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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:31

 

 

Voilà! Mes coquillages parlent pour moi, ce livre est une grande déception. J ai quelques difficultés à exprimer ce que j'ai ressenti pour plusieurs raisons:

  • Ce livre est un cadeau que j'ai demandé, dans le cadre de l'opération match de la rentrée littéraire organisée par Price.Minister.

  • Un cadeau, on a toujours envie que cela plaise, c'est toujours plus compliqué à évaluer, mais c'est le jeu on doit même noter ce livre .

  • Mais pourquoi donc, suis-je allée vers ce roman? J'avais lu des critiques élogieuses du premier livre de Maria Pourchet: «Avancer» sur des blogs que je lis régulièrement . (Comme celui de Keisha). Et, souvent, j'aime ce genre de regard acide sur notre société

  • Et enfin,cette écrivaine a l'art de la formule, c'est absolument certain.


    Alors?

Tout ce livre m'a rendu triste et très perplexe. Pourquoi mettre son talent à décrire des gens qui n'en ont aucun?
Cela se passe dans le milieu «bobo» branché parisien. Tous ses personnages n'ont comme sujet de conversation que la critique acerbe des gens qu'ils connaissent et si possible de se faire les dents sur les plus faibles qu'eux.
Le départ c'est une fête d'anniversaire surprise. Ressort souvent utilisé au cinéma , avec une petite variante, l'homme ne veut pas sortir et sa compagne ne pourra pas l'extraire de son canapé face à sa télé.
Les invités, sur une terrasse en plein Paris, se morfondent en les attendant, et, l'alcool aidant ils dressent des portraits peu flatteurs des uns et des autres.

On est dans un monde du paraitre et de la formule qui fait mouche. L'auteure semble promener sa caméra dans un monde qui la dégoûte quelque peu, elle prend le lecteur à partie et raconte ses personnages comme si elle les disséquait plutôt que de leur donner vie.
Son lecteur, peu à peu, s'attriste et se se demande , pourquoi Maria Pourchet s'intéresse à ces gens là , et si, elle même s'ennuie à les fréquenter , elle nous amène à éprouver le même sentiment.
On a envie de fuir, la vie est ailleurs, ces bobos parisiens qui peuvent en une soirée dépenser en boisson un mois d'un bon salaire , ce n'est qu'une toute petite partie de notre société , vaut-elle un roman?


Ma réponse est: en tout cas pas celui-là!

 

Citations:

Scène avec l'homme du cinéma (Ariel) qui embrasse et tutoie tout le monde et qui attire ceux que la notoriété fascine:

Toujours à propos d'Ariel, elle songea mufle, connard, frimeur, mais le garda pour elle.

On commençait à trouver curieuses ces démonstrations répétées d'affection de quelqu'un qui n'avait a priori besoin de personne, vis à vis d'un autre qui, en plus d'être anonyme, semblait se complaire dans le service.

 

Portrait de Paul-chômeur (celui qui aurait dû être le héros de la fête) vu par sa femme :

Commentant les liens, pas toujours clairs, qu'elle ne pouvait s’empêcher d'établir entre l'accès de Paul à l'emploi, leur accès à la propriété et son accès à la maternité, elle avait un peu insisté sur ce travail que Paul n'avait pas su conserver . Et ensuite sur tous ceux qu'il n'avait su prendre. Elle les avait évoqués un à un , rappelé les excuses que Paul avait trouvées, innovant chaque fois pour échapper au salariat, ou simplement à la rémunération . C'était trop loin, c'était trop peu, tel employeur avait mauvaise réputation , tel autre était sous alerte financière, untel avait la poignée de main humide. Les occasions que Paul ne voyait pas arriver, les offres qu'il ne sentait pas , les gens dont il se méfait, les gens dont il était sûr qu'ils se méfiaient. Toutes les proies lâchées pour autant d'ombres, pas même des ombres, des fantasmes.

 

On en parle .....

Un blog que je ne connaissais pas,tenu par quelqu'un qui  l'a lu dans le même cadre que moi

Stendhal syndrome

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Published by Luocine
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commentaires

keisha 02/12/2013 14:15

Après lecture de ton commentaire chez moi, me voilà de retour pour lire à nouveau ton billet, les commentaires et les réponses. Maria Pourchet semble en effet choisir une écriture caustique et distanciée (elle utilise le pronom nous dans son livre, ce nous ce seraient elle et le lecteur comme spectateur?). J'ignore tout d’elle et du milieu qu’elle fréquente.
Le milieu décrit dans ce livre, je ne le connais pas, je l'imagine un peu (mais un couple comme Paul et Marguerite, ça doit bien exister partout?). Ses personnages ne sont pas "attachants", d'accord, sauf peut être un ou deux pour lesquels on ressent une certaine empathie, quand même. Cependant j'ai lu ce (court) roman sans fatigue et sans déplaisir.
J'ai juste une question: je ne me souviens pas de quel roman sur les "vieux" que je n'ai pas aimé? Aucun souvenir! Tu peux me rafraichir la mémoire?
En résumé : un roman qui suscite des avis bien différents.

luocine 05/12/2013 10:59

je comprends que tu ne t'en souviennes pas .. c'est Jérôme qui avait détesté : les autotamponneuses

dasola 08/11/2013 10:26

Bonjour Luocine, je passe donc sur ce non-conseil dont je n'avais même pas entendu parler. Bonne journée.

luocine 08/11/2013 13:09

comme quoi, on croit que tout le monde en parle et puis finalement pas tant qu eça
Luocine

jerome 04/11/2013 20:28

J'ai failli le demander... du coup j'ai envie de pousser un grand "ouf" de soulagement.

luocine 06/11/2013 08:54

Tu aimerais peut-être le ton mordant et son style pour décrire des bobos parisiens .
Ce qui m'a déplu c'est son plaisir à écrire de belles formules pour le plaisir et de présenter ses personnages comme des marionnettes , c'est plus des symboles de personnages que de vrais personnages .Au lecteur d'y mettre ce qu'il connaît de nos comportements. Comme personnellement je suis loin de ce monde , je n'ai pas été intéressée tout en lui reconnaissant un certain talent
Luocine

keisha 04/11/2013 12:57

Zut alors! Comme je ne l'ai pas (encore) lu, je ne peux rien dire; mais tu sais que j'avais aimé le précédent (dont l'héroïne t'aurait peut être agacée , va savoir...)

luocine 04/11/2013 13:02

agacée, ça peut m'amuser, mais carrément triste et déçue j'aime beaucoup moins .. mais si tu lis celui-là tu me diras , j'ai hâte de lire des avis de gens qui ont aimé son premier roman
Luocine

dominique 04/11/2013 09:33

un billet comme le tien apporte de l'eau à mon moulin, on est submergé de livres et en choisir quelques uns relève de la chance car les critiques de blogs sont parfois tellement élogieuses pour des livres plus que quelconques que c'est un peu décourageant
j'ai lu parfois en partie seulement tout une série de livres à cette rentrée et j'ai eu l'impression de perdre mon temps !

dominique 04/11/2013 10:30

je suis d'accord et c'est pourquoi j'écume un peu les blogs mais je crois qu'en prenant de l'âge je suis nettement moins patiente avec les livres et je ne supporte plus du tout d'être déçue :-)

luocine 04/11/2013 10:24

voilà! comment choisir ? les blogs représentent quand même une bonne solution, car malgré nos différences de goûts inévitables, on sent que les rédactrices et les quelques rédacteurs ont fait l'effort de lire le livre dont elles (ils) parlent.
Bien sûr il y a les inévitables engouements et certainement le plaisir d'être reconnu comme critique à qui on s'adresse pour parler d'un livre, mais c'est déjà tellement mieux que les critiques de la presse . Dans les journaux , on a l'impression que les critiques savent avant de le lire ce qu'il y a dans le livre selon ce qu'ils savent des opinions de l'écrivain ou pire de la maison d'édition qui édite le livre .
Luocine

clara 04/11/2013 08:48

je le lis cette semaine!

luocine 04/11/2013 08:57

je crois que tu as fait partie de celles qui ont bien aimé son premier roman alors ton avis m"intéresse
Luocine

Sandrine 03/11/2013 21:57

On peut pourtant faire de grands romans sur des gens inintéressants...

luocine 03/11/2013 22:50

oui mais ce qui fait du tort à ce livre à mon avis, c'est le plaisir de la formule bien tournée et le regard froid qu'elle pose sur chacun de ses personnages
Luocine

Camille 03/11/2013 21:21

Merci beaucoup d'avoir mentionné ma critique ! Je partage vraiment ton avis, autant sur le sens de la formule évident de Maria Pourchet que sur le manque d'intérêt de l'histoire qu'elle raconte. Je n'ai pas appris grand-chose de cette lecture, mais je suis convaincue que l'auteure peut mieux faire. Au plaisir de te lire à nouveau très vite !

luocine 03/11/2013 22:49

mi aussi je suivrai avec plaisir tes lectures, oui j e crois que cette auteure peut faire mieux que ça, car elle a de l'esprit , trop peut-être?
Luocine

Aifelle 03/11/2013 20:15

Aïe ! j'ai beaucoup aimé "avancer" et j'ai l'intention de lire celui-là. Tu me refroidis un peu.

luocine 03/11/2013 20:40

non au contraire, ce qui est intéressant c'est de confronter des avis différents , moi par contre j'hésite pour "avancer" que vous m'aviez donné envie de lire !
Luocine

krol 03/11/2013 13:47

Et bien, je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce livre-là !!!

luocine 03/11/2013 14:15

tu ne peux pas savoir à quel point ce livre m'a rendue triste!
quand on écoute un peu les problèmes du quotidien et si on lève un peu notre regard des pauvres gens qui fuient la misère au péril de leur vie, lire les tribulations de ces Parisiens sans aucune grâce c'est un peu écœurant.
Je ne veux pas plonger dans le misérabilisme car le talent sauve tout et on peut écrire sur tous les sujets,l'âme humaine est la même en Somalie , dans un abattoir breton qui va fermer ses portes , ou sur un canapé à Paris devant un poste de télévision , mais pour cela il faut beaucoup de talent et peut-être ne pas seulement chercher à faire mouche grâce aux formules qui sont là pour faire sourire le lecteur
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