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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:32

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51G61CVDVVL._SL500_AA300_.jpg

 

 

Traduit de l'Allemand par Liselotte BODO et Jacqueline CHAMBON

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpgEncore une fois, un cadeau de la «souris jaune».

Un livre qu'on n'oublie pas tant il est original .
Écrit dans les années 60, ce roman raconte à sa façon la peur de la destruction de la vie sur terre à cause de la folie guerrière des hommes.
Le plus classique dans le genre , c'est la reconstruction d'une civilisation à partir de ce qui reste comme humanité.
J’avais bien aimé à l'époque «Malevil» de Robert Merle , et plus récemment «La route» de Cormac McCarthy. Ce genre de romans ont des points communs: que reste -t-il après un désastre total et comment l'humanité se reconstruira-t-elle?.

Le point de vue de Marlen Haushoffer est complètement différent.
Une femme est séparée du reste du monde, qui semble complètement détruit, par un mur transparent.
Nous allons pendant deux ans suivre son quotidien et sa survie.
Les questions de l'humanité se posent dans le roman: l'échec, la futilité du monde moderne et le rapport de l'homme à la nature sont les deux idées forces qui cheminent peu à peu en elle.
Elle survit non pas à la manière d'un Robinson , en inventant des solutions extraordinaires, mais en s'attelant petit à petit aux soins que réclament les animaux qui dépendent d'elle .

Elle est parfois tenter de se laisser aller à l'inaction et donc à la mort, mais l’instinct de vie et aussi son chien qui ne peut vivre sans elle , la ramènent dans son petit monde .

C'est un livre prenant alors qu'il ne s'y passe pas grand chose. C'est un hymne à la beauté de la nature et à la force de la femme.
Mais , il y a un aspect du récit qui m'a gênée, pourquoi ne cherche-t-elle jamais à franchir le mur. En creusant.. en essayant par dessus , en essayant de le casser..

Au moins essayer , ou nous dire pourquoi elle n'essaie pas. On peut supposer qu’elle a fait finalement un tunnel, comme elle le suggère à la fin (pour que ses animaux puissent survivre sans elle!) puisque son texte est arrivé jusqu'à nous.

Tout en étant d'un courage extrême pour accomplir les besognes quotidiennes, elle est totalement résignée à son sort et évidemment je n'ai pas trop aimé cet aspect là du roman. .

 

Citations:


la distribution du travail homme femme


En tout cas il était physiquement plus fort que moi, et je serai tombée sous sa dépendance . Qui sait , il serait peut-être aujourd'hui paresseusement allongé dans la cabane après m'avoir envoyée travailler. La possibilité de se décharger du travail doit être la grande tentation de tous les hommes.

 

 

La futilité du monde moderne:


Parfois me revient à l'esprit l'importance jadis de ne pas arriver cinq minutes en retard . La plupart des gens que je connaissais faisaient de leur montre une sorte de divinité et même moi je trouvais cela tout à fait raisonnable.

 

Sens du roman:

 

Je ne cherchais plus un sens capable de me rendre la vie plus supportable. Une telle exigence me paraissait démesurée . Les hommes avaient joué leurs propres jeux qui s'étaient presque toujours mal terminés. De quoi aurais-je pu me plaindre; j'étais l'une des leurs , je les comprenais trop bien . Mieux valait ne plus penser aux hommes . Le grand jeu du soleil, de la lune et des étoiles, lui, semblait avoir réussi; il est vrai qu'il n'avait pas été inventé par les hommes. Cependant il n'avait pas fini d 'être joué et pouvait bien porté en lui le germe de son échec.

 

On en parle....


"la souris jaune"   bien sûr!!

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 18:49

http://ecx.images-amazon.com/images/I/515aTmUoksL._SL500_AA300_.jpg

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpgJe termine ce roman, et je me sens de retour après un long voyage dans l’histoire de France.
Trois noms qui me sont, grâce à Jean -Christophe Rufin, devenus familiers, Jacques Cœur, Charles VII et Agnès Sorel, et qui m'ont permis de revivre la fin de la guerre de cent ans et le renouveau de la monarchie française.

C'est un roman passionnant , pourtant je n'apprécie guère d'habitude les romans historiques.

La description du génie de Jacques Cœur qui a su, dans une période si troublée, comprendre que la liberté du commerce pouvait donner la richesse à son pays tout en créant son enrichissement personnel, a retenu toute mon attention surtout lors de son ascension .

Soutenu par la description de la création du réseau commercial «Jacques Cœur», le roman historique se déroule au gré de ce que l'auteur connaît de la réalité du royaume de France de l'époque, et de ce qu'il imagine, comme l'histoire d'amour entre la trop belle et si fragile Agnès Sorel et le grand argentier du roi.

Je ne savais de Charles VII que l'épisode de Jeanne d'Arc , la personnalité que lui crée Jean-Christophe Rufin me semble vraisemblable . Ces rois qui ont fait la France sont souvent aussi repoussants de cruauté et de félonie que captivants par leur volonté de construire un royaume puissant.

La difficulté de ce genre de roman, c'est de faire la part entre la réalité de l'époque choisie et la personnalité actuelle de l'écrivain.

J'ai bien aimé que l'auteur écrive dans sa postface:

«Je ne sais ce qu'il [Jacques Cœur] penserait d'un tel portrait et sans doute me ressemble plus qu'à lui.»

C'est ce que j'éprouvais quand il faisait de Jacques Cœur un homme sans religion ouvert à la philosophie grecque . J 'avais l'impression d'être avec un philosophe des lumières ou avec un homme d'aujourd'hui.

Je n'ai qu'une envie aujourd'hui aller voir le palais de Jacques cœur à Bourges , et je recommande ce roman à tous ceux et toutes celles qui aiment l'histoire et les romans.. il me semble qu'il s'agit d'un très large public!!

 

Citations:

 

Une phrase à méditer:

Il est des fidélités qui conduisent à la trahison

 

 

Les ennemis de l'homme d'action:

Il devint le premier des nombreux ennemis que je me créai tout au long de ma vie, du simple fait d'avoir révélé leur faiblesse.


 

Comment voir positivement des traits de caractère que l'on jugeait auparavant négatifs:


On ne me jugea plus rêveur mais réfléchi , timide mais réservé , indécis mais calculateur.

 

Le pouvoir et la force:

Ainsi il existait le pouvoir et la force, et les deux choses n'étaient pas toujours confondues.
Si la force procédait du corps , le pouvoir, lui, était œuvre de l'esprit.

 

La jalousie du talent:

Talent, réussite, succès font de vous un ennemi de l'espèce humaine qui, à mesure qu'elle vous admire plus, se reconnaît moins en vous et préfère vous tenir à distance. Seuls les escrocs , par l'origine triviale de leur fortune, l'acquièrent sans se couper de leurs semblables et même en s'attirant leur sympathie.

 

Meneur d'hommes:

Sans jamais avoir cherché à diviser pour régner , j'ai toujours pensé que l'union des contraires était le secret de toute entreprise réussie

Différence de mentalité entre Florence et la France:


Je compris rapidement qu’il n'existait pas dans cette cite libre la différence que nous connaissons entre noble et bourgeois..
A Florence , la richesse ne connaît ne pudeur ni interdit. La seule précaution que prennent ceux qui en font étalage est de veiller à ce qu'elle revête les apparences de l'art. La beauté est le moyen qu'emploient les puissants pour partager leur richesse avec le peuple.

 



La réussitede Jacques cœur n'est -elle pas un hymne au libéralisme?

L'entreprise que j'avais créée s'était à ce point développée parce qu'elle était vivante et que nul ne la contrôlait . Liberté était donnée à tous les membres de ce gigantesque corps d'agir à leur guise . En se jetant sur les morceaux qu'ils pouvaient saisir ,en plaçant mes biens sous séquestre, en démembrant chaque pièce de drap contenue dans nos magasins , Dauvet et les chiens qui couraient à sa suite ne faisaient que fouiller les entrailles d'une bête morte . Tout ce qu'ils saisissaient cessait d'être libre et donc de vivre. La valeur de ces choses devenues inertes , sitôt évaluées , se mettait à décroître , car elles ne valaient vraiment que dans le mouvement incessant et libre de l’échange.

 

On en parle .... Tigrou 41454

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 21:01

 

 

 

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Traduit de l'américain par Sylvette GLEIZE

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgAprès les détours par «Mensonges sur un divan» et par «et Nietzsche a pleuré», j'ai lu avec un intense plaisir le livre que le blog de "dasola" recommandait: Le problème Spinoza.

 

Je suis très contente d'avoir lu ses deux autres romans avant celui-ci, j'avais suivi le conseil d'une autre blogueuse , Dominique, me semble t-il, et je m'en très bien trouvée.

 

Grâce une enquête sur deux personnages que tout oppose Irvin Yalom essaie d'imaginer ce que Spinoza a éprouvé après avoir été exclu de la communauté juive , et pourquoi Rosenberg le théoricien de l'antisémitisme nazi a absolument voulu s'emparer de la bibliothèques du petit musée consacré à Spinoza. Disant lui-même qu'il voulait ainsi régler le «problème Spinoza» (d'où le titre du roman).

 

Irvin Yalom dans les annexes à la fin du livre, dit qu'il lui a été plus difficile d 'imaginer les pensées de Spinoza dont on ne connaît que l’œuvre, et rien de sa vie personnelle , que celles de Rosenberg qui a beaucoup écrit et a rédigé ses mémoires en prison .

 

Mais je dois dire qu'autant j'ai été convaincue  par les chapitres consacrés à Spinoza, autant je suis restée septique sur las tentatives avortées de psychothérapie  de Rosenberg.

 

Comme ce qu'écrit Irvin Yalom sur Spinoza repose sur ses théories, d'abord c'est absolument passionnant et

en plus , sa propre connaissance du monde juif rend les réactions de Spinoza crédibles .

Victime d'un «herem» ce qui correspond à une excommunication Spinoza s'est retrouvé loin de sa communauté , mais il a préféré cela plutôt que de soumettre son esprit à des règles qui auraient empêché son libre arbitre de fonctionner.

 

L'autre partie du roman , voit donc Rosenberg se constituer comme penseur de l'antisémitisme nazi et fidèle lieutenant  d'Hitler , je dois dire que j'ai été beaucoup moins intéressée par les pages qui lui sont consacrées .

Évidemment j'ai beaucoup lu sur le nazisme et je n'ai pas appris grand chose, et puis le personnage est si peu intéressant.

Un des charme d 'irvin Yalom c'est de savoir mettre en scène grâce à ses talents de psychanalyste la structure mentale des personnages. Quand le personnage est un philosophe , Nietzsche , Spinoza , c'est passionnant. Quand le personnage historique a apporté quelque chose à l'humanité comme le docteur Josef Breuer cela donne beaucoup de charme  au roman.
Mais un haut dignitaire Nazi ! ça a moins d'intérêt. On voit quand même à quel point autour d'un tyran c'est toujours le même style de panier de crabes, les dirigeants  autour de leur cher «Führer» étaient prêts à toutes les bassesses pour un sourire du chef.

 

Je vais laisser Irvin Yalom pour ne pas me lasser , mais je lirai certainement ses autres romans.

 

 

Citations :

 

Pour tous ceux qui ne veulent pas exercer leur esprit critique et qui pensent que c'est vrai parce que c'est écrit dans Wikipédia, cette phrase de Spinoza :


la force d'une conviction est sans rapport avec sa véracité


 

Croire en Dieu n'exige pas le respect des rites:

 

Dites moi, croyez vous en un Dieu tout-puissant?....En un Dieu parfait? Qui se suffit à lui même ?... Alors vous en conviendrez , par définition un être parfait qui se suffit à lui même n'a pas besoins, ni d'insuffisances, ni de souhaits , ni de volontés

Alors, poursuit Spinoza, je suggère qu'il n'y a pas de volonté de Dieu en ce qui concerne le comment, ni même le pourquoi le glorifier. Donc permettez moi d'aimer Dieu à ma façon.

 

 

Le plaisir d'appartenir à une communauté:

 

Quand je dirige les prières , je me relis au passé , à mon père et à mon aïeul , et, j'ose le dire , je pense à mes ancêtre qui, depuis deux mille ans, ont répété ces mêmes  phrases, psalmodié ces mêmes prières , chanté  ces mêmes mélodies .
Dans ces moments-là , je perds tous sentiments de ma personne, de mon individualité , pour devenir une partie , de cette chaîne ininterrompue qu'est la communauté .

 

La mission de l'homme pour Spinoza :


Comme vous le savez , à l'origine même de ma pensée est l'idée que c'est par la logique seule que nous pouvons comprendre la Nature , ou  Dieu.

Il semble paradoxal de dire que les hommes sont plus utiles les uns  aux autres quand ils suivent leur propre chemin . Mais il en va ainsi lorsqu'il s'agit d'hommes de raison . Un égoïsme éclairé mène à l'entraide mutuelle . Nous avons tous en commun cette capacité à raisonner , et le vrai paradis sur terre adviendra le jour où notre engagement à comprendre la Nature , ou Dieu, remplacera toutes les autres qu'elles soient religieuses , culturelles ou nationales. 

 

Bousculer les dogmes :


Je crois que les prophètes sont des hommes doués d'une imagination exceptionnelle , mais pas forcément d'un grand raisonnement.
 
Je crois que plus on en saura , et moins il y aura de choses connues de Dieu seul. Autrement dit , plus grande est l'ignorance , et plus on attribue de choses à Dieu.

 

Pourquoi Spinoza a été banni de sa communauté :


Les rituels de notre communauté n'ont rien à voir avec la loi divine , rien à voir avec le bonheur, la vertu, l'amour , et tout en revanche avec la paix civile et le maintien de l'autorité rabbinique.

La Torah comporte deux types de lois : il y a une loi morale, et il y a les lois qui visent à garder à Israël son unité en tant que théocratie  indépendante. Malheureusement les Pharisiens , dans leur ignorance , n'ont pas compris cette distinction et ont pensé que l'observation des lois de l'Etat se confondait avec celle de la morale , quand ces lois n'étaient en fait destinées qu'au maintien du bien public au sein de la communauté. Elles n'avaient pas pour but d'instruire les juifs , mais de les maintenir sous contrôle  . Il y a une difference fondamentale dans l'objectif de chacun de ces deux types de lois : l'observation d'un cérémonial vise uniquement à la paix civile , quand l'observation de la loi  divine ou morale conduit à la félicité  .

 

On en parle :

Dasola   bien sûr  

et le blog de Tilly que je ne connaissais pas et Seannelle que j'avais oublié

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 13:33

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Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément BAUDE

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpgEn pleine période Irvin Yalom, j'ai donc continué par "Et Nietzsche a pleuré" avant de me plonger dans « le problème Spinoza »conseillé par  canalblog que je ne remercierai jamais assez de m'avoir fait découvrir cet auteur.


Je suis un peu ennuyée pour juger de la qualité intellectuelle du débat : la philosophie de Nietzsche comme jalon vers la psychanalyse.
Je n'ai jamais apprécié cet écrivain et je me suis mortellement ennuyée à la lecture de "ainsi parlait Zarasthoustra".
Je perds certainement beaucoup à ne pas bien connaître ce philosophe , par contre je connais mieux Freud et les débuts de la psychanalyse ce qui m'a permis de savourer le roman. 

Que serait-ce alors si je connaissais bien Nietzsche !!
Le roman met en scène des personnages qui ont existé , Josef Breuer , le tout jeune Freud , Lou Salomé et Nietzsche, Irving Yalom invente le "comment la cure psychanalytique est née" à travers une idée de génie du Docteur Breuer , tout est vrai dans ce roman sauf la rencontre du Docteur Breuer et de Nietzsche
Irvin Yalom possède  un vrai talent de conteur et il sait créer du suspens digne d'un bon auteur de roman policier avec un sujet aussi sérieux que la psychanalyse.
Bien sûr ce n'est qu'une fiction mais on est bien dans cette histoire ,entre autre car l'auteur sait faire revivre Vienne et ses habitants .

L'arrière plan du récit, rajoute beaucoup à l'intérêt de l'intrigue: les pâtisseries, les cafés , les luttes entre universitaires, la société compassée de la capitale de l'empire Austro-hongrois entièrement tournée vers les conventions, traversée par un antisémitisme virulent et qui semble  prête à combattre et à accueillir les théories de Freud.

Le personnage de Breuer est complexe et très attirant. Il nous permet de réfléchir au rôle du médecin, de la vieillesse et de l'amour!
Le subterfuge qui amène les deux personnages à comprendre la nature d'une thérapie analytique est bien imaginé.
J'ai toujours aimé qu'on me raconte des histoires , car cela m'a permis de mieux comprendre que dans un livre théorique , de quoi est fait  le lien entre le thérapeute et son patient .
J'ai vraiment aimé ce roman avec la réserve du début, il ne m'a pas donné envie de relire Nietzsche et que je sais que perds une bonne partie de l’intérêt du roman.

 

 

Citations :

 

la charité :


Vous découvrirez que personne n'a jamais, jamais , agi entièrement pour les autres. Tout acte est dirigé vers soi , tout service ne sert que soi, tout amour n'aime que soi.

 

Mais vous connaissez comme moi ces guérisseurs bigots, qui projettent leur propre faiblesse sur les autres et ne s’intéressent à eux que pour accroître leur propre force . Vous connaissez comme moi la charité chrétienne

 

L 'habitude tue le désir :


On se lasse toujours du même plat... Tu sais Joseph, pour chaque belle femme sur terre , il y a aussi un pauvre type qui en a marre de se la farcir.

 

L' énergie et l'envie de vivre:

 

Si quelque chose m'attire ce n'est pas le danger. Non, plutôt la fuite, non pas devant le danger mais devant le confort. Peut-être ai-je trop longtemps vécu dans le confort!
- Peut-être est-ce dangereux , Joseph . Dangereux et mortel.
- Oui, le confort est en effet dangereux." Breuer se répéta plusieurs fois cette phrase. "Le confort est dangereux. Le confort est dangereux . .
- Car rien ne peut arrêter le temps , et c'est bien notre plus grand malheur . Il nous faut apprendre à vivre malgré tout."

 

le mariage :


"Le mariage et la possession et la jalousie qui l'accompagnent ne font qu'emprisonner l'esprit. Jamais je ne me laisserai dominer par eux."

 


On en parle ....

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 05:45

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51EESYR5H1L._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

Traduit du polonais par Véronique Patte

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgQuel choc !

Je dois cette lecture à Dominique qui a chroniqué Mes voyages avec Hérodotes  que je vais me dépêcher de lire au plus vite.

Ma dernière réflexion en refermant le livre de Ryszard Kapusinski a été:«c'est tellement bien, je pense que tout le monde le connaît sauf moi»!

Si vous faites partie de ceux qui ont ,encore, la chance de ne pas l'avoir lu , réjouissez-vous, un grand plaisir vous attend, caché dans les pages d’Ébène .

Le reporter raconte son aventure africaine, il va à la rencontre des habitants , ne fuit aucun conflit ni aucune histoire douloureuse et comme les actualités télévisées vous le raconte à longueur d'années ce continent n 'en manquent pas.
A la lecture de ce livre on se rend compte qu'on ne connaît qu'une faible partie de massacres africains que beaucoup se passent dans le silence loin des caméras du monde.

On se promène donc au Ghana, au Liberia, en Éthiopie , en Érythrée , en Somalie, au Rwanda …

Partout la misère, la guerre, la destruction, et la nature implacable.

J 'ai déjà lu beaucoup de livres sur l'Afrique, l’originalité de cet auteur , c'est de partir d'expériences concrètes qu'il sait merveilleusement raconter .

Les description de la nature et de la chaleur sont inoubliables, je crois qu'aucun film ne permet de mieux comprendre à quel point la chaleur peut accabler l'homme et rendre toute activité superflue .

Par moment , j'ai cru relire les romans d'aventure qui ont charmé mon enfance. Le combat à mort contre le cobra est un de ces instants où la lecture devient magique , on part ailleurs bien loin du monde facile et policé de mon petit coin de France.

Cela n'empêche pas l'auteur de cerner au plus près les problèmes politiques actuels et passés de cet incroyable continent, bien au contraire, toutes les images « folkloriques » de l'Afrique nous permettent de mieux comprendre le quotidien des habitants. Et lorsqu'il raconte toujours avec la même précision son attaque par la malaria , on se dit que les gens atteints de cette maladie et mal soignés ne peuvent guère faire autre chose que survivre .

On est loin des clichés d'une population bon enfant qui ne veut rien faire, dans la fournaise implacable , touché par la maladie, les hommes ne peuvent que survivre et surtout meurent très vite. Quand en plus la folie guerrière des armes s 'en mêlent c'est l’hécatombe assurée.

Je n'ai jamais eu envie de visiter l'Afrique et ce livre dit mieux que tout ce que j'ai toujours pensé que le touriste passe forcément à côté des réalités de ce continent .

 

Citations :

La notion du temps :
L'européen se sent au service du temps, il dépend de lui, il en est le sujet. Pour exister et fonctionner , il doit observer ses lois immuables et inaltérables , ses principes et ses règles rigides. Entre l'homme et le temps existe un conflit insoluble qui se termine toujours par la défaite de l'homme : le temps détruit l'homme.
Pour les Africains les temps est une catégorie beaucoup plus lâche, ouverte, élastique, subjective. ...le temps est le résultat de notre action , et il disparaît quand nous n'entreprenons pas ou abandonnons une action. Le temps est un être passif , et surtout dépendant de l'homme.
... Si nous allons à la campagne où doit se tenir une réunion, et qu'il n'y a personne sur les lieux de la réunion, la question "quand aura lieu la réunion?" est insensée . Car la réponse est connue d'avance : " Quand les gens se seront réunis."


 

Un des malheurs de la décolonisation :


L'adoption du système insensé des salaires des Européens engendre dans les nouveaux États africains une lutte pour le pouvoir d'une violence et d'une cruauté inouïes. Instantanément une nouvelle classe gouvernante apparaît , une bourgeoisie bureaucratique qui ne crée rien ,ne produit rien , se contentant de gérer une société et de profiter de ses privilèges.


 

 

Génie africain de la construction :

Faites de bric et de broc , ces architectures monstrueuses en papier mâché sont infiniment plus créatives, imaginatives , inventives et fantaisistes que les quartiers de Manhattan ou de la Défense à Paris. La ville entière tient sans une brique , sans une poutre métallique, sans un mètre carré de verre!


 

Le progrès :


Les conflits ethniques ancestraux existent toujours , mais ils entraînent aujourd’hui un nombre de victimes bien plus important. La civilisation moderne n'a rien apporté ici, ni l'électricité , ni le téléphone, ni la télévision. La seule chose qu'elle ait introduite , ce sont les armes automatiques.


 

Les rites culinaires qui font envie:

 
Les Tutsis se nourrissent du lait des vaches et de leur sang (le sang recueilli des carotides incisées avec une pique, et versé dans des récipients lavés avec de l'urine de vache) .

 


 

La religion:

 
C'est un terrain très difficile , m'avoue le missionnaire Johan. Ces hommes nous demandent combien nous avons de dieux dans notre religion et si nous en avons un spécial pour les vaches . Nous expliquons que Dieu est un. Cette réponse les déçoit . "Notre religion est meilleure , disent-ils , nous avons un dieu spécial qui protègent les vaches."
Les vaches sont ce qu'il y a de plus important! 


 

Les famines au Soudan:

Les hommes ne sont pas affamés parce qu'il y a pénuries de vivres . En fait , le monde croule sous la nourriture. Mais entre ceux qui veulent manger et les magasins remplis se dresse un obstacle majeur: le jeu politique. Karthoum limite l'aide internationale destinée aux affamés . De nombreux avions arrivant à destination sont raflés par des chefs de bandes locales . Celui qui a une arme a des vivres . Celui qui a des vivres a le pouvoir . Nous sommes en présence d'hommes peu préoccupés de la transcendance ou de l'essence de l'âme , du sens de la vie et de la nature de l'existence . Nous sommes dans un monde où l'homme rampe pour tenter de racler dans la boue quelques grains de blés pour survivre jusqu'au lendemain. 

 

Le temps et les trajets :

 
Si on tombe sur un bitume de bonne qualité , le trajet peut être parcouru en une heure . Si on a affaire à une route abandonnée et impraticable , il faudra un jour de voyage , voire deux ou même trois pendant la saison des pluies . C'est pourquoi en Afrique , on ne dit pas : " c'est à combien de kilomètres?" Mais plutôt : " il faut combien de temps?" En regardant machinalement le ciel.

 

 

On en parle ….

 

Chez Nymphette

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 17:49

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51uC-ampMAL._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

Traduit (et bien traduit très bien même ) de l’anglais (États-Unis) par Clément Baude

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgLivre que je dois à mes amies blogueuses : je l'ai acheté après avoir lu une critique qui a éveillé mon intérêt chez Dasola " Le problème Spinoza ».

Dans les commentaires, Dominique recommandait "Mensonges sur le Divan" pour découvrir l’œuvre de Irvin D.Yalom
Alors un énorme merci à toutes les deux et, je vais me précipiter sur les autres livres de cet auteur.
Je dois préciser que je suis une aficionados de la série "in treatment" et dans ce roman, j'ai retrouvé tant d'aspects qui me plaisent.


J'ai toujours des scrupules à dévoiler l'intrigue d'un roman car je crains alors d'en dire trop et que vous n'ayez plus envie de le lire.
J'essaie quand même: à travers différentes cures de psychothérapie vous verrez à l’œuvre, la sincérité,  l'amour et la fin de l'amour, la passion du jeu, le deuil, une arnaque absolument géniale, la vengeance... Vous découvrirez les motifs profonds des comportements humains , les rivalités entre psychothérapeutes et les différentes écoles analytiques, comportementales et autres beaucoup plus fantaisistes .


Tout cela raconté avec un humour à la Woodie Allen, très juif New-yorkais en tout cas .


Si vous, ou un de vos proches, a eu besoin d'une psychothérapie pour se reconstruire , je pense que vous y retrouverez des moments que vous avez vécus .
J' imagine que les praticiens doivent s'amuser de ce genre de romans écrit par l'un des leurs.
La raison principale  pour laquelle j'aime ce genre d'histoires, c'est qu'elles donnent confiance dans l’être humain.


On peut tous trouver en soi des raisons d'avoir confiance dans la vie, même si, comme les personnages de cette histoire on se laisse égarer par l’appât du gain , la soif de vengeance ou autres motifs peu avouables.


J'oubliais un détail.... l'intrigue est très bien construite sur la 4° de couverture, je lis :     " un éblouissant thriller psychanalytique",  éblouissant,  je suis d'accord , thriller un peu moins mais ce qui est certain c'est que le suspens est tenu jusqu'à la dernière ligne et même après ...
J’espère que je n'ai pas trop  dévoilé l'intrigue et que je vous ai donné envie de vous y plonger.

 

Citations:


les limites du psychothérapeute et la force de l 'amour , et un brin d 'humour :

 

 

Laura , qui sortait a peine du lycée , avait simplement dit a Justin qu'il devait quitter sa femme , et il lui avait obéi. Alors que lui, Ernest Lash, un thérapeute doué , extrêmement doué  même , s'était escrimé pendant cinq inutiles années a convaincre le même Justin de quitter sa femme - en vain


 

le plaisir du joueur:


Pour qu'un jeu ait quelque intérêt , la mise se doit être importante , car il faut que la défaite fasse un peu mal.


 
Les codes sociaux aux US :


Fin observateur des différences sociales , Marshal savait bien que, lorsqu'ils mangent, les gens aisés repoussent toujours a plus tard , délibérément, la première bouchée de nourriture ; en réalité , plus la richesse est ancienne , plus le délai est long .   

 

 


Un des  ressorts des comportements humains :


Macondo a utilisé l'appât le plus puissant, celui du privilège d'en être . Je passe mon temps a traiter des patients plein aux as . Nous sommes proches , nous partageons des moments d’intimité , et je leur suis indispensable. Pourtant je sais exactement quelle est ma place , si je les avais croisés dans un autre contexte , ils ne m accorderaient pas une minute.

 

On en parle......

le blog de Syannelle

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 12:14

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41q38tv9xIL._SL500_AA300_.jpg

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgDepuis le testament français, je suis attachée Andreï Makine ,,j'aime les histoires qu'il me raconte. 
J'ai parfois quelques réserves mais ce cours roman m'a littéralement enchantée .
Comme toujours avec cet écrivain, la construction romanesque est intéressante .,Entre la description de deux  grandes manifestations soviétiques ,  la vie du narrateur s'écoule avec ses tragédies et ses éclats de bonheur . En huit moments differents qui sont presque de courtes nouvelles , Makine nous peint  la société sovietique qui est en train de s'effondrer et l'enfant qu'il a été, perdre toutes ses naïves illusions.
Dans chaque chapitre on trouve un court moment de bonheur. Et on se pose alors la question essentielle du livre : et si être heureux sur terre, c'etait savoir aimer et saisir ces courts moments ?
Au delà du communisme ,Makine s'adresse à la totalite de la condition humaine confrontée au pouvoir .
A chaque fois que je lis un livre sur la Russie , je me demande ce que les Russes ont de si particuliers pour connaître une destinée aussi tragique.
Si vous ne l'avez pas encore lu, précipitez vous , la poésie, l'émotion , l'humour, la révolte sont au rendez vous dans une langue d'un grand classissisme ,et, pour moi, d'une grande beauté.

 

Citations :

 

le premier émoi amoureux:

 

Ce n'était pas la première femme qui m'a ébloui par sa beauté, par la force patiente de son amour. Elle était la première, en tout cas, à me révéler qu'une femme aimante n'appartient plus à notre monde mais en crée un autre et y demeure , souveraine , inaccessible à la fébrile rapacité des jours qui passent.

 

Les orphelinats sous l'ère sovietique :

Mais le bonheur n'a pour échelle de mesure , que notre propre existence , riche ou déshéritée . A midi , à la fin des repas , nous avions droit à une tasse de liquide chaud où maceraient quelques lamelles de fruits séchés . La chance de tomber sur une figue transformait l'un de nous en élu , il  savourait, les yeux mi-clos, tout concentré sur le goût ineffable éclos  dans sa bouche.

 

Naïveté de la foi communiste : 


Les gens qui vivront dans la société communiste auront un autre type de conscience que nous . Les magasins seront toujours pleins et tout sera gratuit mais chacun ne prendra que ce dont il a besoin . Pourquoi accumuler si l'on peut revenir demain ?

 

Le sens même du livre :

Notre erreur fatale est de chercher des paradis pérennes . Des plaisirs qui ne s'usent pas, des attachements persistants, des caresses  à la vitalité des lianes : l'arbre meurt mais leurs entrelacs continuent à verdoyer. Cette obsession de la durée nous fait manquer tant de paradis fugaces , les seuls que nous puissions approcher au cours de notre fulgurant trajet de mortels.

 


Un sentiment que je connais bien:

Bien des années plus tard , cette vieille femme que j'avais laissée toute seule sur le petit perron de sa maison menacée deviendrait un de ces remords fidèles qui reviennent, notre vie durant , sans obtenir de pardon.

 

Le dissident :

Très tôt,  il devine que toutes les sociétés fabriquent la même espèce de créature : celles qui avec une servilité zoologique ne pensent qu'à s'alimenter, á se reproduire , à s'incliner devant la force de l'état qui les enchaîne dans des besognes décérébrantes, les assomme avec des ersatz de culture , les laisse s'entre-tuer dans des guerres.   

 

 

On en parle ....

Un peu partout mais aussi chez Cynthia que je ne connaissais pas

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 18:36

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51K7ZZ1GP5L._SL500_AA300_.jpg

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgRomain Gary a enchanté toute ma jeunesse , j'ai aimé ses livres avec passion , j'y trouvais l'aventure la réflexion sur la vie , l'humour et la tendresse.
J'ai choisi de relire "la promesse de l'aube" et j'ai immédiatement tout retrouvé , même mes souvenirs.
La vie de Romain Gary est intimement liée a son oeuvre , et sa vie est la quintessence des horreurs du 20 siècle.
Grâce à l'affection  de sa mère, il traversera toutes les épreuves comme protégé par un bouclier d'amour.
Il deviendra cet homme au destin incroyable ,lui, le petit réfugié russe élevé dans l'amour de la France .
Cela ne l'empêche pas d'ouvrir des yeux amusés et parfois tristes sur les petitesses de ce grand pays qui a bien du mal à accueillir un amour un peu encombrant.
A la relecture j'ai  été surprise des notes de désespoir qui s'y trouvent, mais il est vrai que je connais aujourd'hui  la fin de l'histoire , et le suicide de l'auteur plane maintenant sur son oeuvre .
Je sais que Romain Gary a toujours de jeunes lecteurs. Ça ne m'étonne pas car il sait embarquer son lecteur dans un roman à la fois drôle et tragique;  il sait raconter une histoire et nous faire reflechir sur la condition humaine.

 

Citations :


Grandeur et limite de l'amour maternelle:

 

Avec l'amour maternel , la vie vous fait une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours . Après cela chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur , ce ne sont plus que des condoléances . On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné.

 

Humour du fils et demesure de la fierté d'une mère:


- Tu seras ambassadeur de France , c'est ta mère qui te le dit.
Tout de même , il y a une chose qui m intrigue un peu. Pourquoi ne m'avait- elle pas fait Président de la République pendant qu'elle y était ? Peut-être y avait-il , malgré tout, chez elle , plus de reserve , plus de retenue, que je ne lui en accordais .

 

Des formules qu'on aimerait retenir:


Mais enfin , la véritable tragédie de Faust , ce n'est pas qu'il ait vendu son âme au diable. La véritable tragédie , c'est qu'il n'y a pas de Diable pour vous acheter votre âme. Il n'y a pas preneur.   

 

J 'ai rencontré des hommes comme ça:

 

J'étais donc loin de soupçonner qu'il arrive aux hommes de traverser la vie , d'occuper des postes importants et de mourir sans jamais  parvenir à se débarrasser de l'enfant tapi dans l'ombre , assoiffé d'attention , attendant jusqu'à la dernière ride une main douce qui caresserait  sa tête et une voix qui murmurerait:  "oui mon chéri , oui, Maman t aime toujours comme personne d'autre n'a jamais su t'aimer."

 

 Ne sommes pas tous comme lui?

J'ai toujours éprouvé une insurmontable répugnance à faire de la peine à autrui , ce qui doit être chez moi un signe de faiblesse et un manque de caractère .


 

Des amours compliqués et toujours autant d'humour:

Et la somme fabuleuse de cent cinquante dollars qui me fut versée me permit de faire un voyage en Suède , à la poursuite de Brigitte , que je trouvai mariée . J'essayai de

m' arranger avec le mari, mais ce garçon n'avait pas de coeur.

 

Je me demande si je n'ai pas raté l'homme de ma vie en lui parlant de Proust :

Je me contentai donc de lui caresser doucement les lèvres du bout des doigts , pour tenter d'interrompre le flot de paroles , cependant que , par un regard expressif,  je l'invitai à un  silence tendre et langoureux , au seul langage de l'âme . Elle immobilisait mes doigts dans les siens et repartait dans une dissertation sur le symbolisme de Joyce. Je compris brusquement que mon dernier quart d'heure allait être un quart d'heure littéraire  . L'ennui par la conversation et la bêtise par l'intellect sont quelque chose que je n'ai jamais pu supporter.

 

Cette belle  phrase, pour finir:


La vie est jeune . En vieillissant , elle se fait durée , elle se fait temps, elle se fait adieu.


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 20:05

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41VkjT5%2BE1L._AA278_PIkin4,BottomRight,-43,22_AA300_SH20_OU08_.jpg

 

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpgCe livre très dense de 630 pages a retenu toute mon attention.

Comme je l'ai emprunté à la bibliothèque j'ai dû me dépêcher un peu et je le regrette car c'est un livre qu'on ne peut pas avaler d'une traite.
Il s'est passé un phénomène bizarre avec ce roman si je m'obligeais à le lire vite il me lassait mais dès que je le reprenais je le trouvais passionnant.

Deux destins d'homme se croisent , l'un jeune qui vit une grave dépression et un vieil homme peintre et ancien parachutiste ayant fait trois guerres : la libération , l’Indochine et l'Algérie .
Les récits et les réflexions sur les guerres sont passionnants et bouleversants.

Le monde contemporain en particulier la banlieue lyonnaise est aussi pour l'auteur en état de guerre je trouve cela plus discutable mais je ne vis pas en banlieue. J’ai trouvé sa peinture du monde d'aujourd'hui beaucoup moins bien réussi que les passages sur les conflits du passé.


Les personnalités des anciens parachutistes sont minutieusement disséquée, on a l'impression de mieux comprendre ce qui amène les hommes à savoir se battre.

Les guerres coloniales sont une pure horreur et la défaite semblait inscrite dans la nature même du conflit. Mais c'est plus facile de le dire auojurd'hui qu'à l'époque.

Jamais un livre n'aura aussi bien fait ressortir l'horreur de la guerre et je me demande ce que pense les militaires français de ce livre.


Pour le style j'ai été un peu déçue , les répétitions sont insupportables et les relâchements vers la langue orale sans aucune justification un peu étrange.

Je pense que ce roman aurait supporté quelques coupures qui aurait allégé la lecture.

 


 

Citations :

 

 

les guerres d'aujourd'hui :

 

Les morts occidentaux étaient morts par accident, on sait qui c’était et on s'en souviendra ; les autres ne comptent pas . Il fallut le cinéma pour me l'apprendre : la destruction des corps a la machine s'accompagne d'un effacement des âmes dont on ne s’aperçoit pas . Lorsque le meurtre est sans trace le meurtre lui même disparaît ; et les fantômes s'accumulent , que l'on est incapable de reconnaître

 

Un mot que je ne connaissais pas, j'aimerais le retenir.


On lentibardane sous les platanes


 

Tuer de loin (1945)


Le pilote qui a fait ça n'a rien vu . Il a visé le char dans une mire géométrique , il a appuyé sur une touche rouge de son manche et il n'a même pas vu l'impact , il filait déjà . Grâce aux machines on peut passer plein de types dans les voitures au chalumeau. Sans l'industrie nous n'aurions pas pu tuer tant de gens, nous ne l'aurions pas supporté

 

L'humour juif

 

- dites-moi , Koloyannis, demanda enfin le colonel , vous êtes juif?
- je voyais bien que cela vous tracassait. Bien sûr , colonel; je me prénomme Salomon. Vous pensez bien que par les temps qui courent , on ne s'encombre pas d'un prénom  pareil sans de solides raisons familiales."

 

 

Je crois que c'est vrai:


Il est toujours mon ami, car nous avons fait l'école buissonnière ensemble. Ne pas aller a l'école ensemble crée bien plus de lien que d'y être allés

 

la violence et la guerre


Tout le monde veut la guerre pour simplifier.  Les nœuds ou l'on vit, on veut finalement les trancher par l'usage de la force. Avoir un ennemi est le bien le plus précieux, il nous donne un point d'appui.

Le modèle de résolution de tous les problèmes est la torgnole que l'on retourne au gamin, ou le coup de pied que l'on flanque au chien. Voilà qui soulage, A celui qui dérange , chacun rêve par la force de faire entendre raison par la force. Il ne comprend que ça

 

vision de la France aujourd'hui


La France est une façon de mourir ; la vie en France est un long dimanche qui finit mal 

 

 

Le repas du dimanche

On prend place  devant l' assiette que l'on nous a désignée. Tout le monde s'assoit devant une assiette , tout le monde a la sienne; tout le monde s'assoit avec un soupir d'aise d'aise mais ce soupir ce peut être aussi un peu de lassitude , de résignation , on ne sait jamais avec les soupirs. Personne ne manque, mais peut-être voudrait-on être ailleurs ; personne ne veut venir mais l'on serait mortifié si l'on redoute d'être exclu; être la est un ennui mais ne pas y être serait une souffrance . Alors on soupire et on mange

 

La balade du dimanche


Rien n'est moins intéressant qu'une promenade du dimanche tous ensemble. On n'avance pas; les pas s’écoulent comme des grains paresseux du temps; on fait semblant d'avancer.

 

La forêt en Indochine


On se prend les pieds dans les racines qui poussent dès la moitié du tronc, les troncs se couvrent de poils qui durcissent en épines, les épines couvrent la bordure des feuilles, les feuilles deviennent tout autre chose que des feuilles, trop cirées , trop molles , trop grandes, trop gonflées, trop cornues, c'est selon; le trop est leur seule règle. La chaleur dissout l'entendement. Des insectes zizillent en permanence , en essaims qui suivent toute source de sang chaud , ou cliquettent sur les feuilles , ou rampent , déguisés en branches. Une diversité phénoménale de vers imprègnent le sol, grouillent, et il bouge.   

 

On en parle …...


le blog de Brestéphan (est ce un hasard que pour ce livre j'ai surtout lu des articles écrits pas des hommes!)

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:10

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51fv-PmezCL._SL500_AA300_.jpg

 

 

traduit de l'anglais des États-Unis par Hanna PASCAL

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg

 

C'est un bel objet que l'on a entre les mains quand on ouvre ce livre. Le lecteur ne résiste pas au plaisir de laisser errer son regard dans les marges illustrées par des dessins au style botaniste scientifique.
 Et ce plaisir dure  les 379 pages du roman.
L histoire est à l'image de l'esprit d'un enfant surdoué de 12 ans à la fois naïve, insolente et un peu brouillonne.
Le jeune Tecumseh Sansonnet dit T.S est  un jeune prodige qui passe son temps à dessiner des cartes, les objets , les expressions de visage des adultes.
Sa famille est quelque peu originale, son père tient un ranch et parle peu , sa mère est une botaniste de talent et ne vit apparemment que pour les coléoptères. Sa sœur Gracie se dit,elle même, la seule personne normale de la famille . La mort accidentelle de Layon le petit frère a rendu la famille encore plus bizarre.
  T.S Spivet part à travers les USA et ce long trajet dans un train de marchandise lui permettra de mieux comprendre ses origines, de s'imposer au monde des adultes scientifiques et au bout de ce  voyage initiatique de  retrouver l'amour des siens.


Bien sûr, l'histoire est un peu touffue, bien sûr; la  dernière phrase est trop « happy-end »  («  Alors, j'ai poussé la porte, et je me suis avancé dans la lumière ») et puis, c'est toujours un peu agaçant que l'on prenne pour sujet un enfant surdoué, comme si l'enfance n'était pas par elle même, suffisante pour soutenir  une histoire.
Mais toutes ces critiques ne rendent pas justice au plaisir de lecture car le livre fourmille de bons moments et les illustrations sont de purs instants  de bonheur.
Une chose est sure, avec ce premier roman , Reif Larsen s'affirme comme un « étonnant voyageur » et un grand écrivain.

Citations :


le caractère de sa mère:


Le Dr Clair était le genre de mère à vouloir vous apprendre le tableau de Mendeleïev à treize ans en vous faisant manger votre bouillie, mais pas à s’inquiéter , en cette ère de terrorisme mondial et d’enlèvements d'enfants, de savoir qui vous téléphonait.

Du temps de sa glorieuse ancêtre qui voulait étudier les sciences au grand scandale des hommes de son temps:


"Il y a toujours une façon de contourner les règles institutionnelles , crois-moi, dit M. Engletorpe. Je suis devenu expert en la matière."
Le lendemain soir, il revint avec une lettre, signée d'un médecin, certifiant qu'Emma était atteinte d'une étrange maladie nommée. "Osteopélénie" ou "maladie des os sournois" qui lui interdisait de se livrer à la prière ainsi qu'à toute forme d'exercice physique. 

l'enfant du Montana découvre les États-Unis modernes :


Sous mes yeux se déployait la géographie serpentine du monde civilise : un labyrinthe de six échangeurs repartis sur trois niveaux , d'une belle et fascinante complexité et néanmoins très fonctionnel, de construction admirable , et un flot constant de voitures tournant les unes au-dessus des autres sans que leurs conducteurs paraissent conscients de la grandiose alliance de béton et de physique théorique qui les soutenait dans leur circonvolution .

Le monde d'aujourd'hui:


Chacun de ces objets avait été fabriqué dans une usine, sans doute en Chine , puis importé aux États-Unis dans un cargo piloté par un Russe renfrogné, puis acheté et jeté par un habitant de Chicago, et gisait a présent par terre , voletant dans la brise légère ( à l’exception des pneus qui ne voletaient pas).

Le regard sur le monde des adultes:


J'ai alors compris que les adultes, à la différence des enfants, étaient capables de s'accrocher à certains sentiments négatifs, même quand l'événement qui les avait suscités était passé depuis longtemps , même quand les cartes postales avaient été envoyées, les excuses présentées , et que tout le monde avait tourné la page.


Les adultes étaient des entasseurs   pathologiques de vieille émotions inutiles .



Et une phrase qui sonne bien :


La médiocrité est la moisissure de l'esprit

 

On en parle ......
Blog de Zazie





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