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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 10:05

 

http://fr.canoe.ca/divertissement/livres/critiques/2007/03/16/batailles_248.jpg

Traduit de l'espagnol par François Maspero

 

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img197.imageshack.us/img197/3459/dsc00723320x200.jpg Livre prêté par une amie, Geneviève, Photographe, parce qu’elle y avait trouvé une réflexion intéressante sur l’acte de photographier. Loin de son travail, ce roman est une analyse, ô combien précise, du métier de reporter-photographe de guerre, au cours du roman la réflexion s’élargit à la photographie et à l’art en général.
Ce que ne m’avait pas assez dit Geneviève, c’est l’horreur du sujet, la violence des guerres dont a été témoin ce reporter.
Ce livre lu entre Paris et Saint-Malo, m’a plombé complètement le moral. Par la violence des descriptions – le sujet est d’ailleurs très proche- il m’a fait penser au film « Incendies ».
Mais contrairement à Geneviève, les mots ont pour moi une réalité bien plus forte que les images. 

Le livre pose un problème qui m’a toujours plus ou moins hanté, au lieu de photographier des bébés mourant de faim pourquoi les photographes des magazines  occidentaux ne les nourrissent pas.

Pour les photographies de guerre, je dois dire que je ne les regarde jamais, j’en ai quand même dans mon réservoir à images, celle de Capa qui est commenté dans ce roman,


http://www.arretsurimages.net/media/breve/s51/id5023/original.16815.demi.jpg

et la femme en pleurs après un attentat en Algérie.

Ce roman est très prenant,  mais m’a mise très mal à l’aise : comment quelqu’un d’aussi douée pour la vie que Geneviève peut me conseiller de lire de tels passages

 

« Ce n’était pas possible de photographier le danger ou la faute. Le bruit d’une balle qui fait exploser un crâne. Le rire d’un homme qui vient de gagner sept cigarettes en pariant  sur le sexe du fœtus de la femme qu’il a éventrée avec sa baïonnette »

 

Ensuite, le problème que j’ai dû résoudre c’est pourquoi je suis allée jusqu’au bout de ce roman, Geneviève avait  le prétexte de la réflexion sur la photo, moi, celui qu’elle me l’avait prêté. Quel rôle joue le lecteur de telles horreurs ? Ne suis-je pas alors voyeur d’un exhibitionniste de talent de la souffrance humaine ?

Car si le photographe prend un cliché avant de penser à sauver celui qui va être tué, il n’existerait pas si sa photo ne se vendait pas et n’était pas regardée.

La trame romanesque est assez bien tendue : le rapport entre l’ancien soldat Croate dont le reporter photographe a détruit la vie à cause d’une bonne photo, et l’histoire d’amour, un peu trop romanesque cependant. Tout n’est raconté que pour faire réfléchir à ce que représente une image. Le photographe reporter ne s’appelle pas pour rien un « chasseur d’images ».

 

Est-ce qu’avoir conscience que la guerre, amène obligatoirement ce genre de souffrances permettra de changer le comportement des hommes ? Il faut l’espérer.

 

Pour conclure un livre à ne pas mettre entre des mains sensibles à cause d’une description, hélas trop vraie, des guerres qui ont traversé ces dernières années.

Un livre enfin, qui pose le problème du témoignage de l’horreur dans toute sa complexité.

 

Citations :

Photographier un incendie n’implique pas de se sentir pompier

 

(Seule note d’humour)

J’ai le plaisir de t’annoncer que tu es très beau Faulques. Et je me trouve au point exact où une Française te tutoierait, une Suissesse tâcherait de découvrir combien de cartes de crédit tu as dans ton portefeuille et une Américaine te demanderait si tu as un préservatif.

 

La photographie considérée comme un art est un terrain dangereux : notre époque préfère l’image à la chose, la copie à l’original, l’apparence à l’être ;

 

Il savait qu’aucune photographie n’était inerte ou passive. Elles exerçaient toutes une action sur ce qui les entourait, sur les gens qui y figuraient

 

On en parle ….

canoe.ca divertissement

 


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Published by Luocine - dans Auteur étranger
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commentaires

monique 31/05/2011 18:32


Sabs doute n'irai-je pas lire ce bouquin. Je supporte assez mal les "horreurs" de toutes sortes. Mais si j'ai bien compris, cet ouvrage pose le grave problème de "l'image à tout prix". je me sens
toujours mal à l'aise dans ce voyeurisme obligé qu'entraîne une photo de victimes que ce soit pour cause de guerre, de catastrophe, de malnutition... et surtout lorsqu'on présente des enfants. Même
si le photographe est "génial".
Je n'ai pas la télé et ma préférence va à l'information donnée par la radio. Je comprends mal la complaisance avec laquelle certains se délectent à contempler les souffrances subies par les autres.


Luocine 31/05/2011 20:24



Oui, ce livre pose très bien l'importance de l aphoto.


Pour le reste, il ne m'a pas trop plu


merci de ta visite


Amicalement


Luocine



krol 08/05/2011 21:45


Ce livre m'avait marquée aussi. J'avais eu du mal à aller au bout et en même temps il m'avait fascinée, peut-être pour la réflexion qu'il suscite chez le lecteur. En tout cas, je l'ai lu il y a
environ trois ans, et j'en garde des images précises.


Luocine 08/05/2011 22:12



oui, ce qu'il dit  sur le poids des images est intéressant et également sur  ce que représente le fait de faire une photo. je viens d'entendre un débat sur l'absence de  photo de
Ben Laden mort qui enrichit encore cette réflexion


Amicalement
luocine



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