemande.

On retrouve dans ce petit livre l’humour distancié des dissidents russes, c’est un des charmes du livre
Je fais une réserve sur ce  roman et je ne parlerai pas de chef d’œuvre. Certes, si je l’avais lu à l’époque mon avis aurait été complètement différent, aujourd’hui on a beaucoup lu sur le sujet, le problème posé est toujours passionnant, en revanche la forme sous  laquelle il est  traité  n’apporte aucun éclairage nouveau en tout cas pour moi (mais je dois dire que  j’ai déjà beaucoup lu sur cette période, et ce sujet).

Je pense que c’est  un livre à lire dans les classes de première et seconde pour faire réfléchir au totalitarisme et à la résistance les jeunes générations.

 

Citations :

Efficacité de la conquête :

En trois heures, la campagne fut achevée, et les bombardiers qui survolaient le royaume n’avaient pas épuisé leurs réserves de combustible

 

L’occupation :

Cependant, respectueux de l’autorité, les citadins éprouvaient une confiance instinctive à l’égard de ce nouveau pouvoir. Un certain laps de temps sera nécessaire avant que l’idée qu’un ordre puisse n’être que le masque du crime se fraie un chemin dans leurs braves têtes à l’esprit étroit.

 

L’héroïsme :

Avant que les soldats eussent atteint la grille, le portail en fer forgé s’ouvrit, et l’escadron, sabres au clair et heaumes rutilants, se rua sur les visiteurs.

La surprise fit reculer les Allemands. La voiture du fondé de pouvoir fit marche arrière. les envahisseurs furent scandalisés

 

L’honneur :

L’honneur ? Que voulait dire ce mot. Semblable à certains phénomènes optiques, le sens en fuyait dès que la raison tentait de le cerner. L’honneur n’avait qu’une seule signification : le devoir envers soi-même

 

L’humour (un exemple il y  a beaucoup d'humour dans ce roman)

…(on)  entama l’hymne national : « Seigneur, sauvez notre roi, nous-mêmes et nos champs ! »

 

Et nos maisons ! Et nos parterres de fleurs autour des petites fontaines ! Et nos comptes en banques ! Et la brume de nos mers ! Et nos ministres chauves ! Et nos….

 

 

 

On en parle....

à saut et à gambades

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 11:36

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41r3tHzmF5L._SL500_AA300_.jpg

 

Traduit de l'anglais par Éric McComber

 

Club de lecture

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg

Un coup de cœur pour ce petit roman, j’espère que je ne serai pas la seule dans mon club.

L’écrivaine a un réel talent pour créer et  faire vivre des personnages. Plus on avance dans le récit, plus on se dit : je connais quelqu’un comme ça.

Le personnage principal est très attachant, la révélation de son plus gros secret m’a laissé pantoise, je me demande si on peut se remettre d’une telle action. C’est de la fiction, certes, mais ça me fait un peu grincer des dents.

Je trouve également que les personnages masculins sont beaucoup moins fouillés et compréhensibles que les femmes, excepté le jeune Gary.

Sous la forme d’un journal, Amy Wingate nous fait vivre sa vie de retraitée au bord de la mer. Elle a la chance d’avoir une jolie vue de mer  de sa villa victorienne. Comme je comprends son plaisir de vivre là.

Son journal lui permet d’analyser ses amies et elle-même de façon très détaillée. Il ne faut surtout pas en conclure que vous allez vous ennuyer, car elle sait très bien raconter et nous intéresser à son cercle de relation.

Sa relation avec le jeune Gary, un jeune adolescent à la dérive et qu’elle a blessé, dans un geste de colère est vraiment passionnante. En essayant de l’aider, elle sera amenée petit à petit à  dévoiler sa vie et à revivre son passé si bien enfoui car, pour une fois, elle ne peut qu’être honnête avec "ce blessé de la vie" :Gary, si elle veut le sortir de la misère morale dans laquelle la vie l’a enfoncé. Derrière son chignon de vieille professeure coincée se cache une étonnante femme vibrante de vie et d'amour.

 

Je ne parle pas souvent de la traduction, dans ce roman j’ai été gênée par le tu/vous, pour moi elle devrait tutoyer Gary. D’autre part le traducteur confond ennuyant et ennuyeux.
C’est ennuyeux !

 

Citations :

 

Pour toutes les femmes qui ont en assez de se faire appeler « ma petite dame »

 

L’emploi du mot « petite » est une autre de ses façons –sans doute inconsciente- de maintenir sa supériorité. Une « petite dame » lui confectionne des vêtements sur mesure et un « petit monsieur » vient entretenir son jardin. La « petite femme » du magasin du village « l’adore »….. .Le monde de Francesca est peuplé de nains.

 

Je me suis souvent demandé comment les mariages pouvaient survivre à ce type de désintégration ; cette chute des hauteurs, de la magie haletante  jusqu’à l’indifférence familière. Comment pourrait-il en être autrement ? La familiarité n’engendre pas nécessairement le mépris, mais elle défait à coup sur la magie.

 

J’aime les vielles photos, dit-il en ramassant celui qui est au sommet de la pile. Ça me fait une drôle d’impression quand je regarde la tête des gens et que je me demande ce qu’ils pouvaient penser. Sont là, si heureux, si pleins de vie. Mais c’est fini pour eux. Tout ce qui leur causait du soucie ou qui les rendait heureux c’était rien du tout en fait.

 

Voilà peut-être pourquoi ils étaient plus heureux entourés d’une foule d’amis, ou en présence d’un tiers devant qui ils pouvaient mimer le couple parfait et y croire eux-mêmes

 

On en parle ….

 le souk de moust

 

 

  Amanda Meyre (une référence dans le monde des blogs consacrés aux livres)

 

 

 

 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:57

http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/imagecache/c_visuel_cat_w120px/couv_jpg/9782742792917.jpg

 

Traduit de l'anglais américain par Pierre GIRARD

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Encore un livre desservi par son titre français : du sobre « The Help », on arrive à « la couleur des sentiments » titre cucul au possible et en plus très ambiguë.

C’est d’autant plus dommage que l’auteure essaie de ne pas sombrer dans un travers sentimental. Or, comment ne pas faire dans l’émotion quand on a été soi-même élevée par une bonne noire qu’on a aimée plus que sa propre mère ?

L’Héroïne du roman vit à Jackson dans le Mississipi et les lois ségrégationnistes sont encore en vigueur, la domesticité noire n’a pas le droit d’utiliser les mêmes toilettes que la famille blanche. Pour expliquer les raisons d’une telle mesure, on fait appel aux règles d’hygiènes et de transmission des maladies, les noires étant évidemment porteurs de maladies graves et dangereuses pour les blancs !

 c’est un  roman a  plusieurs voix : l’héroïne blanche qui veut écrire un livre sur les bonnes, différentes bonnes et certaine patronnes blanches. Cela  permet de  faire le tour de la vie à Jackson dans les années 60. Le côté rétrograde et étroit de la petite ville de province qui s’arcboute sur des modes de vie complètement dépassés est très bien rendu. L’idéal de la femme américaine qui sait ou qui ne sait pas tenir une maison, la mode des blondes platines aux cheveux laqués, le fond teint et le maquillage et surtout le terrible ennuie de ces femmes qui ont pour distraction les commérages et le bridge, tout cela m’a fait penser à « Mad-Men », ma série préférée du moment.

Un des intérêts du roman, c’est le récit de l’écriture du livre par les bonnes elles-mêmes, c’est passionnant et cela soutient l’effet de suspens jusqu’à la fin : les bonnes noires arriveront-elles à faire comprendre ce qu’elles vivent sans avoir d’ennuis trop graves ?  L’une d’entre elles, celle qui ne peut jamais se taire, a imaginé une solution que je ne peux pas vous dévoiler mais qui est franchement bien vue.

L'écriture d'un livre dans un livre , c'est toujours quelque chose qui m'intéresse. Dans ce cas on sent que cette auteure est passée par les ateliers d'écriture, cela lui a été reproché, j'ai trouvé que c'était intéressant (mais je fréquente également ce genre d'endroit).

L’analyse des rapports entre les domestiques et les patrons est très fine et si ici, elle est particulière à cause du racisme ambiant, elle permet de réfléchir sur la nature des liens entre employeur et employé dans une même maison.

Dans la foule des détails sur la vie de province, j’ai bien aimé les ventes de charité organisées par les dames patronnesses de Jackson, pour récolter de l’argent pour les pauvres petits…

Africains !!

 

J’ai lu une critique qui parlait de « bons sentiments » à propos de ce livre, je ne suis pas d’accord, la violence est là, le plus souvent comme une menace qui fait peur à tout le monde, elle rôde dans le quartier noir. Ce livre permet de comprendre les émeutes violentes qui sont venues dix ans après.

Un seul conseil : lisez le vite et ne vous arrêtez pas au titre français !!

 

Citations :

C’est un projet qui vise à rendre obligatoire la présence de toilettes séparées à l’usage des domestiques de couleur dans toutes les maisons occupées par des blancs.


Règle numéro un pour travailler chez une blanche, Minny : ce n’est pas ton affaire. Rappelle toi une chose : ces blancs sont pas tes amis.

Règle numéro 6 : tu frappes pas ses enfants. Les Blancs aiment faire ça eux-mêmes.

  C’est depuis la nuit des temps que les Blancs empêchent les Noirs de dire ce qu’ils pensent..

 

Je n’ai encore rien avalé de la journée hormis la tisane de maman contre les sexualités déviantes.

 

Mais c’est la dichotomie affection-mépris qui m’étonne toujours. La plupart de ces femmes sont invitées au mariage des enfants, mais seulement dans leur uniforme blanc. Je savais déjà tout cela mais l’entendre de la bouche de ces Noires est comme l’entendre pour la première fois .


- Donc tu dis qu’il y a pas de limites, non plus entre une bonne et sa patronne ?3

- C’est des positions, rien de plus comme sur un échiquier. Qui travaille pour qui, c’est sans importance.

Les seins sont faits pour la chambre et pour l’allaitement. Et la dignité ça existe aussi.
  -mais enfin, Eleanor, que veux-tu qu’elle fasse ? Qu’elle les laisse à la maison ?

- Je-veux-qu’elle-les-couvre.


 On en parle ...

les lecture d'Anna 

 

Une lectrice qui a eu la chance de le lire en anglais: Nymphette



 

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 20:44

http://spacitron.files.wordpress.com/2010/06/9782264048561r11.jpg?w=182&h=300

Traduit de l'anglais par Michèle VALENCIA

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg J’ai été passionnée par ce roman, je l’ai lu deux fois, la première fois pour fixer l’intrigue et la deuxième pour en savourer les moments clés. (Il faut dire que j’étais beaucoup  dans les transports parisiens ces derniers temps et Marie O’Farrel sait embarquer son lecteur dans son univers romanesque).

Le récit est très bien construit, avec sans doute quelques invraisemblances, du moins je l’espère (pouvait-on garder 60 ans dans un asile quelqu’un  qui avait bien énervé ses parents ?).

Iris, une jeune femme d’aujourd’hui, a de grandes difficultés à construire sa vie amoureuse, elle est entourée par deux voix de femmes très âgées, qui reconstruisent leur passé, l’une a la maladie d’Alzheimer, l’autre a été internée pendant plus de soixante ans.

Ces trois destins sont liés et jusqu’à la dernière ligne, le lecteur est tenu en haleine par une intrigue très bien menée. On est plongé dans la haute société Ecossaise du milieu du siècle dernier. Une jeune fille, un peu originale, qui aurait préféré faire des études plutôt que de se marier va être victime de sa propre famille.
Un des intérêts du livre, c’est la réflexion sur la condition féminine et l’horreur de l’internement abusif. Jamais le roman ne tombe dans la démonstration car tout est raconté de façon parcellaire par deux vieilles femmes qui peuvent se tromper, s’il est certain qu’Esme n’aurait jamais dû être traitée de cette façon, on ne saura pas si elle n’était pas un peu déséquilibrée.

J’aime bien que les choses ne soient pas présentées de façon simpliste, ce n’est pas un roman à thèse, cela reste avant tout un bon roman qui permet, aussi, de réfléchir sur les graves dysfonctionnement de l’internement en psychiatrie au siècle dernier.

 

Citations

Il suffisait à un homme d’avoir un papier signé par un généraliste pour faire interner sa femme ou sa fille dans un asile d’aliénés (…) Un bonhomme pouvait se débarrasser d’une fille indocile.

 

leur grand-mère les oblige à revêtir leurs plus beaux habits et à arpenter le front de mer en saluant les passants. Surtout les familles qui ont des fils.

 

Nous ne sommes que des vaisseaux par lesquels circulent des identités… Nous venons au monde en tant qu’anagrammes de nos ancêtres

 

Nous parlons d’une gamine de seize ans qu’on a enfermée pour avoir essayé des vêtements

 

Vêtues de chemises pâles, elles se déplacent comme des nuages. Difficile de dire s’il s’agit d’hommes ou de femmes car leurs chemises sont lâches et leurs cheveux coupés si courts. Certaines regardent droit devant elles, sans bouger. L’une sanglote dans ses mains. Une autre pousse un cri rauque qui se termine en marmonnement

 

 

On en parle …..

Delphine's Book

Je partage son avis sur le personnage d'Iris 

 

Le goût des livres

 

et

à sauts et à gambades

 

mon blog fétiche , avec une photo remarquablement choisie et qui m'a fait remonter bien des souvenirs

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 10:54

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Pv5DMPM%2BL._SL500_AA300_.jpg

Traduit par Cécile Arnaud

 

Club de lecture

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg L’intérêt de ce roman vient du style de cette auteure, et puisque je ne lis pas l’américain, du bon travail de la traductrice. L’histoire raconte, une fois encore, l’étroitesse d’esprit des petites villes de l’Amérique profonde, avant la deuxième guerre mondiale. Nous sommes dans les états du Sud donc confrontés au racisme ordinaire, insupportable aujourd’hui, mais tellement banal à l’époque dans ce pays là.

On pense  à  Ne tirez pas sur l’oiseau Moqueur, car l’histoire nous est racontée à travers les regards d’enfants.

Une jeune femme, Vienna Daniels,  belle et cultivée, élève seule deux enfants,  son mari l’a abandonnée. Elle se fiche du conformisme social ambiant . Les petits notables "de province" lui feront payer cher son indépendance d’esprit.

Tout le village ne fait pas bloc contre elle, la personnalité du médecin est très intéressante, aussi celle de son voisin amoureux transi qui protège au mieux sa trop belle voisine.

On rentre dans ce roman comme dans un film car les descriptions sont très précises, ne surchargent pas le roman bien au contraire, elles lui donnent une couleur particulière. Un vrai plaisir de lecture : dépaysement garanti.

 

Citations

Souviens-toi, être différent ne fait pas de vous quelqu’un de spécial, mais être spécial fait de vous quelqu’un de différent. J’espère que tu te joindras à mes prières pour que Vienna Daniels ne change jamais.

 

En plus, elle aimait les Nègres et elle fumait des cigarettes. Voilà ce qui arrive, disait-on, quand on lit trop de livres : Ca ramollit le cerveau, et Addison imaginait alors la texture spongieuse des champignons des bois ou des crackers détrempés. On racontait qu’elle possédait des milliers de livres. 

 

Le fait d’être tous deux élevés dans le sud, d’avoir été élevés dans les souvenirs de la guerre de Sécession qui projetait son ombre noire sur deux générations pour imposer aux enfants de ses enfants le legs et la tradition de la perte

 

Elliot voulut savoir pourquoi les gens de couleurs ne projetaient pas d’ombres blanches puisque le sombres des blancs étaient noires

 

On en parle.....

un de mes sites préférés ... à sauts et à gambades   

Le songe et les livres de Mélo

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 10:36

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51u0%2BQLW32L._SL500_AA300_.jpg

 

Traduit de l’anglais par Anne RANINOVITCH

 

Problème de traduction : je ne trouve pas que le titre français traduise bien le  titre anglais : Never Let Me Go.

J’espère que cela ne reflète pas le travail de la  traductrice !

 


http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Toutes les critiques autour de ce roman se trouvent confrontées à la même difficulté : comment partager le plaisir de la lecture sans dévoiler l’intrigue qui est étonnante et fait pour une grande part l’intérêt de ce roman.

Donc je ne dévoilerai rien !

Au-delà de l’aspect science fiction,  qui je l’espère ne sera jamais réalité, l’analyse des souvenirs et des sentiments venus de l’enfance est d’une finesse absolument remarquable. N’oublions pas que Kazuo Ishiguro a écrit «  Les Vestiges du jour », on retrouve la même précision dans l’analyse des sentiments et de la société britannique.

Ce que je peux rajouter, c’est qu’une fois terminée la lecture, j’ai pris un très grand plaisir à relire ce livre avec toutes les clés de compréhension. J’ai été sidérée de voir à quel point j’avais négligé les indices très clairement donnés dès les premières pages, un peu comme les enfants réunis dans ce lieu de Hailsham , j’avais tous les éléments pour comprendre , mais le voulais-je vraiment ?

C’est une prouesse d’écrivain que de nous mener au même rythme que ces héros et nous forcer peu à peu à accepter la réalité qui nous fait peur.

 

Citations  (J’ai eu du mal à trouver des citations représentatives du livre)

 

Madame avait peur de nous. Mais elle avait peur comme d’autres avaient peur des araignées. Nous n’avions pas été préparées à cela. Nous n’avions jamais eu l’idée de nous demander ce que nous éprouverions si on nous voyait ainsi, si les araignées, c’était nous.

 

En tant qu’élèves de Hailsham, nous étions tous très spéciaux, et notre mauvais comportement était d’autant plus décevant.

 

Je pense que j’avais perçu qu’au-delà de cette ligne il y avait quelque chose de plus dur et de plus sombre, et que je ne le voulais pas. Ni pour moi, ni pour aucun d’autres.

 

On en parle .....

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