Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:41

http://ecx.images-amazon.com/images/I/414AiN8y85L._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpg Cela devrait être facile d’écrire sur ce livre que j’ai adoré. Mais  voilà, j’ai  été si émue que j’ai peur de rater mon billet, d’être trop dans l’émotion et de ne pas savoir faire partager mon plaisir de lecture.
C’est la première fois qu’un livre me fait pleurer ? Rire toute seule en lisant un livre,  ça m’arrive souvent, pleurer jamais.

À l’évocation de la mort de sa grand-mère mes larmes sont sorties sans que je puisse les arrêter. Evidemment d’autres morts en sont la cause !

 Assez parlé de moi, revenons donc à David Foenkinos, j’avais adoré La délicatesse, pour son humour et son style. On retrouve ces deux qualités dans les souvenirs.

La scène où le narrateur se décide à présenter sa compagne pour annoncer le mariage à ses parents alors que ceux-ci sont persuadés qu’ils viennent parce que leur fils a enfin compris qu’ils allaient divorcer est d’un tragi comique irrésistible.

Les petites remarques rapides comme par exemple, le nom donné aux cliniques où l’on soigne les dépressifs, Camille Claudel et Van Gogh qui ne sont quand même pas des modèles d’équilibre mental m’ont fait sourire.

Les souvenirs qu’il invente aux personnages, célèbres ou non, qu’il fait vivre dans son roman, m’ont également beaucoup amusée.

 

Mais pour moi, l’essentiel du roman, c’est la réflexion sur le vieillissement, et l’amour du narrateur  pour ses grand parents. Sa grand-mère  ne se sent pas bien en maison de retraite, elle  est très émouvante  et on comprend sa fugue vers son enfance, vers cette petite fille qu’elle a été et qui à cause de la faillite financière de ses parents a quitté  l’école en CE2 .
Elle m’a bouleversée et il faut un vrai talent d’écrivain pour faire partager la force de ses émotions.

Ses relations avec ses parents évoluent au fil des pages, et gagne en profondeur par contre je n’ai pas bien compris pourquoi son couple ne résiste pas à l’usure du temps.

Un beau livre qui permet de réfléchir en souriant aux liens familiaux.

 

Citations :

 

On cherche toujours des raisons à l’étroitesse affective de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d’amour qui nous ronge. Parfois il n’y a simplement rien  dire.

 

  Il y avait aussi un tableau avec une vache. Le tableau devait être un pensionnaire et on l’exposait pour lui faire plaisir. Après renseignement, non, personne ne savait qui avait peint cette horreur, ni pourquoi elle était pendue là. On ne souciait pas de l’esthétique. Mon  dégoût pour ce tableau allait  pourtant provoquer chez moi une étrange réaction : à chacune de mes visites, je ne pourrai faire autrement que de m’arrêter devant pour le contempler. Cette vache faisait maintenant partie de ma vie. Elle serait pour toujours le symbole de la laideur. Ce n’est pas rien d’avoir ainsi un accès à la laideur, comme point de mire à l’horizon vers lequel il ne faut surtout pas aller. Cette vache là je passerai ma vie à la fuir.

 


La vie avançait pour les autres, me laissant toujours sur le côté, et je demeurais bloqué dans l’âge des choses immobiles. Ma vie sexuelle ressemblait à un film suédois. Parfois même sans les sous-titres.

 

Que veulent les vieux ? Ils s’isolent lentement, sur ce chemin qui les conduit à la blancheur. Tout ce qui fait la matière des conversations disparaît. Et on est là, comme des veilleurs de chagrin.

 

J'ai souvent entendu dire qu'"un véritable ami c'est quelqu’un qu'on peut appeler en pleine nuit quand on se retrouve avec un cadavre sur les bras". Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours aimé cette idée. Il y a des gens qui passent leur temps à se demander ce qu'ils feraient s'ils gagnaient au Loto, moi je me demande qui j'appellerai le jour ou je devrai me débarrasser d'un corps (car il est très peu probable que je gagne un jour au Loto) je parcours la liste de mes amis, et j’hésite. Je pèse le pour et le contre d'une lâcheté éventuelle. Et puis, je me rends compte que le chois est plus complexe que prévu: aimer un ami. C'est aussi éviter de l'impliquer dans une histoire aussi sordide que risquée.

 

Mon père a trouvé une place de stationnement rapidement, et comme toujours cela le mit en joie. Je pense qu’on pourrait positionner le fait de se garer facilement dans le trio de son panthéon du bonheur. Quelque part, c’est si symbolique : mon père a toujours voulu avoir une vie rangée. Je critique cet enthousiasme de la place de parking, mais après tout chacun fait comme il peut pour se réjouir.

 

On en parle….

 

Minou a lu

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Luocine - dans Mes préférences
commenter cet article

commentaires

nathalia 24/11/2011 20:15

Moi aussi je dévore cet auteur, dont j'apprécié l'optimisme, l'humour, j'ai termine ce week end Le potentiel érotique de ma femme,et j'ai aussi un peu de mal à évoquer cet auteur sur mon blog!

Luocine 27/11/2011 11:04



je comprends bien cette dificulté ,j'hésite à écrire quand les livres me semblent fades, ce n'est jamais le cas pour Foenkinos


Luocine



Géraldine 16/11/2011 20:13


Une lecture vraiment très agréable, touchante, émouvante et drôle aussi malgré le drame.


Luocine 16/11/2011 22:42



oui j'ai beaucoup aimé , je n'ai pas vu le drame juste la tristesse ordinaire


Luocine



Minou 10/11/2011 20:49


Merci beaucoup pour le lien!
C'est amusant de lire que tu mets à l'avant-plan la réflexion sur la vieillesse que j'ai pour ma part mis en second plan (ou plutôt minorée par réaction à certaines critiques qui n'évoquaient que
cela)
Tu as très bien réussi ton billet et transmis ton émotion, d'après moi, et si on ne l'avait pas encore perçue, les extraits se chargent du reste (rien qu'à les relire, j'en suis tout émue...)


Luocine 10/11/2011 21:14



merci pour ton commentaire


Luocine



Krol 10/11/2011 17:43


Ah tiens, tu fais partie des gens qui ont adoré. J'ai lu de tout sur ce livre, et comme il est autobiographique, je l'ai mis de côté (c'est-à-dire que je n'ai pas cherché à l'emprunter). Je n'ai
pas lu non plus La délicatesse, par crainte de ne pas aimer, je l'ai prêté mais je ne l'ai pas encore récupéré. Bref ! Je retarde toujours le moment de découvrir cet auteur.


Luocine 10/11/2011 21:13



lis le , j'ai souvent remarqué que tu étais sensible à l'émotion et je n'ai jamais été aussi émue


luocine



Le blog de Luocine

voldesfous.jpg

Ce blog a déménagé, et ne sera plus mis à jour !

Mettez à jour vos favoris, et rendez-vous sur : www.luocine.fr

Recherche

masse critique

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

mes coquillages

Mes critiques et mes coquillages sont désormais disponibles sur www.luocine.fr

cinéma

médiathèque Dinard