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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 14:57

 

 

Dominique , merci.
Et, j 'espère que mon billet va donner envie à d'autres blogueurs et blogueuses de lire cet essai.
Ok! il est un peu long mais passionnant presque de bout en bout.

Le « presque» n'est pas une critique mais décrit la nature même de cet essai.
Svetlana Alexievitch part à la recherche de témoignages de citoyens qui ont connu l'URSS et qui vivent maintenant en Russie.Il y a donc, des témoignages plus intéressants que d'autres.

 

Elle sait  écouter ses compatriotes   et on sent qu'il faut parfois du temps à ces gens   pour dévoiler ce qui les rend très malheureux.

L'auteur alterne les témoignages assez longs avec des «propos de cuisine», qui sont un peu les brèves de comptoir chez nous.

On y lit l'opinion de «Monsieur et Madame tout le monde» et que, le saucisson a longtemps été l'unité de mesure de la richesse d'un pays!
Tous ou presque sont tristes et les seuls destins moins tragiques sont ceux qui vivent à l'étranger.
On ressort bouleversé par cette lecture , car on se sent aspiré peu peu par les différentes tragédies russes.

J ai parfois été proche du malaise , car il ressort de ce livre que le pire ennemi de l'homme c'est l'homme s'il a le droit de tout faire subir à son semblable.

Comme ce tortionnaire qui se vante d'avoir fait mourir des prisonniers en leur maintenant la tête dans les seaux d'excréments.

Il se pose alors régulièrement cette question: comment vivre sereinement en Russie , puisqu'aucun tortionnaire n'a été jugé. Les victimes et les bourreaux se partagent donc les lieux de rencontre.
Je pense que cela ne doit pas être très facile à vivre.

À travers tous ces témoignages un élément ressort régulièrement, du temps de la période soviétique, l'argent n'avait pas d'importance et c'est pour tous un choc énorme d'imaginer qu'aujourd'hui, on soit jugé sur ses capacités financières.

Il y avait peu de plaisirs durant les 70 années du soviétisme, en conséquence de cela (peut-être), les joies de l'esprit -en particulier celles des textes littéraires- s'imposaient .
Les jeunes Russes d'aujourd'hui n'ont plus ce goût de lire.
Être libres, voulaient dire pour les intellectuels soviétiques, pouvoir lire ce qu'on voulait ,sauf que maintenant ils sont libre et ils ne lisent plus!

Le plus déchirant , parce ce que plus contemporain: les victimes des purges staliniennes appartiennent au passé , c'est le sort des Russes dans les nouvelle Républiques .

Les guerres contre les minorités sont horribles , tout est permis et , hélas! ça continue.
Un grand livre indispensable pour comprendre notre époque!

 

Citations:

Humour communiste:
Un communiste, c'est quelqu'un qui a lu Marx, et un anti-communiste, c'est quelqu'un qui l'a compris.

 

L 'argent:

Avant, je méprisais l'argent parce que je ne savais pas ce que c'était. Dans notre famille, on n'avait pas le droit de parler d'argent. C'était honteux. Nous avons grandi dans un pays où on peut dire que l'argent n'existait pas. Je touchais mes cent vingt roubles, comme tout le monde, et cela me suffisait. L'argent est arrivé avec la perestroïka. Avec Gaïdar. Le vrai argent. Au lieu de «Notre avenir, c'est le communisme!» il y avait partout des pancartes avec «Achetez...Achetez.....L'argent est devenu synonyme de liberté.

 

Juger Staline?

Pourquoi nous n'avons pas fait le procès de Staline? Je vais vous le dire... Pour juger Staline, il faut juger les gens de sa propre famille , des gens que l'on connaît. Ceux qui nous sont le plus proches.

 

Les gens simples:

Ils n'étaient pas tous communistes, mais ils étaient tous pour un grand pays. Les changements, ça leur faisait peur , parce qu'après tous les changements, les gens simples finissent toujours par se faire avoir.

 

Un pays conçu pour la guerre:

Notre État a toujours fonctionné sous le régime de la mobilisation , dès les premiers jours. Il n'était pas conçu pour la paix.

 

Une formule à retenir:

Le communisme , c'est comme la prohibition: l'idée est excellente mais ça ne marche pas.

 

Une famille ordinaire:

Moi , je fais partie des gens que monsieur l'oligarque envoie se faire foutre. Je viens d'une famille ordinaire: mon père est alcoolique, et m amère se crève la paillasse pour trois fois rien dans un jardin d'enfants. À leurs yeux nous sommes de la merde , du fumier.....Un jour quelqu'un me mettra obligatoirement un fusil entre les mains . Et je le prendrai.

 

L 'exil:

J ai fichu le camp aux États-Unis . Je mange des fraises en hiver. Du saucisson , il y en a autant qu'on en veut ici.

 

Les changements:

Il y en a qui ont eu le gruyère et d'autres, les trous du gruyère.

 

Les héros soviétiques à la maison:

Un héros! Pendant longtemps, il s'est pavané avec son manteau militaire, il buvait, il faisait la bringue. C'était ma grand mère qui travaillait . Lui, il était un héros.

 

On en parle ….

Chez Dominique où je l'avais noté et «entre les lignes et entre les mots» blog que j'ai trouvé chez Babelio

 

 

 

 

 

 

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 11:20

lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque , Thème littérature francophone canadienne.

Et voilà 5 coquillages sans l'ombre d'une hésitation :quel plaisir de découvrir un petit bijou de lecture qu'on a immédiatement envie de partager avec tous ceux qu'on aime. Un club de lecture, ça sert à ça : PARTAGER des plaisirs.

 

Une enfant de 11 ans  vit depuis 5 ans avec ses grands parents aimants et ses deux petites soeurs, dans un tout petit village francophone, au milieu des champs de maïs; elle doit traverser le continent Nord américain , pour retrouver sa mère .

Tout est parfait et sonne juste dans ce roman, d'abord la séparation avec les grands parents.

 L'auteur  change de point de vue à chaque fois que Rhéauna (Nana) doit se confronter à la peine d'un membre de sa famille, on suit d’abord les difficultés de la petite fille, puis en quelques pages très sobres, on comprend pourquoi l’adulte en est arrivé à vivre une vie qui semble parfois totalement absurde. Comme le mari de Bébette monstre obèse qui dégoûte profondément la petite Rhéauna.

Le grand-père sait qu'après le départ de ses petites filles qu'il aime encore plus fort que sa propre fille, il n'y aura plus que la mort comme perspective. Sa souffrance m'a beaucoup touchée.
La première halte de l'enfant, c'est chez  la petite soeur de son grand-père. La mal aimée, l'acariâtre tante révèlera son douloureux et si beau secret à la petite fille émerveillée.
Ensuite, elle retrouve Bebette et son fameux « saperlipopette », que de tristesse derrière cette personnalité exubérante !

Puis elle retrouve Ti-Lou , qui est devenue « guidoune » pour faire souffrir son tortionnaire de père.

À travers ce voyage , l’enfant va peu à peu se détacher de la déchirure qu’a représentée la séparation de son lieu d’enfance protégé par ses grands-parents et en même temps, s’attacher et aller vers sa mère .
Les trois rêves qu’elle fait dans le train sont de très beaux moments de littérature et permettent de comprendre le chemin inconscient de l’enfant qui part de la terreur pour aller vers l’indépendance et l’affection.
La chute, la fin, je ne  peux pas la raconter sans déflorer le roman, mais c’est absolument génial.

Le style fait beaucoup pour le plaisir de lecture, on ne comprend pas tous les mots mais on savoure une langue venue d’ailleurs, plus rocailleuse que le français mais qui va bien avec ce que décrit l’auteur.

PS je n'explique pas le mot "guidoune" à vous de trouver!

 

Citations :

Les mots qu’on ne connaît pas mais qu’on comprend :

Il l’embrasse à pleine bouche, cette fois en ratoureux qui n’a pas d’autre argument.

 

Les personnalité et les rôles dans les fratries :

Elle continuait de faire rire tout le monde, comme toujours, tout en faisant preuve d’une assurance étonnante. Et se montrait tranchante quand elle trouvait bon de l’être, c'est-à-dire à peu près tout le temps.

C’est ainsi qu’elle s’était transformée sans trop s’en soucier en tortionnaire de cette petite sœur qu’elle considérait davantage, à l’instar des autres membres de la famille, comme la servante de la maisonnée que comme la fille cadette des Desrosiers, Bebette commandait, Régina obéissait. Ce n’était nulle part, c’était juste une chose qu’on acceptait sans discuter. Et qui avait durer des années.

 

J’ai enfin compris l’utilité des dimunitifs :

Ils portent des noms impossibles, Althéode,Olivine,Euphrémise,Télesphore, Frida,Euclide, qu’ils font claquer à grands coups de tapes dans le dos ou entre deux embrassades.

 

La société dans les années 1900 :

En grandissant , tu vas te rendre compte qu’on vit dans un monde fait par les hommes, pour les hommes….pis souvent contre les femmes…C’est comme ça depuis la nuit des temps, on peut rien y changer, pis celles qui essayent de changer quequ’chose font rire d’elles… Elles ont beau se promener dans les rues avec des banderoles pour exiger le droit de vote par exemple, tout le monde rit d’elles…même les autres femmes. Tu comprends, on a juste trois choix, nous autres : la vieille fille ou ben la religieuse -pour moi c’est la même chose- , la mère de famille, pis la guidoune.

 

On en parle…..

Babelio en attendant de mettre des liens plus précis
 

 

 

 

 

 

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 15:05

 

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque, thème littérature canadienne française.

 

Quel livre! J'ai toujours su que je le lirai.
Toutes les personnes qui m'en avaient parlé m'en avaient donné envie.
Et puis.... le temps passait.
Si l'un ou l'une d'entre vous ne l'avez pas pas encore lu , précipitez vous. Ce livre est dans toutes le bibliothèques , j'en suis certaine.


C'est une oeuvre  autobiographique, Denise Bombardier est née  au Québec et est élevée dans une foi catholique qu'on peut  qualifier de très intense qui frise parfois l'obscurantisme et la bêtise absolue.
Pendant cette lecture, je me disais que tous les croyants devraient lire ce livre pour comprendre comment des conduites aussi absurdes qu'inquisitrices peuvent produire exactement le contraire de l'effet escompté .
Et pourtant, cette petite fille a mis toute son énergie pour devenir la plus parfaite des petites catholiques.
Seulement voilà, elle avait aussi une grande envie de vivre et de s'instruire.

Alors patatras, une injustice de plus, une remarque encore plus absurde que la précédente et d'un coup elle a tout rejeté .

Ce qui fait la force de ce témoignage , c'est qu'elle se souvient bien à quel point elle a cru et participé de tout son coeur au bourrage de crâne des sœurs qui, en plus de lui inculquer la religion catholique, l'amenaient à mépriser celles qui étaient moins en réussite qu'elle.

Ce qui est amusant c'est que l'ensemble du Québec a rejeté ces formes de religiosité ,Denis Bombardier  n'a été en somme qu'une précurseur(e) d'un mouvement beaucoup plus général d'émancipation.

 

 

Citations:

Drôle de sentiments de charité chrétienne ("les queues" sont la mauvaises élèves):

Lorsque , en préparant nos âmes, avant la confession bimensuelle, Mlle Tremblay nous demande: «Avez-vous aimé votre prochain comme vous-même?» il ne me viendrait jamais à l'esprit de me sentir coupable de mon attitude odieuse à l'endroit des pauvres «queues» . Le prochain, ce sont mes égaux, elles sont mes inférieures.

 

Les gens instruits:

 

On se méfiait des gens trop instruits.Ils faisaient peur. Seuls échappaient à cette règle les médecins, les avocats et et les prêtres, qui incarnaient les trois besoins fondamentaux du Québec d'alors: se faire soigner si l'on est vraiment malade, pouvoir se défendre si l'on est attaqué, et sauver son âme pour s'assurer une vie meilleure dans l'au-delà. C'est pourquoi Maurice Duplessis avait tant de succès auprès des foules lorsqu'il lançait sa petite phrase: «L'instruction, c'est comme la boisson forte, y en a qui ne supporte pas ça.».

 

La foi:

Mgr Léger, archevêque de Montréal , réussit à «mettre le Québec à genoux» , selon sa propre expression . Il devint la vedette du Chapelet en famille diffusé chaque soir à la radio . La cote d'écoute de l’émission battit tous les records et, en survolant le Québec à cette heure , on pouvait entendre durant quinze minutes le murmure d'un peuple entraîné par son pasteur vers le refuge sacré du sein de la Mère des mères.


 

 

On en parle...

J attends vos réactions pour mettre un lien votre blog car je n'ai rien trouvé sur Babelio.

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 12:28

Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort.

 

 

Traduit de l'anglais par Fernande DAURIAC

 

Lu grâce à la recommandation de mon libraire préféré.


J'espère qu'il n'attend pas avec impatience mon article sur Luocine car cela fait quelque temps que je le trimbale dans tous mes déplacements... Sans jamais m'y mettre , mais, lorsque je l'ai commencé, j'ai compris son enthousiasme.
C'est un livre à recommander à tous les voyageurs.
En voici le principe, à chaque fois qu'Aldous Huxley arrive dans un lieu, il nous en fait une description précise et rien que pour cela , ce livre mérite d'être lu.

Aldous Huxley n'est pas qu'un observateur c'est aussi un penseur critique sur l'organisation sociale et comme le titre l 'indique un authentique septique.

J ai savouré ses descriptions.

Celle de Bombay est très drôle l'énumération des différents style d'une ville qui a été construite entre 1860 et 1900 est inoubliable:

On passe du «style gothique vénitien» au «style ornementé français du quinzième siècle» en passant par le «style gothique du quatorzième siècle» et pour finir «le style moyenâgeux de Mr Trubshawe» et comme le rajoute Aldous Huxley avec son humour si britannique: «Mr Trubshawe resta prudemment imprécis.»
Cet auteur m'a sidéré par la modernité, la pertinence et parfois la profondeur de ses propos.
Son livre est publié en 1926, et la partie la plus intéressante et la plus longue de son voyage se situe en Indes.
Il passe ensuite en Malaisie, en Chine, au Japon, aux USA, et revient à Londres.
C'est une époque où, un Anglais aux Indes est amené à s'interroger sur la supériorité, ou la soi-disant supériorité, des valeurs du colonisateur par rapport à celles du colonisé.
Bien loin de simplifier les situations, il nous entraîne à chaque fois dans une réflexion qui nous étonne.
Je prends un exemple, il est amenée à faire une promenade à dos d’éléphant, il explique d'abord ce que représente un éléphant pour un homme important à Jaipur, puis avec un humour très britannique décrit ce mode de transport,

" au risque de paraître ingrat, je dois reconnaître que, de tous les animaux que j'aie jamais montés, l'éléphant est de beaucoup le plus inconfortable."
Suit une explication précise de l'inconfort.
Comble de l'horreur, ce jour là l’éléphant se soulage.

Une pauvre paysanne se précipite pour recueillir les excréments du royal animal.
Première remarque sur les différences de statuts

"elle nous donna du Salaam Maharaj ", nous octroyant dans sa reconnaissance le titre le plus pompeux qu'elle pût trouver"
Il continue sa réflexion et après sa gène, d'être aussi nanti, il finit par conduire sa réflexion sur l'utilité de recycler les excréments. Et voici sa conclusion:

« Notre œuvre , quand on la compare à celle des vaches et des éléphants, est remarquable . Eux, font, de façon automatique , du fumier; nous, nous le recueillons et en faisons du combustible. Il n'y a pas là matière à déprimer; il y a là de quoi être fiers. Pourtant , malgré le réconfort de la philosophie, je restai songeur.»

Trois pages de réflexions sur les excréments d'éléphant .. nous laissent un peu songeur mais très amusés également!
A son arrivé à Manille, il est sollicité par la presse, il réfléchit alors sur ce qu'est la notoriété et il se scandalise d'être plus sollicité par les journalistes parce qu'il est un écrivain déjà célèbre. Il se dit que s'il avait été un scientifique dont les recherches pourraient être très importantes pour l'avenir de l'humanité, il aurait été beaucoup moins connu.
Je me suis alors demandé ce qu'il penserait de notre époque ou une jeune femme devient célèbre pour avoir dit
"Allô quoi "!

J ai moins aimé ses descriptions et ses remarques sur les USA, pourtant ça commençait bien avec la description de la publicité pour une entreprise de pompes funèbres qui est vraiment très drôle!

 

Un livre à déguster et qui vous surprendra!


Citations:

philosophie du voyageur:

En voyage vous perdez vos convictions aussi facilement que vos lunettes, mais il est plus difficile de les remplacer.


 

Un septique:

Bien des matériaux pourraient, sans inconvénient pour personne, être laissés là où ils sont. Par exemple, ces molécules d'encre que je transporte si laborieusement de leur bouteille à la surface de mon papier.

 

La vie des colons:

En discutant avec des Européens qui vivent et travaillent en Orient, j'ai constaté que, s'ils aiment l'orient ( et c'est le cas de la plupart) , ils l'aiment toujours pour la même raison. Là , disent-ils un homme est quelqu'un: il a de l'autorité, il est considéré; il connaît tous les gens qui comptent, on le connaît . Dans son pays le même homme est perdu dans la masse, ne compte pas, n'est personne.

 

Solutions à propos de la puanteur des gens trop pauvres pour se laver:

Comme remède, Tolstoï nous suggère de puer tous ensemble. D'autres réformateurs souhaitent améliorer la situation économique pour que tout homme puisse prendre autant de bains chauds et changer de chemise aussi souvent que les privilégiés d'aujourd'hui qui ne puent pas. Personnellement, je préfère la seconde solution.

 

Valeurs humaines des Indiens :

Car les Indes ne sont pas le berceau des sentiments humanitaires. La vie d'une vache, il est vrai, y est respectée, mais non la vie d'un homme.

 

Dieu:

Le fait que les hommes ont eu sur Dieu des idées absurdes et évidemment fausses ne justifie pas notre effort pour éliminer Dieu de l'univers . Les hommes ont eu des idées absurdes et fausses sur presque tous les sujets imaginables. Ils ont cru , par exemple que la terre était plate et que le soleil tournait autour d'elle. Nous n'en concluons pas que l'astronomie n’existe pas.

 

Enfin voici ma préférée:

Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort.
Les philosophies, les civilisations qui, de loin, vous semblent bien supérieures à la vôtre, vues de près sont toutes, à leur façon , aussi désespérément Imparfaites. Apprendre cela -et cela ne s'apprend qu'en voyageant- mérite, il me semble, toute l aa peine, toute l'absence de bien-être , et tous le s frais d'un tour du monde.

 

On en parle...

on en parle peu voici un blog où j'ai trouvé un avis qui rejoint un peu le mien

Le pas grand chose

 

 

 

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:09

 

lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque

 

Encore une fois, j'ai oublié sur quel blog j'avais acquis la certitude que je lirai ce livre.

Mais lorsque la bibliothécaire, responsable de mon club de lecture (qui a enfin repris ses activités après un an d'absence),a proposé ce livre, je me suis précipitée .

Pour moi, il s'agit plus d'un roman que d'une biographie du fils schizophrène d'Albert Einstein, Eduard.
Laurent Seksik a consulté toutes les sources disponibles pour essayer de cerner au plus près les relations dans la famille Einstein.

Il est médecin et il a mis son savoir médical au service de la compréhension de la schizophrénie d'Eduard.
Mais la relation entre le père et le fils demeure du domaine de l'intime , et aucun biographe ne pourra jamais la faire comprendre complètement.
Je craignais avant la lecture que la phrase en quatrième de couverture:
«Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissés de tous, dans le plus total dénuement.» soit le fil conducteur du roman et qu'on assiste à un déboulonnage en règle de la célébrité d'Einstein.

Ce n'est absolument pas le cas.

Eduard est le fils de la première femme d'Einstein, et l'éloignement de son père est, aussi, le résultat d'un divorce très douloureux et des violences de la guerre.
Einstein a dû fuir l'Allemagne nazie en laissant tous ses biens derrière lui, il est arrivé en Amérique mais ses positions antiracistes lui ont valu la réprobation d'une grande partie des classes dirigeantes de ce pays.

L'auteur ne justifie rien , il expose des vies déchirées par l'horreur du temps et en particulier du nazisme, par le divorce et la maladie mentale.

Bien avant d'être célèbre, le couple Einstein a connu l'horreur de perdre une petite fille qu'ils avaient mis en nourrice, évidemment son épouse s'en voudra beaucoup et lui, a caché et sans doute nié, ce fait toute sa vie.
Liserl aurait-elle vécu si elle était restée près d'eux? Comment soignait-on la scarlatine à cette époque?

J'avoue avoir été plus choquée par la mort du fils de leur fils aîné , Hans-Albert qui refusera au petit Klaus les soins pour une diphtérie au nom de sa foi dans l'église scientiste !!

 

Ce livre pose cette question à tous ceux qui connaissent la maladie mentale: comment aider un schizophrène qui s'enferme dans un rejet violent de toute forme de compassion . La famille est souvent la plus mal placée pour aider le malade . Eduard semble haïr son père , alors que sans doute il aurait voulu que celui-ci s'occupe de lui.

Je pense que seule une institution faisant preuve d'humanité peut réellement aider le malade qu'il soit fils d'Einstein ou du plus parfait inconnu.

Loin de tout voyeurisme ce livre m'a bouleversée , et je le trouve d'une honnêteté admirable!

 

Citations:

Être le fils d'Einstein :

 

Peut-être que de nombreuses personnes se présentent en ce lieu en affirmant être le fils d'Einstein . Je ne leur jetterai pas la pierre. Porter un illustre patronyme peut être considéré comme une chance . On croit que la gloire rejaillira sur soi. On se trompe lourdement. Le nom d'Einstein est une charge pour le commun des mortels. Une seule personne possède les épaules assez solides pour supporter un tel fardeau: mon père. Ni mon frère ni moi n'avons la stature. Voilà la cause de mes tracas si c'est ce que vous cherchez.

 

Le lourd secret:

Liserl était le secret le mieux préservé de la légende Einstein, mieux gardé que celui des Templiers. Aucun registre n'attestera jamais de sa naissance . Nul ne se doute encore aujourd'hui, en 1930, trente ans après les faits qu'Albert et elle avaient eu et abandonné un enfant , que cette enfant était décédée. Liserl Einstein était effacée des mémoires.

 

Note d'humour (il n'y en a peu!):

 

La production a utilisé une doublure pour la fin. Finalement il n'y a pas que moi qui me dédouble. Mais moi, ce n'est jamais du cinéma.

 

La neutralité Suisse:

Nos coffres sont pleins et nous n'avons pas connu la guerre. Préférerais-tu l'inverse? La Suisse n'a jamais été en guerre. Elle n'a souhaité la défaite de personne , la victoire de personne. Qui prétendra le contraire est un menteur. Soit il te ment maintenant à toi et à tes Alliers vainqueurs, soit il a menti aux Boches pendant six ans.

 

Le courage d'Einstein et la faiblesse d'un père:

Il a eu tous les courages. Braver la Gestapo,soutenir, un des premiers, la cause des Noirs, aider à la création d'un état juif , braver le FBI, ne pas baisser l'échine, ne jamais renoncer, écrire à Roosevelt pour construire la bombe contre l'Allemagne et écrire à Roosevelt pour arrêter la bombe destinée au Japon. Soutenir les juifs opprimés par le Reich. Pétitionner. Être en première ligne. Mais aller voir son fils est au-dessus de ses forces. Il a trouvé ses limites. Seul l'univers ne connaît pas de limites.

 

Le rapport père fils:

 

Il est le père d'Eduard. Qu'est ce que cela signifie?

Les pères engendrent les fils. Mais ce sont les fils qui rendent père leur géniteur, qui font d'eux des hommes.

 

On en parle …

Dans Babelio

 

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 20:12

 

 

 

traduit de l'anglais (États-Unis) par Edit OCHS

 

Je n'ai hélas pas noté le blog ami qui m'a fait découvrir ce livre.

J 'ai beaucoup , beaucoup aimé cet essai historique.
Et tous ceux qui sont intéressés par cette période de l'histoire contemporaine seront de mon avis, du moins je le crois, tant le travail de recherche me semble sérieux .
Mais ce livre peut aussi toucher des lecteurs moins historiens .
Le journaliste écrivain Erik Larson, est passionnant car il mène un travail d'enquête parfois proche d'un feuilleton à suspens.

William E Dodd , est nommé par Roosevelt ambassadeur à Berlin en 1933, il y restera jusqu'en 1937.


C'est un professeur d'université , formé dans sa jeunesse en Allemagne . Il n'appartient pas au monde des ambassadeurs , et il sera cordialement détesté par les hommes politiques de son pays, et snobés par l'«aristocratie» du personnel des ambassades.
Position très inconfortable pour un homme intègre, qui essaie de ne se faire manipuler ni par les nazis, ni par les opposants au nazisme ,et qui pour cela aurait eu besoin d'un soutien très clair de son propre pays.
Il est accompagné à Berlin avec ses deux enfants déjà adultes.

 

Le narrateur avec force détail montre bien la prise de conscience de l'ambassadeur de ce qui se passe en Allemagne, il suit aussi le parcours de sa fille Martha.

Martha c'est une belle jeune femme , très en avance sur son temps , elle mène une vie amoureuse très libre et au début elle est séduite par les hauts dignitaires nazis.

J ai découvert , grâce à ce roman, des personnages que je ne connaissais pas Hanfstaengl dit Putzy nazi mais dissident (je ne savais pas qu'il y en avait eu), et Diels, à l'origine de la Gestapo.

Je trouve fascinant pour ce genre de lecture de croiser ce que je lis avec d'autres source sur internet.

Peu à peu, le régime Nazi va se charger d'ouvrir les yeux de Martha, un bel homme venant du régime soviétique , Boris, va lui ravir le cœur et lui donner une conscience politique pro-communiste.

Le destin de cette femme est incroyable , Martha Dodd a travaillé pour les services secrets soviétiques jusqu’à sa mort, intervenue en 1990 à Prague.

On ne peut pas dire que ce livre la rende très sympathique , elle est très agaçante , il semble qu'elle soit prête à se tromper tout le temps et à succomber à tous les hommes qui lui font la cour.

De pro-nazie elle devient pro-communiste, mais plus parce que son amant a changé . De Diels elle est passé à Boris!

 

 

Ce qui rend le livre passionnant c'est de se rendre compte que si les grandes puissances avaient été plus fermes , il aurait été sans doute possible d’empêcher le basculement du nazisme de la plus grand partie de la population allemande.

Et puis comme nous connaissons la fin, tous les aveuglements successifs des hommes politiques américains sont difficilement supportables.

Un livre facile à lire , passionnant mais qui m'a un peu plombé le moral , car c'est une période particulièrement abominable.
Il m'a rappelé le livre de l'ambassadeur Français André François-Poncet : Souvenirs d'une ambassade à Berlin, septembre 1931-octobre 1938, Paris,

 

 

Citations:

 

la rapidité du succès nazi dans l'opinion publique:

 

la «mise au pas» s'effectuait à une vitesse étonnante, même dans les milieux non directement visés par des lois spécifiques, les Allemands se plaçant de leur propre chef sous l'autorité nazie, un phénomène qui prit le nom de Selbstgleichschschaltung, ou « mise au pas volontaire....

Une étude des registres nazis a démontré que, sur un échantillon de deux cent treize dénonciations , 37% relevaient non pas d'une conviction politique sincère, mais de conflits privés, dont le déclencheur était souvent d'une insignifiance stupéfiante. Ainsi en octobre 1933, le commis d'une épicerie dénonça à la police une cliente excentrique qui s'était entêtée à réclamer ses trois pfennigs de monnaie. Le commis l'accusa de ne pas avoir payé ses impôts. Les Allemands se dénonçaient les uns les autres avec un tel entrain que les cadres supérieurs du Parti pressèrent la population de faire preuve d'un plus grand discernement concernant ms affaires à signaler à la police.

 

Le refus de voir:

De fait,Martha avait eu la même idée. "J'avais tendance à penser qu'il était juif" reconnaissait-elle; elle «considérait que son hostilité n'était suscitée que par sa conscience raciale».
Mower était effaré de voir que le monde extérieur ne saisissait pas ce qui se tramait en Allemagne . Il découvrit que son frère en était à douter de la vérité de ses reportages.

 

Et pourtant Dodd n'était pas antisémite:

Dodd croyait que son ambassade avait trop de personnel et, plus particulièrement, trop de ses membres étaient juifs.....il craignait que leur présence parmi l'équipe ne détériore les relations de l'ambassade avec Hitler...

 

discours d'Hitler après les assassinats des SA et de leur chef Röhm :

"Seule une répression féroce et sanglante pouvait étouffer dans l’œuf la révolte....Si on me demande pourquoi nous n'avons pas fait appel aux tribunaux réguliers, je répondrai : dans ces heures, je me suis trouvé responsable du destin de la nation allemande et, par conséquent, je représentais à moi seule l'autorité judiciaire suprême du peuple allemand. »

 

le culte d'Hitler:

 

Il vit la stature d'Hitler grandir en Allemagne jusqu'à devenir celle d'un dieu. Les femmes pleuraient quand il passait à proximité ; les collectionneurs de souvenirs ramassaient la terre là où il avait posé le pied.

On en parle...

dans tous les livres

et chez Aiffele

chez Dominique

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 15:37

 

 

Je suis ravie de retrouver mon blog avec ce roman qui m'a beaucoup plu.
Il a été couronné par le Goncourt des lycéens, ce prix lui va très bien: je connais, en effet, peu d'adolescents insensibles à la détermination d'Antigone.

Cette jeune femme qui reste inflexible à propos de la dignité des morts, est bouleversante , elle est le petit grain de sable qui empêche la tyrannie d'être satisfaite d'elle même.

Quelle idée merveilleuse (hélas, une idée de roman!) de vouloir monter la pièce de Jean Anouilh dans le Liban en guerre!.

L'auteur qui est journaliste,a couvert les guerres de son époque et il sait rendre compte de l'horreur des morts dans les pays où l'humanité disparaît au profit de la force armée et souvent barbare.

Il m'avait déjà convaincu en écrivant à propos de l'Irlande , «Retour à Killybegs»

Les premières pages du «quatrième mur» décrivent un tir de char, elles sont d'un réalisme incroyable , j'ai senti la mort beaucoup plus précisément que dans n'importe quelle image de film.

 

Le narrateur reprend le projet de son ami Samuel qui est juif et qui se meurt d'un cancer , il essaie de monter Antigone avec de jeunes acteurs venant des différentes composantes religieuses libanaises .

Présent lors des massacres de Sabra et Chatila, son projet théâtral est noyé dans le sang et sa raison vacille face à tant d'horreurs.
De retour en France , même l'amour de sa petite fille ne pourra le ramener aux joies simples de la vie.

Plusieurs centres d’intérêts peuvent vous conduire à vous intéresser à ce grand roman:

  • le parcours d'un gauchiste de 68

  • la difficulté d'être juif , orphelin de parents morts en déportation.

  • la guerre du Liban

  • La difficulté de se situer au-delà des haines religieuses

  • la force d'un texte théâtral

  • mais surtout les horreurs des guerres civiles et les difficultés pour les témoins de croire de nouveau à la vie.

Un livre qui fait réfléchir et qui fait écouter autrement les informations internationales , celles qui viennent de pays où les hommes se tuent sans respecter la moindre humanité pour des raisons qui semblent si futiles lorsque les années passent .

 

Citations:

 

Une phrase sur l'amitié qui m'a fait réfléchir:

La vie s'était chargée de nous disperser. Sam m'avait donné son adresse à Beyrouth, son numéro de téléphone aussi, mais je ne l'avais jamais appelé. Il existait. Pour moi, c'était suffisant. Je pensais que notre amitié se nourrissait de distance et je m'étais trompé. J'avais perdu trois ans de lui.

 

Antigone revisitée:

  • Je n'ai pas lu votre pièce mais Nabil , mon aîné l'a fait pour moi. Il m'a dit , au contraire, qu'elle était exempte de médisance. Qu'elle ne représentait ni le Prophète -prière et salut de Dieu sur lui- ni ses messagers. Qu'elle ne manquait pas de respect à ses grands compagnons. Et aussi qu'elle n'insultait pas l'islam. Qu'elle ne cachait ni nudité , ni insulte, ni autre souillure..
    - Mes fils m'ont dit que leur rôle de gardes serait d'entourer leur chef, de le protéger comme un père et de faire respecter son autorité. Ils m'ont expliqué qu'une jeune femme le défiait. Qu'à travers lui, elle narguait la loi divine et que ce calife bien guidé mettait un terme à cette arrogance.

 

 

La tragédie :

-Et moi, j'aime la leçon de tragédie que donne cette pièce, cette distance prise avec la banalité du drame. Souvenez-vous de ce que le Choeur nous apprend de la tragédie. Il dit que la tragédie, c'est propre, c'est reposant,c'est commode. Dans le drame, avec ces innocents , ces traites, ces vengeurs, cela devient compliqué de mourir. On se débat parce qu'on espère s'en sortir, c'est utilitaire, c'est ignoble . Et si l'on s'en sort pas, c'est presque un accident. Tandis c ela tragédie, c'est gratuit. C'est sans espoir. Ce sale espoir qui gâche tout . Enfin il n'y a plus rien à tenter . C'est pour les rois la tragédie.

 

On en parle:

 

Dans le blog de Krol

(Je lui avais dit que je lirai ce livre et son avis a compté dans ma détermination.)

 

et tous les 54, plus un (le mien!), avis de Babelio

 

 

 

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 15:14

 

Emprunté à la médiathèque.

J' ai beaucoup aimé Le grand  Coeur, du même auteur .

 

j 'arrive un peu tard , et je pense que, beaucoup d'entre vous êtes convaincus de la qualité de ce livre.

Mais trois raisons me poussent à mettre un article sur mon blog:

1°/ Il reste peut-être un marcheur ou une marcheuse qui n'a pas encore entendu parler de ce livre ou qui hésite à le lire, à moi de les convaincre !

2°/ Je trouve injuste de ne pas parler d'un livre qui nous a plu (nous, les blogueurs et blogueuses), sous prétexte qu'on en dit du bien partout . Nous n'avons pas qu'une fonction de découvreur. Ça arrive, et c'est bien agréable de trouver des petits chefs-d’œuvre , qui, sans nous,seraient passés inaperçus mais j'aime aussi, quand je lis sur mes blogs favoris, qu'un livre fait l'unanimité.
3° Enfin la dernière raison  me concerne. SI je tiens ce blog c'est, entre autre, pour garder une trace de presque tous les livres que j'ai lus.

Avec cinq coquillages,je dis assez que j'ai adoré ce témoignage.
Comme l'auteur, je rêve de faire ce chemin ou un autre. La marche à pied me fait du bien et j'y puise un réconfort moral qu'aucun sport ne me peut me donner.
Jean-Christophe Ruffin , décrit avec attention l'état dans lequel se trouve peu à peu le marcheur , un état de fatigue et de bien-être très particulier.

La marche permet de réfléchir , offre une vie en harmonie avec la nature et permet d'éclairer différemment les réalités du monde d'aujourd'hui
Le marcheur ne peut aller plus vite que ses pas et doit tout porter sur son dos. Il change, alors, ses priorités et ce qui était nécessaire devient très vite superflu (en particulier quand un objet pèse plus de quelques kilos).


Le regard du marcheur sur les abords des villes m'a beaucoup intéressée . Si nos anciennes cités ont encore bien des charmes, les zones d'activité artisanales et commerciales qu'il faut traverser avant d'y arriver, sont uniformément tristes que l'on se rapproche de Dinan ,Vézelay ,ou d' Aix en Provence.
On oublie ces zones quand on est touriste et en voiture, on se dépêche de regarder ailleurs , mais le piéton traverse tout d'un même pas , il ne peut pas se raconter des histoires quand c'est moche, il en profite jusqu'au bout.

Le récit de cet écrivain est plein de remarques légères et drôles sur le petit peuple des «Jaquets» , ainsi appelle-ton les pèlerins de Saint Jacques.
Un regard amusé sur l'inconfort des auberges destinées à recevoir ce petit monde qui ne veut surtout pas dépenser trop d'argent: le pèlerin est pauvre mais surtout radin.

Les chemins sont parfois beaux à couper le souffle et ces instants de magie se suffisent à eux seuls.
Il est une question à laquelle je ne répondrai pas , Pourquoi fait-on le chemin? C'est un chapitre du livre et je ne connais toujours pas la réponse.

Je pense qu'on peut marcher partout et j'aurais tendance à croire qu'on est partout mieux que sur les chemins qui mènent à Compostelle, je signe par là que je n'ai pas encore été atteinte par le virus...

 

Citations:

Difficultés du marcheur:

Sitôt levé, assommé par le manque de sommeil; il me fallait marcher jusqu'à trouver un café ouvert. Le rituel du réchaud est par trop déprimant le matin et, dans ce pays pourvu de toutes les commodités, il n'y a pas vraiment de raison de vivre comme dans les espaces désert de hautes montagnes.
Le seul problème est la contradiction qui existe entre les lieux où le camping sauvage est possible et ceux où se rencontrent des cafés.

 

L'égalité devant la marche:

Celui ou celle pour qui la ville est impitoyable, avec sa concurrence terrible, ses modèles tyranniques qui condamnent le gros, le maigre, le vieux, le laid, le pauvre, le chômeur, découvre dans la condition de pèlerin une égalité qui laisse sa chance à chacun.

 

Les régions vertes:

Il faut toujours se méfier des régions vertes. Une végétation si drue, une verdure si éclatante ne peuvent avoir qu'une origine: la pluie.

 

L'orgueil du pèlerin et le secret du chemin:

Car il est assez trivial de dire (mais plus rare d'éprouver soi-même ) que l'extrême humilité est une des voies de l'orgueil . À mesure qu'il se diminue le pèlerin se sent plus fort et même presque invincible. La toute-puissance n'est jamais loin de la plus complète ascèse. C'est en réfléchissant à cela qu'on approche peu à peu le véritable secret du Chemin, même s'il faut du temps pour le découvrir.

 

Les conduites humaine:

Je connais des bistrots à Paris où ces messieurs par ailleurs autoritaires et habitués à commander viennent s'adonner à l'heure du déjeuner au plaisir masochiste de se faire rudoyer par un patron insolent et grossier . Les coups de fouet moraux qu'il leur assène pendant le repas semblent les revigorer et leur donnent une énergie nouvelle pour tourmenter à leurs propres subordonnés.

 

Les bondieuseries:

Il est une règle qui ne souffre pas d'exception: chaque fois qu'un projet artistique est soumis à l'arbitrage d'un grand nombre, la banalité et la laideur prévalent. La collégialité, en matière artistique, c'est l'eau tiède. On peut être certain que beaucoup de gens ont été consultés pour l'érection de la statue qui orne le Monte del Gozo car il est difficile de concevoir plus laid, plus prétentieux et plus décourageant. On pourrait considérer que c'est un chef-d’œuvre, à condition de le faire concourir dans un genre bien particulier: celui du kitsch catholique.

et voici la photo ...... plus moche ce n'est pas possible!!!!

 

J'aime cette formule:

Pour le dire d'une formule qui n'est plaisante qu'en apparence: en partant pour Saint Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé.

 

On en parle ..

à sauts et à gambades (en livre lu) , le goût des livres et ….36 critiques chez Babelio

 

 

 


 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 11:07

 

Traduit de l'anglais par Judith ERTEL

Emprunté à Lourse

 

 

J'avais déjà ouvert cette BD et refermée car les dessins ne m’inspiraient pas du tout. Il a fallu l’article de Keisha et ... tous les commentaires .. .et...l’ouverture de ma médiathèque pour que je force mon peu d’appétence pour les BD.

C’est absolument génial, je vais lire la suite évidemment!

J’apprécie les BD, lorsqu’on a l’impression que le récit ne pourrait pas être raconté sous une autre forme.
Les dessins qui m’avaient rebutée au premier regard , collent complètement au récit , et font vivre intensément la vie des juifs polonais pendant la guerre.

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit donc d’Art Spiegelman, dessinateur de bandes dessinées qui fait raconter à son père Vladeck Spiederman la façon dont il a survécu à la shoa.

Les deux époques, aujourd’hui et les années de guerre en Pologne, se mêlent et tissent le récit . Au présent, ce père acariâtre rend malheureux sa seconde épouse, mais il accepte de parler à son fils qui note pour sa future BD tous les souvenirs de la tragédie de ses parents juifs polonais .

Le père visiblement a du mal à s’exprimer en anglais et la traduction rend bien ses difficultés d’expression et donne un charme fou au récit.

Le livre s’ouvre sur une citation d’Hitler: «Les juifs sont indubitablement une race mais ils ne sont pas humains»

Je ne sais pas si c’est pour cela que l’auteur a choisi de dessiner tous les juifs avec des figures de rats, les polonais sous les traits de cochons, et les allemands sous les traits de chat.

C’est très efficace et je suis certaine que cela participe au succès de sa BD .

Je me suis demandé pourquoi cette BD me faisait autant d’effet, je pense que, le fait que je sois aussi peu attirée par le genre fait que lorsqu’une BD m’intéresse cela me surprend moi-même.
Je suis aussi bluffée qu’avec une apparence de pauvreté de moyens graphiques on arrive à rendre une histoire aussi prégnante.

Enfin sa façon de nous faire découvrir un père à peu près odieux et ses difficultés de rapport avec lui rend le récit terriblement humain.
Ce n’est pas la vie d’un super héros paré de toutes les qualités style cinéma hollywoodien, pour être survivant il fallait d’abord de la chance, puis un sens de la débrouillardise hors du commun.

Un grand moment de découverte pour moi, et je suis d’accord avec vos commentaires lu sur le blog de Keisha oui c’est bien de la littérature


 

 

 

Citations :

La façon de parler de son père:

Quand j’étais jeune, tout seul je pouvais faire ces choses. Maintenant, chéri, ton aide j’ai besoin pour la gouttière.

 

Rapport père fils:

La barbe ! Il veut que j’aille l’aider à réparer son toit ou j’sais pas quoi . Merde, même quand j’étais petit je détestais l’aider quand il bricolait. Il adorait montrer qu’il était adroit ...Et me faire sentir que moi je n’étais qu’un empoté. Il m’a rendu phobique au bricolage.

 

Pudeur et tragédie:

Après , quand je suis rentré à Sosnowiek on leur a envoyé des colis…

Un temps ça a été plus facile pour nous. Alors très heureux ils étaient et ils nous ont écrit comme ça les aidait

.. Et puis ils ont écrit que les allemands gardaient les colis.

Et puis ils ont arrêté d’écrire. C’était fini.

 

 

 

On en parle ...

Par exemple MIMIPINSON , il y a , à ce jour,101 critiques plus une(la mienne!)chez Babelio

 

 

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 11:01

 

 

 

 

 

 

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Adélaïde Pralon

 

 

 

Il est des livres qui touchent profondément alors qu’ils se veulent légers. Ce sont sans aucun doute mes livres préférés.

« Les fiancé d’Odessa » raconte les difficultés d’une femme belle et intelligente qui veut sortir à tout prix de son pays où la vie est trop difficile.

Du côté anecdotique, il y a  une histoire d’amour très compliquée : son cœur et son corps palpitent pour le chef de la mafia locale, son patron David est loin de la laisser indifférente, et elle épousera Tristan, l’Américain homme d’entretien dans une école, qui lui a permis de fuir Odessa.

La situation décrite à Odessa date des années 90, c’est la misère et la corruption généralisée.

Mais pour autant, l’Ukraine est un pays de culture et ne ressemble pas à l’idée que s’en font les Américains de base représentés par Tristan et ses amis.

L’écrivaine décrit avec une grande finesse la contradiction entre l’attachement à Odessa et l’aspiration à un ailleurs : « le fameux rêve américain ».

Autant si ce rêve est fondé sur une volonté d’entreprendre, il peut, sans doute devenir réalité, mais s’il est fondé sur un mariage, les dés sont immédiatement pipés. On pense au film « je vous trouve très beau » d’Isabelle Mergault avec Michel Blanc, moins le Happy end .

Janet Skeslien Charles, a vécu à Odessa et elle parle le russe. Elle a connu le travail à plein temps pour 25 dollars par mois, et elle a côtoyé, ces belles jeunes femmes ukrainiennes prêtes à tout pour vivre autre chose qu’un quotidien sans futur possible.

Pour une fois, quelqu’un se donne la peine de mettre en scène ce désir de partir  tout en maniant l’humour , car je le redis c’est un roman drôle plein de scènes qui font sourire.

C’était encore plus simple pour cette écrivaine de décrire la déception de ces femmes une fois arrivées aux USA , évidemment le rêve américain ne correspond pas à celui d’une femme cultivée qui rêve d’épanouissement personnel et culturel.
L homme qui est venu les chercher de si loin, et qui a dépensé tant d’argent pour cela, est d’abord venu chercher une femme soumise qui sera reconnaissante de la bonne action qu’il a faite pour elle.

Je sais que le ton sérieux de mon billet ne correspond pas à l’ambiance du livre, alors comme Keisha  , Aifelle , et bien d'autres.. lisez le  car en plus vous amuserez

 

Citations :

humour :

  •  Les hommes ukrainiens sont souvent paresseux, alcooliques et violents...
    "Pourquoi refuser de sortir avec un beau jeune homme?
    - Tu veux dire le roi de l'excroquerie, un chef de la mafia et sûrement aussi un assassin?
    - Personne n'est parfait. Au moins, il ne fu
    me pas."
 
  • L'embauche en Ukraine d'une secrétaire par un patron étranger:

Insinuait-il que j’étais embauchée.

Il m avait fait alors un clin d’œil avant d’ajouter :

  • Bien sûr , coucher avec moi reste l'aspect le plus agréable du travail!

 

 

La vie sous le régime soviétique :

En théorie, le régime dispensait des soins médicaux gratuits. En réalité, les choses étaient légèrement différentes. Pas de cadeau, pas de traitement. Pas de présent, pas d’avenir.

 

Scène qui en dit long sur la pauvreté dans les années 90:

 

Quatre soldats décharnés , qui ne devaient pas avoir plus de dix neuf ans, vêtus d’uniformes gris trois fois trop grands, s’approchèrent de nous.

  • S’il vous plaît, rien qu’un morceau de pain.

Je vidai mon stock de bonbons et de pommes. J'en avais toujours sur moi parce qu’à Odessa, il fallait toujours avoir de quoi surmonter les barrières. J'appelais ça la redevance, Jane la corruption . Mais elle apprit bien vite qu’une boîte de chocolat ouvrait les portes plus facilement qu un long débat.

  • Merci , Mademoiselle !

Les Israéliens étaient choqués. Je leur expliquai que tous les jeunes hommes, sauf ceux qui payaient très cher pour être déclarés « médicalement inaptes », étaient appelés sous les drapeaux. Malheureusement, l’armée n’arrivait pas à nourrir ses recrues . La pauvreté était un vrai problème.

 

Les motivations des femmes dans les agences en Ukraine :

 

Elles étaient convaincues que les Américains étaient plus riches, plus gentils que les hommes d’ici et supérieurs dans tous les domaines. Il fallait le reconnaître, nos machos infidèles, fainéants et alcooliques ne soutenaient pas la comparaison.

 

Premières impressions à propos de l’Amérique :

J'aimais l’Amérique. Ses rues larges et propres. Ses grandes maisons en bois érigées au milieu d’irréprochables pelouses vertes. Les variétés des produits d’entretien. J’aimais vivre dans un pays où personne ne volait les ampoules électriques des couloirs, où les ascenseurs ne sentaient pas l’urine , où la poussière ne couvrait ni mes chaussures, ni les rues, ni les trottoirs, ni les immeubles ;

 

 

En Amérique, les habitations étaient individuelles. Les habitants aussi. Tout était personnalisé. Même les plaques d’immatriculation portaient des messages allant de  Vive Les Pakers  sur une jeep, à Merci Papa sur un cabriolet rouge. Les Américains n’avaient pas tous les cœur sur la main, mais ils portaient tous leur logos sur le cœur. Nike.Coke.Pepsi . Le drapeau flottait partout, sur les pulls, sur les voitures, devant les maisons et dans les lieux publics. A Odessa, personne n’aurait jamais porté le drapeau ukrainien. Jamais de la vie.

 

Propos d’accueil de la famille de son mari :

 

Tu as de la chance de passer si facilement de la misère à la richesse, dit-elle. Toutes les femmes de ton pays rêvent de vivre aux Etats-Unis. J’espère que tu n’oublieras pas ce que cette famille a fait pour toi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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