Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 14:57

 

 

Dominique , merci.
Et, j 'espère que mon billet va donner envie à d'autres blogueurs et blogueuses de lire cet essai.
Ok! il est un peu long mais passionnant presque de bout en bout.

Le « presque» n'est pas une critique mais décrit la nature même de cet essai.
Svetlana Alexievitch part à la recherche de témoignages de citoyens qui ont connu l'URSS et qui vivent maintenant en Russie.Il y a donc, des témoignages plus intéressants que d'autres.

 

Elle sait  écouter ses compatriotes   et on sent qu'il faut parfois du temps à ces gens   pour dévoiler ce qui les rend très malheureux.

L'auteur alterne les témoignages assez longs avec des «propos de cuisine», qui sont un peu les brèves de comptoir chez nous.

On y lit l'opinion de «Monsieur et Madame tout le monde» et que, le saucisson a longtemps été l'unité de mesure de la richesse d'un pays!
Tous ou presque sont tristes et les seuls destins moins tragiques sont ceux qui vivent à l'étranger.
On ressort bouleversé par cette lecture , car on se sent aspiré peu peu par les différentes tragédies russes.

J ai parfois été proche du malaise , car il ressort de ce livre que le pire ennemi de l'homme c'est l'homme s'il a le droit de tout faire subir à son semblable.

Comme ce tortionnaire qui se vante d'avoir fait mourir des prisonniers en leur maintenant la tête dans les seaux d'excréments.

Il se pose alors régulièrement cette question: comment vivre sereinement en Russie , puisqu'aucun tortionnaire n'a été jugé. Les victimes et les bourreaux se partagent donc les lieux de rencontre.
Je pense que cela ne doit pas être très facile à vivre.

À travers tous ces témoignages un élément ressort régulièrement, du temps de la période soviétique, l'argent n'avait pas d'importance et c'est pour tous un choc énorme d'imaginer qu'aujourd'hui, on soit jugé sur ses capacités financières.

Il y avait peu de plaisirs durant les 70 années du soviétisme, en conséquence de cela (peut-être), les joies de l'esprit -en particulier celles des textes littéraires- s'imposaient .
Les jeunes Russes d'aujourd'hui n'ont plus ce goût de lire.
Être libres, voulaient dire pour les intellectuels soviétiques, pouvoir lire ce qu'on voulait ,sauf que maintenant ils sont libre et ils ne lisent plus!

Le plus déchirant , parce ce que plus contemporain: les victimes des purges staliniennes appartiennent au passé , c'est le sort des Russes dans les nouvelle Républiques .

Les guerres contre les minorités sont horribles , tout est permis et , hélas! ça continue.
Un grand livre indispensable pour comprendre notre époque!

 

Citations:

Humour communiste:
Un communiste, c'est quelqu'un qui a lu Marx, et un anti-communiste, c'est quelqu'un qui l'a compris.

 

L 'argent:

Avant, je méprisais l'argent parce que je ne savais pas ce que c'était. Dans notre famille, on n'avait pas le droit de parler d'argent. C'était honteux. Nous avons grandi dans un pays où on peut dire que l'argent n'existait pas. Je touchais mes cent vingt roubles, comme tout le monde, et cela me suffisait. L'argent est arrivé avec la perestroïka. Avec Gaïdar. Le vrai argent. Au lieu de «Notre avenir, c'est le communisme!» il y avait partout des pancartes avec «Achetez...Achetez.....L'argent est devenu synonyme de liberté.

 

Juger Staline?

Pourquoi nous n'avons pas fait le procès de Staline? Je vais vous le dire... Pour juger Staline, il faut juger les gens de sa propre famille , des gens que l'on connaît. Ceux qui nous sont le plus proches.

 

Les gens simples:

Ils n'étaient pas tous communistes, mais ils étaient tous pour un grand pays. Les changements, ça leur faisait peur , parce qu'après tous les changements, les gens simples finissent toujours par se faire avoir.

 

Un pays conçu pour la guerre:

Notre État a toujours fonctionné sous le régime de la mobilisation , dès les premiers jours. Il n'était pas conçu pour la paix.

 

Une formule à retenir:

Le communisme , c'est comme la prohibition: l'idée est excellente mais ça ne marche pas.

 

Une famille ordinaire:

Moi , je fais partie des gens que monsieur l'oligarque envoie se faire foutre. Je viens d'une famille ordinaire: mon père est alcoolique, et m amère se crève la paillasse pour trois fois rien dans un jardin d'enfants. À leurs yeux nous sommes de la merde , du fumier.....Un jour quelqu'un me mettra obligatoirement un fusil entre les mains . Et je le prendrai.

 

L 'exil:

J ai fichu le camp aux États-Unis . Je mange des fraises en hiver. Du saucisson , il y en a autant qu'on en veut ici.

 

Les changements:

Il y en a qui ont eu le gruyère et d'autres, les trous du gruyère.

 

Les héros soviétiques à la maison:

Un héros! Pendant longtemps, il s'est pavané avec son manteau militaire, il buvait, il faisait la bringue. C'était ma grand mère qui travaillait . Lui, il était un héros.

 

On en parle ….

Chez Dominique où je l'avais noté et «entre les lignes et entre les mots» blog que j'ai trouvé chez Babelio

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Luocine - dans Mes préférences
commenter cet article

commentaires

claudialucia 23/01/2014 18:06

C'est un livre dont j'ai effectivement entendu parler en bien et que je lirai certainement..

luocine 23/01/2014 18:52

je lirai ton avis avec grand plaisir
Luocine

LSJ 19/01/2014 21:08

... Ce que tu m'en as dit de vive voix m'avait interpellée, lire ce que tu écris renforce l'impression que ce livre est un livre très fort... A découvrir, même s'il semble être parfois terrible !

luocine 20/01/2014 12:55

je pensais bien que tu serais sensible à la qualité d'écoute de cette auteure !
mais il faut du courage pour lire les horreurs du soviétisme et des guerres civiles qui ont suivi..
Luocine

Dominique 19/01/2014 10:30

Comme je suis contente qu'il t'ait plu, c'est un livre qui m'a laissée pantoise, j'ai beaucoup voyagé dans les pays de l'Est avant la chute du mur et j'avais eu l'occasion de parler assez ouvertement du communisme, les mêmes thèmes affleuraient mais bien sûr tout était dit en catimini et tout était sous entendu
Je suis une passionnée de Russie et ce livre m'a vraiment inquiété pour l'avenir du pays et pourtant c'est une réalité que l'on ne peut occulter
Je trouve que le travail de l'auteur est fantastique d'attention, d'écoute et de sincérité dans le choix de ce qu'elle nous apporte
un livre très justement récompensé

luocine 19/01/2014 16:00

Oui tu as raison ce livre et son auteur mérite toute notre attention.
J'ai également une expérience assez longue en Pologne, au tout début du dégel. Et je me souviens de l'amertume des professeurs d'université qui voyaient des jeunes voyous gagnant 10 fois plus qu'eux dans des trafics pour le moins bizarres, j'y avais découvert , aussi, un antisémitisme virulent.
Je suis d'accord avec toi cette auteure a une qualité d'écoute remarquable.
Un très bon moment grâce à toi , merci;
Luocine

jerome 19/01/2014 09:20

Je veux bien te croire quand tu qualifies ce livre d'indispensable !

luocine 19/01/2014 15:55

oui et je suis contente de l'avoir lu mais triste aussi pour notre humanité.
Luocine

keisha 19/01/2014 08:19

Dominique en a fait un coup de coeur, je pense, mais bon, pas trop trop mon humeur du moment, à lire ce genre de témoignages (parfois atroces!)

luocine 19/01/2014 15:54

Comme je te comprends! parfois on a du courage parfois moins , l'important c'est que ce genre delivre existe on y va quand on veut et quand on peut...
Luocine

Jeanmi 19/01/2014 07:37

J'aime beaucoup la citation sur Marx...

luocine 19/01/2014 15:53

Elle m'a fait rire un peu jaune mais rire , et je le trouve assez vraie
Luocine

Aaliz 18/01/2014 23:18

Tout comme Aifelle, je vais attendre la sortie en poche, ça va être long car j'avais déjà envie de le lire à la base et ton avis me donne encore plus envie !

luocine 19/01/2014 15:52

de toute façon ce livre va rester dans l'actualité longtemps encore..hélas!
Luocine

Aifelle 18/01/2014 20:30

J'ai bien l'intention de le lire. Je crois que je vais attendre le poche, je voudrais prendre mon temps pour le lire.

luocine 18/01/2014 21:53

on ne peut que prendre son temps. Ce n'est pas un livre qu'on lit vite mais c'est également un livre qui bouleverse
luocine

Le blog de Luocine

voldesfous.jpg

Ce blog a déménagé, et ne sera plus mis à jour !

Mettez à jour vos favoris, et rendez-vous sur : www.luocine.fr

Recherche

masse critique

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

mes coquillages

Mes critiques et mes coquillages sont désormais disponibles sur www.luocine.fr

cinéma

médiathèque Dinard