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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 10:04

 

lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque  , thème le voyage

 

Et ... Quel voyage !

L'écrivain explique, dans l’avant dernier chapitre, la genèse de ce roman historique.
Cette épopée incroyable a, pour déclencheur, des faits authentiques,Michel Gardère en avait trouvé témoignage dans un petit livre qu'il a malencontreusement perdu et , malgré ses efforts désespérés , il n'en a, hélas! retrouvé aucune trace mais en revanche, il a lu tout ce qui se rapporte à cette histoires qui est donc, en grande partie, véridique.


Des Arméniens vivant en Perse , dans un petit village chrétien, Khosrew Abad , sont réduits à la misère car ils ne peuvent plus faire face aux impôts levés par le Shah.
Ces impôts sont exigés pour payer les dettes de la guerre perdue contre la Russie en 1828.
Les villageois sont au bord de la faillite et risquent de se voir chasser de leur village , leurs biens confisqués,leurs femmes envoyées dans des bordels et les hommes en esclavage..
Trois hommes entreprennent un périple incroyable pour se rendre à Paris afin d'y retrouver un ami du vendeur de chevaux qui lui avait parlé de la patrie des droits de l'homme et auprès de qui il pense trouver de l'aide.

Chahèn, le vendeur de chevaux espère retrouver son ami en France et ainsi sauver son village.

Plusieurs sources attestent de ce périple et aussi de l'élan de solidarité de la part des catholiques français pour sauver ce petit village.
Hélas! un travail d'historien , montre que, si l'argent a bien été récolté , il s'est perdu dans les différentes rouages des églises orientales.
(Décidément ce n'est pas d'aujourd'hui que l'argent des causes humanitaires sert surtout à faire vivre les organisations plutôt que de soulager les gens victimes des catastrophes.)

 

L'écrivain fait revivre dans ce roman , trois personnages haut en couleur et retrace leur périple.

On sent une jubilation dans l'écriture et on sent aussi le plaisir de Michel Gardère qui doit être un conteur plein de vie .
L 'écriture est fleurie et très moderne , on a parfois l'impression de lire des romans de cap et d'épée , ou encore du Rabelais à la sauce Zevaco.
Cela pour dire que j'ai eu un peu de mal avec le style mais qu'il ne faut pas s'arrêter à des formules toute faites et quelque peu anachroniques du genre:

"plate comme le pays de Jacques Brel sans ses canaux, mais avec ses canards , la steppe offrait pour seul obstacle à la monotonies des petits monticules de terre qui surgissaient de proche en proche".

On est emporté par la verve du conteur et on est bien dans cette histoire qui nous permet de visiter des contrées lointaines dans l'espace et dans le temps.
Ah oui, vous vous dites que de Perse à Paris surtout à pied ça prend du temps! Mais vous êtes loin du compte , nos trois compères veulent absolument avoir la bénédiction de la plus haute autorité ecclésiastique de leur mouvance religieuse . Les Arméniens sont plus proches des orthodoxes que des catholiques, alors avant de rejoindre Paris il leur faudra passer par les principaux lieux de ferveur religieuses : Salmas, Erevan, Odessa, Kiev , Moscou , Saint Pétersbourg … Ce n'est pas le chemin le plus direct , mais c'est celui que leur foi les oblige à prendre.
Enfin bénis et bien fatigués ils peuvent se rapprocher de Paris.

L'auteur a créé un trio , très sympathique , entre Chahèn, le sage septique qui perd peu à peu confiance dans les valeurs de la religion , le colosse Bartev qui impressionne tout le monde par sa force et son courage , et donne des complexes à ses deux compagnons parce que chez lui tout est plus grand que chez les autres (oui même les parties intimes de son anatomie!), Gaïdzag le jeune voleur avide de tout savoir .

La vie de tous les jours entre ses trois compères est faite d'amour et de fidélité et les aventures se succèdent à un bon rythme , on ne s'ennuie pas , on s'amuse très souvent.

 

 

Citations:

 

le féminisme religieux:

Si la femme était bonne à quelque chose, Dieu en aurait une auprès de lui.

 

Les comparaisons de zizis:

 

Les deux autres pèlerins frileux découvrirent avec beaucoup de surprise -à dire vrai de stupéfaction- que le géant ne l'était pas que par la taille. Tout chez lui était démesuré . Tout. Même en sortant de l'eau glacée. Sans se concerter, ils décidèrent qu'ils ne se laveraient que le haut du corps, jusqu'à la taille. En trempant la main dans l'eau et en la frictionnant sous leur bras et sur leur ventre. Le reste -et singulièrement leur virilité- attendrait bien un jour ou deux.

 

Réflexion pleine de sens:

Quand les sens partent dans tous les sens , la vie prend du sens , mais on perd le sens de la vie.

 

Les Kurdes et l'éternel humain:

Des bandes de brigands kurdes menaçaient souvent les convois mais ne prenaient jamais de risque s'ils étaient escortés. Délicieux paradoxe: bien souvent la garde se composait exclusivement de Kurdes provisoirement rangés.

 

Le pari pascalien:

Si Dieu n'existe pas , je peux évidemment faire ce que je crois juste. Mais s'il existe et que les catholicos est vraiment son porte-parole, je cours un risque personnel , ce qui n'est pas bien grave, mais j'en fais courir un bien plus terrible à mes compagnons et à mon peuple. Et je n'en ai pas le droit . C'est sur cette terrible dualité du doute que l’Église- toute les Églises- a bâti son message et sa force. Je ne peux pas démontrer que Dieu est une invention de l'homme , mais je ne peux pas non plus prouver qu'il n'existe pas.

 

Une formule amusante:

Fuir , c'est prendre son courage à deux pieds.

 

On en parle...

un nouveau blog "une pause livre"

 

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Published by Luocine - dans Roman historique
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commentaires

Géraldine 03/01/2014 23:18

Moins tentée que par le livre d'Huxley !

luocine 04/01/2014 15:55

c'est un livre qui se lit facilement , et qui a pour sujet un fait historique étonnant.
Mais évidemment il n'a pas l'ambition de la réflexion d'Aldous Huxley , ce n'est pas du tout le même genre , disons qu'il s'agit d'un honnête roman historique.
Luocine

krol 18/12/2013 12:05

Les citations sont vraiment amusantes... J'aime beaucoup.

luocine 18/12/2013 19:27

C'est un livre facile à lire et très étonnant. Je ne connaissais pas du tout cette histoire.
Luocine

Storme 17/12/2013 17:12

bonjour, je viens de lire votre commentaire concernant le livre de Sébastian Haffner (Histoire d'un Allemand), qui vous a été recommandé par une amie allemande, dont le prénom est Ursula. Je suis très troublée, ma mère allemande aussi, s'appelait Ursula...Pourriez-vous éventuellement me donner le nom de famille de votre amie? Je vous remercie d'avance pour votre confiance. Bien à vous, Anne-Marie Storme

luocine 17/12/2013 18:32

demande un peu étrange! Je vous dis ce que je sais et qui peut être lu par tous. Ursula est une femme que j'ai rencontrée un été chez des amis musiciens à Dinard . Je ne sais pas son nom de famille qui doit être français puisqu'elle est l'épouse d'un musicien français.Est ce que votre maman apprécie aussi le livre de Stébastien Haffner?
Pour ma part, je trouve que c'est un livre passionnant et que je recommande toujours.
Luocine

jerome 16/12/2013 13:18

Tu as l'art de dégoter des titres vers lesquels je n'irais jamais de moi-même !

luocine 16/12/2013 13:46

tu ne marches pas assez .. et surtout tu ne viens pas au club de lecture de la médiathèque de Dinard!!
tu es invité comme ça on aurait 2 hommes!
Luocine

Loo 15/12/2013 20:11

Tu as bien raison l'écriture donne un style particulier à cette histoire que j'ai en tous cas beaucoup apprécié. Je suis contente de trouver quelqu'un qui l'a également lu.

luocine 16/12/2013 13:47

c'est un livre sympa et qui est écrit avec une belle faconde
Luocine

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