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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 05:45

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51EESYR5H1L._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

Traduit du polonais par Véronique Patte

http://resize.over-blog.com/100x66-c.png?http://img682.imageshack.us/img682/3810/dsc00721320x200.jpgQuel choc !

Je dois cette lecture à Dominique qui a chroniqué Mes voyages avec Hérodotes  que je vais me dépêcher de lire au plus vite.

Ma dernière réflexion en refermant le livre de Ryszard Kapusinski a été:«c'est tellement bien, je pense que tout le monde le connaît sauf moi»!

Si vous faites partie de ceux qui ont ,encore, la chance de ne pas l'avoir lu , réjouissez-vous, un grand plaisir vous attend, caché dans les pages d’Ébène .

Le reporter raconte son aventure africaine, il va à la rencontre des habitants , ne fuit aucun conflit ni aucune histoire douloureuse et comme les actualités télévisées vous le raconte à longueur d'années ce continent n 'en manquent pas.
A la lecture de ce livre on se rend compte qu'on ne connaît qu'une faible partie de massacres africains que beaucoup se passent dans le silence loin des caméras du monde.

On se promène donc au Ghana, au Liberia, en Éthiopie , en Érythrée , en Somalie, au Rwanda …

Partout la misère, la guerre, la destruction, et la nature implacable.

J 'ai déjà lu beaucoup de livres sur l'Afrique, l’originalité de cet auteur , c'est de partir d'expériences concrètes qu'il sait merveilleusement raconter .

Les description de la nature et de la chaleur sont inoubliables, je crois qu'aucun film ne permet de mieux comprendre à quel point la chaleur peut accabler l'homme et rendre toute activité superflue .

Par moment , j'ai cru relire les romans d'aventure qui ont charmé mon enfance. Le combat à mort contre le cobra est un de ces instants où la lecture devient magique , on part ailleurs bien loin du monde facile et policé de mon petit coin de France.

Cela n'empêche pas l'auteur de cerner au plus près les problèmes politiques actuels et passés de cet incroyable continent, bien au contraire, toutes les images « folkloriques » de l'Afrique nous permettent de mieux comprendre le quotidien des habitants. Et lorsqu'il raconte toujours avec la même précision son attaque par la malaria , on se dit que les gens atteints de cette maladie et mal soignés ne peuvent guère faire autre chose que survivre .

On est loin des clichés d'une population bon enfant qui ne veut rien faire, dans la fournaise implacable , touché par la maladie, les hommes ne peuvent que survivre et surtout meurent très vite. Quand en plus la folie guerrière des armes s 'en mêlent c'est l’hécatombe assurée.

Je n'ai jamais eu envie de visiter l'Afrique et ce livre dit mieux que tout ce que j'ai toujours pensé que le touriste passe forcément à côté des réalités de ce continent .

 

Citations :

La notion du temps :
L'européen se sent au service du temps, il dépend de lui, il en est le sujet. Pour exister et fonctionner , il doit observer ses lois immuables et inaltérables , ses principes et ses règles rigides. Entre l'homme et le temps existe un conflit insoluble qui se termine toujours par la défaite de l'homme : le temps détruit l'homme.
Pour les Africains les temps est une catégorie beaucoup plus lâche, ouverte, élastique, subjective. ...le temps est le résultat de notre action , et il disparaît quand nous n'entreprenons pas ou abandonnons une action. Le temps est un être passif , et surtout dépendant de l'homme.
... Si nous allons à la campagne où doit se tenir une réunion, et qu'il n'y a personne sur les lieux de la réunion, la question "quand aura lieu la réunion?" est insensée . Car la réponse est connue d'avance : " Quand les gens se seront réunis."


 

Un des malheurs de la décolonisation :


L'adoption du système insensé des salaires des Européens engendre dans les nouveaux États africains une lutte pour le pouvoir d'une violence et d'une cruauté inouïes. Instantanément une nouvelle classe gouvernante apparaît , une bourgeoisie bureaucratique qui ne crée rien ,ne produit rien , se contentant de gérer une société et de profiter de ses privilèges.


 

 

Génie africain de la construction :

Faites de bric et de broc , ces architectures monstrueuses en papier mâché sont infiniment plus créatives, imaginatives , inventives et fantaisistes que les quartiers de Manhattan ou de la Défense à Paris. La ville entière tient sans une brique , sans une poutre métallique, sans un mètre carré de verre!


 

Le progrès :


Les conflits ethniques ancestraux existent toujours , mais ils entraînent aujourd’hui un nombre de victimes bien plus important. La civilisation moderne n'a rien apporté ici, ni l'électricité , ni le téléphone, ni la télévision. La seule chose qu'elle ait introduite , ce sont les armes automatiques.


 

Les rites culinaires qui font envie:

 
Les Tutsis se nourrissent du lait des vaches et de leur sang (le sang recueilli des carotides incisées avec une pique, et versé dans des récipients lavés avec de l'urine de vache) .

 


 

La religion:

 
C'est un terrain très difficile , m'avoue le missionnaire Johan. Ces hommes nous demandent combien nous avons de dieux dans notre religion et si nous en avons un spécial pour les vaches . Nous expliquons que Dieu est un. Cette réponse les déçoit . "Notre religion est meilleure , disent-ils , nous avons un dieu spécial qui protègent les vaches."
Les vaches sont ce qu'il y a de plus important! 


 

Les famines au Soudan:

Les hommes ne sont pas affamés parce qu'il y a pénuries de vivres . En fait , le monde croule sous la nourriture. Mais entre ceux qui veulent manger et les magasins remplis se dresse un obstacle majeur: le jeu politique. Karthoum limite l'aide internationale destinée aux affamés . De nombreux avions arrivant à destination sont raflés par des chefs de bandes locales . Celui qui a une arme a des vivres . Celui qui a des vivres a le pouvoir . Nous sommes en présence d'hommes peu préoccupés de la transcendance ou de l'essence de l'âme , du sens de la vie et de la nature de l'existence . Nous sommes dans un monde où l'homme rampe pour tenter de racler dans la boue quelques grains de blés pour survivre jusqu'au lendemain. 

 

Le temps et les trajets :

 
Si on tombe sur un bitume de bonne qualité , le trajet peut être parcouru en une heure . Si on a affaire à une route abandonnée et impraticable , il faudra un jour de voyage , voire deux ou même trois pendant la saison des pluies . C'est pourquoi en Afrique , on ne dit pas : " c'est à combien de kilomètres?" Mais plutôt : " il faut combien de temps?" En regardant machinalement le ciel.

 

 

On en parle ….

 

Chez Nymphette

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Published by Luocine - dans Mes préférences
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commentaires

Aaliz 08/08/2012 01:01


Je l'ai lu il y a quelques temps et tout comme toi j'avais adoré. On a vraiment l'impression de voyager en même temps que l'auteur et de découvrir une facette méconnue de l'Afrique, de plonger au
coeur de ce continent. J'ai appris beaucoup de choses. Un vrai régal !

Luocine 08/08/2012 09:40



moi aussi un vrai de vrai régal!


un livre à offrir et à faire connaître n'est c epas?


Luocine



Hélène 02/07/2012 10:18


J'avais beaucoup aimé cet "Ebene", je note les voyages d'Hérodote que je ne connaissais pas du tout !!!

Luocine 05/07/2012 22:44



je vais le slire très bientôt Ebéne est un très beau livre


Luocine



Dominique 23/06/2012 10:58


Comme je suis contente, c'est un livre qui a été encensé partout, je me souviens quand il est sorti je n'avais pas l'intention de le lire car l'Afrique ne m'attire pas particulièrement, je l'ai
acheté pour l'offrir à un membre de ma famille mais je n'ai pas résisté à l'envie de le feuilleter, le coup d'oeil s'est transformé en lecture et en stupéfaction comme pour toi j'ai l'impression


Mes voyages avec Hérodote est assez différent car beaucoup moins fouiilé puisqu'il s'agit d'un tour d'horizon de ses voyages mais j'ai retrouvé le même ton que dans Ebène et le clin d'oeil vers
le père de l'histoire m'a réjoui 

Luocine 23/06/2012 11:42



quelle  joie que ces plaisirs qui se croisent!


à bientôt et merci


Luocine



nymphette 23/06/2012 10:25


Merci pour ce bel article et pour le lien! ce livre mérite effectivement une très large "audience! Je diffuse ton texte sur Tweeter! Bonne journée!

Luocine 23/06/2012 10:30



merci et bonne journée à toi aussi,


Luocine



Ys 23/06/2012 09:03


Je ne connais ni l'auteur ni l'Afrique qui ne m'a jamais attirée. Un auteur polonais qui parle de ce continent, c'est original, je le note avant de l'oublier, ces noms sont terribles...

Luocine 23/06/2012 09:45



oui les noms polonias sont terribles... j'ai failli le dire sur mon blog , je suis  contente que cela apparaisse dans le commentaires , en réalité je ne retiens  pas son nom, je
l'appelle dans ma tête Richard Kapu .. lis son livre si tu peux, moi non plus je ne suis  jamais allée en Afrique et j'irai encore moins après avoir lu ce livre passionnant


Luocine



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