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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 18:13

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100x66-c[1]La quatrième de couverture vous le dit, le style de Saphia Azzedine  « virevoltant est irrésistible ».
C’est vrai, ce petit roman est  un bon moment de drôlerie dans la droite file des « intouchables » il montre qu’une certaine forme d’énergie vient de la banlieue qui ne s’embarrasse pas des codes pour réussir.

Dans le genre : « il n’y a que ton énergie pour te sortir de la médiocrité », les adolescents des banlieues n’ont pas beaucoup le choix : ils doivent tout donner pour s’en sortir.

Paul, finalement a cette chance d’avoir un père affectueux et présent, bien sûr il fait des ménages mais il aime son fils et c’est réciproque alors peu importe finalement que Polo n’arrive pas à l’admirer.

 

Bien sûr ce n’est pas un « grand » roman mais en plein mois de novembre avec ces journées qui se terminent à 5 heures et les informations toujours aussi réjouissantes, rire ça fait du bien.

Et Saphia Azzedine, elle a ce talent faire rire de tout ou presque .

 

Citations :

J’apprenais qu’un homme pouvait prendre quatre cents pages pour dire à une femme qu’il l’aime. Quatre cents pages avant le premier baiser, trois cents  avant une caresse, deux cents pour oser la regarder, cent pour se l’avouer. À l’heure où on envoie des textos  quand on a envie d e baiser, je trouvais ça prodigieux, vertigineux, fou, démesuré, extravagant, insensé, grandiose…..

 

Je trimballe le chariot de produits jusque dans les toilettes hommes et il me vient une drôle de pensée en voyant ce qui m’attend. Je me dis qu’un homme a beau employer des mots dédaigneux, arrogants, supérieurs et transcendants, il ne sait toujours pas viser dans le trou.

 

Parfois on regarde les infos le soir sur la une et mon père commente chaque nouvelle. Comme tous les gens qui n’ont pas d’avis, il la ramène sans cesse sur des sujets trop grands pour lui.

 

Ma mère est une fan du fait divers sanglant. "un homme achève sa femme à la hache et dévore son foie avec des aromates."

Elle n’est jamais rassasiée, toujours en manque d’émotion. Car un pédophile qui viole un enfant ça l’émeut aux larmes. Heureusement, il y a de nouveaux cas tous les jours. Il y a de quoi faire avec les pédophiles.

 

 

Elle ne méritait pas mieux, elle n’avait qu’à pas croire un homme marié. Ce sont les plus grands menteurs de la galaxie, tout le monde le sait. Ils n’ont pas le choix, ils sont mariés.

 

De toute façon, les gros bolides c'est bien connu c'est pour les cons. Le bruit du moteur sert souvent à camoufler le courant d'air qu'ils ont dans la tête

 

 

-         Oui. Mais, j'veux dire, quand t'es blond tu veux être brun, et quand t'es brun, tu veux être blond.
- c'est vrai...
- Et c'est pareil pour un tas d'autre choses hein! L'être humain, il sera jamais content. Il veut toujours le contraire de qu'est-ce qu'il a.
- Sauf quand on est riche et beau, on veut rarement devenir pauvre et moche.

 

C’est exactement ce que je déteste chez l’être humain en général et chez mon père en particulier. Cette obscène habitude de tout rapporter au cul, pour faire une blague quoi…. ça va graduellement : plus c’est graveleux, plus ça glousse vicieusement. C’est culturel, on parle de cul pour un oui ou pour un non, ça va de pair avec l’arriération de ma populace. Mon oncle, cousins et grand pères font la même chose le dimanche et moi ça me donne la nausée.

 

 

Fêter un mariage c’est aussi con que de fêter une entrée en guerre. Comme si on voulait faire passer la pilule avec de la crème chantilly histoire que l’enculade soit moins vive.

 

 

On en parle …

Chez lo

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 19:36

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Club de Lecture

 

100x66-c[1]Si jamais l’envie vous prend d’acheter une maison bien tranquille, au fond des bois, dans la campagne profonde, lisez auparavant ce très court roman et vous serez à tout jamais dégoûté de la tranquillité, et des réveils au chant du coq !!

Dans ce texte de 100 pages, le lecteur se perdra dans une forêt en Malaisie, évitera de peu un accident en téléphérique, mais surtout sera pris à la gorge par l’ennui hostile qui se dégage de la maison d’enfance en peine campagne, où aucun des 6 enfants  n’a été heureux. Quel soulagement à la dernière ligne quand le personnage  y mettra finalement le feu.

J’avais tellement aimé « Mon couronnement » que j’ai choisi sans l’ombre d’une hésitation celui-ci dans la liste du club de lecture. Je dois avouer ma déception.

Je ne vois pas trop l’intérêt de ce livre à part la difficulté de vivre à la campagne, mais bon, ça ne fait pas un roman même si je suis bien d’accord, rappelez vous la citation de Céline :


Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui mènent nulle part..

 

 La famille à la destinée tragique ne m’a guère passionnée. Bref c’est un livre sur l’ennui, avec un personnage central peu accroché à la vie.
Du coup je n’y suis ennuyée et je n’ai pas accroché!

 

Citations :

Quoiqu’il présentât outre ses costumes bien coupés, certaines des caractéristiques qu’on se figure représentatives du diplomate, mains fines, impeccable chevelure argentée et pondération courtoise pouvant, ou non, dissimuler quelque vive intelligence.

 

André Girard semblait penser que les jeunes médecins d’un seul regard, menaient votre vieille carcasse droit à la tombe de la même façon que les jeunes garagistes, d’un seul regard, expédiaient votre vieille guimbarde à la casse.

 

Neuf mois de gestation, rendez-vous compte. Après quoi l’enfant tue l’actrice, ou bien c’est l’actrice qui tue l’enfant. Rien ne pousse à l’ombre des acteurs.

 

 

On en parle ….

Les chroniques d’histoires d’en lire

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 18:27

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img197.imageshack.us/img197/3459/dsc00723320x200.jpg J’ai fait un petit tour dans ma bibliothèque préféré et je suis tombé sur ce livre. J’ai immédiatement pensé à Krol et sa grande sensibilité à cette maladie.

Déjà elle m’a fait découvrir Rides, j’aurais envie de trouver des mots consolateurs pour elle.

Mais voilà je ne sais pas.

Sauf lui dire qu’elle a raison ce livre est beau et finalement pas si triste que ça.

C’est une belle histoire d’amour qui se finit tendrement malgré la maladie. Mais il faut aussi dire qu’il faut des moyens financiers énormes pour que la fin d’un être atteint d’Alzheimer soit à peu près correcte.

Des moyens personnels qui ne suffiront pas, la prise en charge par la collectivité a un coût qui me fait toujours me demander jusqu’à quand pourrons-nous supporter de telles charges financières. Car sinon, c’est l’horreur des centres où on parque des malades impuissants et dépendants.

J’ai beaucoup aimé la façon dont elle raconte son aventure à Madagascar, loin d’être accueillie à bras ouverts, elle sera obligée de fuir ce pays en but à l’hostilité de la population..
On se dit que la France n’accueille peut-être pas si mal les étrangers.

Mais ce n’est pas le propos. L’important c’est la façon dont elle décrit la souffrance du malade et la difficulté de la prise en charge.

Je pense que toutes les personnes qui ont été confrontées à cette maladie retrouveront dans cet essai une partie de leur difficile chemin vers une mort qu’ils espèrent la plus digne possible.

 

 

Citations :

Les statisticiens aussi y sont allés de leurs élucubrations et prédictions socioculturelles, pour nous prouver que plus notre niveau de culture et de diplôme est élevé, moins on est « sujet à risque ». Que les intellectuels se rassurent, ils sont équipés d’un « réservoir cognitif » bien garni qui leur permettra de mieux résister aux attaques de la maladie d’Alzheimer. Ex-docteurs ès lettres, ex-ingénieurs, ex-avocats ou ex-diplômés de tous bords que j’ai côtoyés au centre d’accueil de jour, comment avez-vous pu dilapider ainsi votre « réserve cognitive » Immunitaire ?

 

 

Autre paradigme saisissant, énoncé dans une émission de télévision avec une véhémente componction par un neurologue patenté, « le cerveau vieillit bien si l’on n’est pas malade ». Je suppose que le foie aussi s’il n’a pas de cirrhose, tout comme l’oreille, si elle ne devient pas sourde.

 

On en parle …

Chez Krol bien sur

 

et Brize que je viens de découvrir dans le monde des blogs littéraire

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 20:12

 

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Je savais que je lirai le livre de Dany Laferrière sur le tremblement de terre à Haïti, j’avais tellement apprécié « l’énigme du retour », je n’étais pas pressée car évidemment, je ne m’attendais pas à un livre d’actualité.


Son livre est réussi, d’abord parce qu’il aide à comprendre   ce que peut être une catastrophe de cette ampleur. Pour moi, les mots sont plus forts que les images, et je regarde de moins en moins les actualités à la télévision, je trouve que ça nivelle tout et qu’on perd tout sens critique.
Le livre de Dany Laferrière restera donc le témoignage de ce qui s’est passé le 12 janvier 2010 à  16 heures 53. Heure à partir de laquelle « notre mémoire tremble » nous dit-il avec cet art de dire les choses les plus graves sans pour autant larmoyer.


On retrouve à travers sa déambulation pour savoir si les siens sont encore en vie, la société Haïtienne dans toute sa variété. Sa famille,ses amis toujours occupés à résoudre les problèmes du quotidien. Par exemple : savoir choisir un pneu pour qu'il dure au pire une journée au mieux une semaine!

On y retrouve la passion de l’auteur pour les artistes de son pays, son mépris pour ceux qui veulent réduire Haïti aux rites vaudou, beaucoup de remarques très intéressantes sur la façon de traverser une catastrophe comme ce photographe qui mitraille l’horreur sans trop se poser de questions.
Dany Laferrière sait faire aimer son pays et ses habitants, et lorsque j’ai senti l’humour poindre dans son texte, j’ai pensé que la vie reprenait  ses droits :


« Un seul endroit a été épargné : le jardin dans lequel on s’est retrouvé maintes fois pour discuter de Tolstoï, de Joyce ou de Dieu (Frankétienne ne s’embarrasse pas du menu fretin). »

 

Citations :

Dans les chambres d’hôtel souvent exiguës, l’ennemi c’est le téléviseur. On se met toujours en face de lui. Il a foncé droit sur nous. Beaucoup l’ont reçu sur la tête.

 

Toujours impeccable dans leurs uniformes, les employés de l’hôtel n’ont pas perdu leur sang-froid…..C’est peut-être le fait d’avoir une fonction à remplir qui leur permet de marcher droit.

 

Le séisme s’est donc attaqué au dur, au solide, à tout ce qui pouvait lui résister. Le béton est tombé. La fleur a survécu.

 

Je ne savais pas que soixante seconde pouvaient durer aussi longtemps. Et qu’une nuit pouvait n’avoir plus de fin.

 

On en parle ….

Les coups de cœur de Géraldine

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:54

 

 

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Club de lecture bibliothèque de Dinard

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img197.imageshack.us/img197/3459/dsc00723320x200.jpg Moment absolument délicieux mais ambiguë : la première année de retraite après une vie active bien remplie.
L’auteur Fanny Chesnel, malgré sa petite trentaine, a su croquer ce moment si particulier. Sa jeunesse a entraîné son roman  dans une histoire d’amour torride,  peu crédible, qui m’a un peu gênée et puis finalement j’ai tellement bien ri que je me suis dit pourquoi pas ?

Caroline part à la retraite, avec comme cadeau de la part de ses filles, un abonnement au club du « Nouvel âge », club qui permet aux retraités de pratiquer toutes sortes d’activités.

Chacune des activités est l’occasion d’un moment d’humour et de tendresse vis-à-vis des personnes oisives qui jouent à s’occuper.

La séance d’œnologie où tout le groupe finit bien éméché est très drôle, la marche où les quelques hommes comparent leur matériel High Tech m’a fait penser à mon activité du mercredi, la séance de poterie m’a fait sourire.
Mais j’ai vraiment éclaté de rire quand Caroline se méprend sur le contenu de la petite boîte de bonbons à la violette. Elle envoie son trop jeune amant dans le magasin spécialisé en bonbons de qualité  pour trouver les dites petites boites alors qu’il y avait stocké un paradis plus artificiel. Le quiproquo est bien raconté : la gêne du vendeur et de Julien son  amant, sa propre naïveté et son obstination à bien faire !

Tout ce que l’auteur a saisi  des différences de générations est amusant, comme cette jeune  esthéticienne qui lors d’une séance d’épilation dit très fort dans le salon : « Je vous dégage l’anus, ou on reste sur quelque chose de plus sobre ? ».

Comme l’a dit une femme du club de lecture de Dinard, c’est  un roman qui vous fait éclater de rire. C’est rare, rien que pour cela lisez-le cet été et offrez-le à toutes les femmes qui partent à la retraite.
Je ne suis pas sure qu’il fasse autant rire les jeunes générations.

(Je parie qu’on tirera un mauvais film à la française de ce livre !)

 

 

Citations :

 

Un bon retraité est un retraité en bonne santé. La plupart d’entre nous portent des montres High Tech- cadeau de Noël de leurs enfants en mal d’idées originales probablement – qui mesurent leur poids, leurs dépenses caloriques, leur vitesse, et qui font même GPS.

 

 À présent, je vais finir mon ouvrage et essayer de trouver ça mignon. C’est le mot que tout le monde employait d’ailleurs quand je me baladais avec les colliers de nouilles que les filles me confectionnaient. Le fait maison n’est pas noté pareil, tout est dans l’intention. Au nom de toutes les croûtes qu’elles m’ont offertes, je revendique le droit à la vengeance. Tiens, je vais de ce pas leur confectionner à chacune un joli petit paquet et hop : une coupelle apéro en terre cuite et un cendrier informe. Qu’elles s’estiment heureuses encore. Si j’étais vraiment méchante, je soudoierai Sylvianne pour qu’elle leur lègue son amphore !

 

 

On en parle …..

Cuneipage

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 21:26

 

 

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http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg Il faut d’abord que j’avoue que je suis une inconditionnelle de Tonino Benaquista. C’est un auteur qui me rend heureuse et qui me fait aimer l’humanité.
Quelque soit son sujet, il  traite  toujours avec un profond respect les êtres humains, hommes ou femmes, pourvu que du haut d’une quelconque supériorité, ils ne cherchent pas à mépriser un plus faible.
Nous voici donc dans un club d’un nouveau genre, un club d’hommes racontant leurs déboires avec les femmes.
 Et nous allons suivre plus particulièrement  l’aventure de trois personnages :

- Denis Benitez, un barman qui se croit victime d’un complot de femmes contre son pouvoir de séduction,

- Yves Lehaleur qui oubliera l’infidélité de sa femme grâce aux talents des prostituées,

- Philippe Saint-Jean (Philippe Grosjean de son vrai nom !!…  ça rappelle un autre roman du même auteur)  l’intellectuel parisien qui séduira  un top modèle (tiens tiens, toute ressemblance avec des personnages existant sont-ils vraiment de pures coïncidences ?).

 

L’amour donc, sous toutes ses formes, et en la matière, il en a de l’imagination (ou de l’expérience !) Tonino Bénaquista.

Le moment qui m’a fait beaucoup  rire, c’est lorsque Yves Lehaleur utilise les services d'une prostituée  polonaise qui ne parle pas un mot de Français.

Je ne sais pas si c’est vraiment du Polonais mais l’effet est irrésistible :


-         Outside.

-          Outside ?

 Elle le toisa avec une lueur de doute et craignit un plan scabreux. elle en avait trop subi pour ne pas redouter l’imagination perverse du client.

-         Wher, outside ? Ja nie moge sobie pozwolié na chryje z policjantami !

Il devina le dépravé qu’elle voyait en lui, et la rassura d’un mot qu’il pensait universel :

-         Pique-nique.

 

Je trouve un peu plus faible, la fin du roman, en particulier quand Yves Lehaleur offre à toutes les prostituées qu’il a connues, le moyen de refaire leur vie plus agréablement.

Mais peu importe, on passe un bon moment avec ce livre qui se moque gentiment des travers de notre société.

Le sujet (l’amour vu du côté des hommes),  traité avec beaucoup d’humour et le regard très pertinent de cet écrivain  sur nos comportements, donnent toute sa saveur à ce roman.

J’ai essayé d’en rendre compte à travers les citations que j’ai choisies.

 

Citations :

Se retrouver dans une salle de classe lui rappelait les rares examens qu’il avait subis – jadis, quelqu’un avait coché la case « vie active » dans son dossier scolaire, et ses parents, depuis toujours dans la vie active, n’avaient pas protesté.

 

Chez les grands bourgeois, on prenait l’adultère pour un mal nécessaire, à ranger dans le même tiroir que les maladies vénériennes : ça tombait tôt ou tard, mais ça se soignait.

 

En outre, posséder une voiture aurait été antirationnel, non écologique, et pour tout dire, vulgaire.

 

Il lui suffisait de lire « Saint Pierre juste vapeur et son buisson de cresson 45€ » pour lui donner envie de rôtir en broche le cuisinier, avec une pomme dans la bouche.

 

Ces lèvres pulpeuses, mais si fines aux commissures, ne lui servaient ni à parler ni à se nourrir ni à embrasser, mais à sourire aux hommes de bonnes volonté.

 

Il remercia le ciel de lui laisser le cœur en paix et la queue vagabonde.

 

Après la crânerie, puis l’agacement, vint l’amertume ; jamais il n’avait été si populaire qu’en étant le contraire de lui-même.

 

 

À l’inverse, ce Grégoire, qui redoutait tant de se lier à une femme, non parce qu’elle se prostituait, mais parce qu’elle était grosse, résumait à lui seul une époque décadente où les interdits et les tabous n’étaient plus dictés par la morale mais par les impératifs du profit et la hantise d’un ridicule médiatique.

 

 

  On en parle ....

au Fauteuil Club Sandwich

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:24

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club de lecture

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img197.imageshack.us/img197/3459/dsc00723320x200.jpg Lors de notre dernière réunion du club de lecture, j’ai senti un enthousiasme très fort pour cet auteur, et j’ai donc lu le roman auquel les lectrices avaient accordé un grand coup de cœur la dernière fois.

Je comprends bien le plaisir de lire un roman facile à lire qui surfe sur les sombres réalités de la guerre 14/18 et la vie intellectuelle de cette époque, mais je reste plus réservée sur les qualités de ce roman.
Il est vrai que « Retour parmi les hommes » ne manquent pas d’attraits : Philippe Besson décrit très bien  la beauté du sentiment amoureux, et la finesse des rapports entre homosexuels. C’est très finement et précisément évoqué, on se laisse porter et on ressent bien ses joies et ses tristesses et comme la Mort est présente à toutes les pages, le tragique nous touche.

Pour tout le reste du roman, c’est comme une succession  d’images rapides sur l’ensemble d’une société et du monde, un condensé du « Voyage au bout de la nuit » sans le talent de Céline. On suit un périple en Afrique en Amérique et on revient en France.

Tout est rapidement évoqué, le colonialisme au Liban, l’arrivée des émigrants à Ellis Island, la réussite américaine, l’étroitesse d’esprit des gens d’une famille « coinçoss » du XVI° arrondissement, la condamnation de l’homosexualité, Radiguet, Cocteau…

Le talent de cet auteur, c’est de tout évoquer sans s’appesantir sur rien, et donc faire appel à nos souvenirs littéraires pour combler ce qu’il ne nous raconte pas.

 Ça marche assez bien, il est vrai que les romans fleuves des grands familles Bourgeoises, des Boussardel au Thibault (je les ais à peu près tous supprimés de ma bibliothèque : c’est illisible aujourd’hui) racontent bien les étroitesses d’esprit de cette époque, Philippe Besson n’y consacre que quelques lignes.

Les avoir lus me permet de comprendre immédiatement ce genre de formules « Ma mère, confite dans le souvenir, n’a touché à rien », immédiatement je plante le décor de cet appartement aux tentures trop lourdes,  aux meubles signés renfermant des secrets de famille qui ont tant fait  souffrir les enfants.

J’espère ne choquer personne (en particulier pas mes amies qui ont parlé de chef d’œuvre à propos de ce livre) en disant qu’on retrouve dans ce roman la marque du zapping de notre époque, un style  allusif et complice mais où  souvent le cliché sert de réflexion.

Tout est en séduction mais, il manque un réel travail à la  fois sur le fond et très certainement sur le style. Je rejoins le commentaire que j’ai mis en lien.

Moi aussi j’oublierai ce livre assez vite avec lequel j’ai passé un bon moment.

 

Citations :


Je veux bien admettre que la mer peut rendre fou. Que cette étendue dont tout à coup on n’envisage plus la fin peut faire perdre la raison ? Cette immensité a quelque chose d’effrayant car, paradoxalement, elle procure la sensation d’enfermement.

 

(Ma mère) Elle dit : « quand je serai morte, ceci te reviendra. ». Je regarde autour et je ne vois qu’un tombeau, une poussière délicate sur les meubles, une nostalgie qui pue et je rêve  de tout raser. Elle ajoute : «  J’ai tout gardé pour toi. J’ai tenu notre rang. » Et cet entêtement à conserver des privilèges, à ne rien partager pour ne pas être entamé, à entretenir l’illusion de la grandeur me paraît abjecte.

 

Renouer avec mes obligations d e fils, mon oisiveté d’héritier, ma dégoûtante aisance de riche. Entamer des conversations avec ma mère à propos du temps qu’il fait, de la médiocrité des domestiques, des rumeurs du faubourg.

 

On en parle ….


From The Avenue

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 13:02

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100x66-c[1]Je me rends compte que je n’ai pas fait d’article pour « Les Adieux à la Reine » que j’ai vraiment adorée de la même auteure (pardon, Anne, je sais que tu aimerais que j’écrive  auteur !)

« Le testament d’Olympe » est un roman en deux parties, ce qui permet à Chantal Thomas de balayer l’ensemble de la société sous Louis XV, l’enfance d’Olympe se passe à Bordeaux dans une famille bien née mais très pauvre, misérable même, car le père refuse de travailler pour d’obscures raisons religieuses. C’est Apolline qui raconte la vie d’Ursule sa sœur ainée qui deviendra Olympe. À la mort de cette dernière, elle  retrouve son cahier. Olympe vient de mourir dans l’extrême misère après avoir été la maîtresse du roi  grâce au duc de  Richelieu, gouverneur d’Aquitaine.

La deuxième partie c’est, donc, la vie d’une favorite du roi Louis XV.

J’ai beaucoup aimé la première partie moins la seconde, c’est tellement sordide de voir les hommes les plus puissants du royaume satisfaire tous leurs plaisirs alors que la majorité de la population ne connaît que  la misère, la faim la maladie, la mort.
Il faut reconnaître que la maladie touche aussi les riches, leur fin est moins sordide, mais ils meurent aussi beaucoup.
J’ai pensé en lisant ce roman (les mêmes faits sont d’ailleurs évoqués : les enlèvements d’enfants pour assouvir les plaisirs sexuels des seigneurs libertins à « la marche rouge» de Marion Sigaut », étude intéressante mais absolument insoutenable car très bien documentée).


J’ai trouvé passionnant dans ce roman, la description de  l’emprise de la religion du haut en bas de la société, le moins croyant c’est sans doute le duc de Richelieu .

le Roi,lui-même, est hanté par le péché ce qui ne l’empêche pas de se livrer à tous ses plaisirs et d’être d’une cruauté absolue quand il veut se débarrasser de quelqu’un. Le XVIII° siècle français décrit dans ce roman ne méritent guère l’appellation  « siècle des lumières » mais plutôt celui des obscurantistes religieux, des injustices et du malheur absolu d'être une femme.

 

 

Citations :

 

Il était une chose qu’il honnissait en particulier et dont il se préservait davantage que de la peste : le travail, malédiction originelle, penchant ignoble péché d’orgueil et de désespoir. Il fallait être bien prétentieux par rapport au pouvoir de la Nature pour oser se targuer d’en obtenir davantage que ce qu’elle nous offrait, et bien méfiant par rapport à Dieu pour ne pa s s’en remettre, dans l’insouciance à son parfait Amour. « Est-il ou n’est-il pas notre Père ? » proférait mon père en levant vers le plafond cloqué d’humidité de la cuisine.

 

Nous étions entourés de laborieux de toutes espèces, de gens qui, manifestement, doutaient de la main de Dieu

 

Je fus longtemps malade, sans doute gravement, puisque la cérémonie de ma première communion se joignit à celle de l’extrême-onction. C’était chose banale à Notre-Dame-de-la –Miséricorde, comme dans tous les couvents, où mouraient en grand nombre, surtout les premiers mois de leur séjour, les pensionnaires,-mais nulle part autant qu’à Saint-Cyr, véritable mouroir de petites filles.

 

Le sujet parfait est l’homme qui jouit de se ruiner pour une femme qui lui refuse tout.

 

Ce qui me répugne le plus chez Voltaire, ce n’est pas le traitre, ce n’est pas le philosophe athée-encore que les libres penseurs me fassent horreur-, c’est le vil courtisan, le flatteur. Si je pouvais lui retirer sa charge d’historiographe du royaume, pour laquelle je le paie deux mille livres par an, sans que mon geste provoque une affaire d’Etat je le ferais …

 

On en parle…

Ma librairie

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 10:28

 

 

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Club de lecture

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg J’ai lu et je lirai tous les livres de cette auteure, depuis  « la Place ». Ils sont tous  dans ma bibliothèque, je les relis et surtout j’y pense souvent. Je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui sache aussi bien expliquer le changement de condition sociale qui accompagne la réussite scolaire. Le jour où la petite fille n’a plus lu les revues style « nous deux » que lisaient les femmes appartenant au même milieu que sa mère, le fossé n’a cessé de se creuser.

Elle revient dans ce très court texte sur cette sœur morte avant sa naissance et dont ses parents ne lui ont jamais parlé.

Comme toujours avec Annie Ernaux , il n’y a pas un mot de trop ,  cela souligne la justesse de ses sentiments.

Je crois que je n’ai jamais aussi bien compris l’intérêt de son style qui m’avait tant séduit quand j’ai découvert cette auteure. Si elle est brève et parfois même un peu sèche, c’est qu’elle est vient de ce milieu là, de gens qui n’avaient pas le don de la parole.
Il me semble qu’elle ne peut ni ne veut  les trahir.
Elle écrit donc une lettre à cette sœur qu’elle a, dit-elle, remplacée auprès de ses parents.

Avec trois ou quatre photos, le silence parfois douloureux de son père et une phrase au combien maladroite de sa mère( l'autre était la gentille, la morte!), elle fait vivre le poids du deuil dans cette famille.

 

 L’évocation des années 50 dans la province cauchoise à travers les maladies  enfantines et le sentiment religieux est  réussie, en tout cas pour moi.

Vite lu, ce livre ne sera pas pour autant,  vite oublié.

 

Citations :

 

Comme me le confirmera aussi un jour la directrice du pensionnat en me traversant de ses yeux étincelants « on peut avoir vingt partout en classe et ne pas être agréable à Dieu ».

 

Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une sacré différence.

 

Aujourd’hui seulement je me pose la question pourtant si simple, qui ne m’est jamais venue : pourquoi ne les ai-je jamais interrogés sur toi, à aucun moment, pas même adulte et mère à mon tour ? Pourquoi ne pas leur avoir dit que je savais.

 

Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.

 

Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t’ai remplacée.

 

On en parle ….

Moi Clara et les mots 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:47

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41pSynz%2BnLL._SL500_AA300_.jpg

  Club de lecture

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img197.imageshack.us/img197/3459/dsc00723320x200.jpg Les blogueuses sont toutes enthousiastes pour ce livre que j’ai bien aimé également, sans éprouver  la même passion. J’ai eu du mal à accepter  qu’une femme soit obligée de se cacher pour lire.

Je connais bien cette génération, et je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ne soit pas capable d’imposer ses loisirs, surtout la lecture.

J’ai beaucoup apprécié le dialogue entre la grand-mère et la petite fille.

Jade décide d’éviter à sa grand-mère la maison de retraite et va vivre avec sa "Mamoune" à Paris.
Très vite, il m’a semblé que la situation n’était pas réelle, autant la personnalité des deux personnages étaient bien rendues autant la vie concrète avec une personne âgée me semblait une vie de rêve loin des réalités d’un corps vieillissant.

Je regrette également que la solution de la maison de retraite soit de façon aussi évidente « la » mauvaise solution. Je connais trop de personnes âgées pour qui ce genre de maisons a rendu leur vie plus douce et plus agréable.
La fin ne m’a donc pas étonnée, je comprends très bien la jeune femme qui a rêvé sa vie et ses envies plutôt que les réaliser. Je trouve même que cela donne du poids à ce roman. Je regrette également que les livres qui ont eu tant d’importance pour Mamoune ne prennent pas plus de place dans le récit. Ils sont évoqués, mais on ne comprend pas en quoi ils ont changé la vie de cette femme.

 Mais c'est un beau récit et un bel exemple d’amour pour une grand-mère qui a su aimer tous les enfants dont elle s’est occupée.

 

Citations :

Une Africaine qui disait à toutes les mères : « Dors avec tes enfants quand ils sont petits, sinon ils ne s’occuperont de toi quand tu seras vieille. » Je n’avais pas encore d’enfant à l’époque. J’ai dû oublier ses conseils. Je n’ai pas assez dormi avec mes filles. Je le découvre aujourd’hui.

 

Alors je me suis enfermée chez elle, j’ai écouté sa voix et j’ai écrit notre histoire. Je l’ai écrite comme si c’était celle d’une autre, pour ne plus être brûlée vive par la honte d’avoir laissé tomber Mamoune.

 

On en parle….

Le port de l’encreuse

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