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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 10:28

 

 

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Club de lecture

 

 

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img694.imageshack.us/img694/8554/dsc00722320x200.jpg J’ai lu et je lirai tous les livres de cette auteure, depuis  « la Place ». Ils sont tous  dans ma bibliothèque, je les relis et surtout j’y pense souvent. Je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui sache aussi bien expliquer le changement de condition sociale qui accompagne la réussite scolaire. Le jour où la petite fille n’a plus lu les revues style « nous deux » que lisaient les femmes appartenant au même milieu que sa mère, le fossé n’a cessé de se creuser.

Elle revient dans ce très court texte sur cette sœur morte avant sa naissance et dont ses parents ne lui ont jamais parlé.

Comme toujours avec Annie Ernaux , il n’y a pas un mot de trop ,  cela souligne la justesse de ses sentiments.

Je crois que je n’ai jamais aussi bien compris l’intérêt de son style qui m’avait tant séduit quand j’ai découvert cette auteure. Si elle est brève et parfois même un peu sèche, c’est qu’elle est vient de ce milieu là, de gens qui n’avaient pas le don de la parole.
Il me semble qu’elle ne peut ni ne veut  les trahir.
Elle écrit donc une lettre à cette sœur qu’elle a, dit-elle, remplacée auprès de ses parents.

Avec trois ou quatre photos, le silence parfois douloureux de son père et une phrase au combien maladroite de sa mère( l'autre était la gentille, la morte!), elle fait vivre le poids du deuil dans cette famille.

 

 L’évocation des années 50 dans la province cauchoise à travers les maladies  enfantines et le sentiment religieux est  réussie, en tout cas pour moi.

Vite lu, ce livre ne sera pas pour autant,  vite oublié.

 

Citations :

 

Comme me le confirmera aussi un jour la directrice du pensionnat en me traversant de ses yeux étincelants « on peut avoir vingt partout en classe et ne pas être agréable à Dieu ».

 

Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une sacré différence.

 

Aujourd’hui seulement je me pose la question pourtant si simple, qui ne m’est jamais venue : pourquoi ne les ai-je jamais interrogés sur toi, à aucun moment, pas même adulte et mère à mon tour ? Pourquoi ne pas leur avoir dit que je savais.

 

Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.

 

Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t’ai remplacée.

 

On en parle ….

Moi Clara et les mots 

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Published by Luocine - dans Auteur français
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commentaires

Dominique 16/04/2011 11:34


Pas encore lu mais ça viendra forcément car Annie Ernaux et moi c'est une longue histoire, comme toi j'ai ses livres dans ma bibliothèque et je partage totalement ton avis sur sa capacité à faire
sentir les changements profonds engendrés par la grimpette dans l'échelle sociale
j'ai particulièrement aimé Les Années qui m'a profondément émue sans doute affaire de génération


Luocine 17/04/2011 14:30



Tu aimeras celui-là, on retrouve la force de ses premiers textes.


Amicalement


Luocine



krol 16/04/2011 10:23


Jamais lu cette auteure... il va falloir que je remédie à cette lacune !


Luocine 16/04/2011 10:29



commence pas "la place" en plus c'est tout petit pas cher et très bien ..... qui dit mieux?


amicalement


luocine



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