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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:25

 

 

Roman traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson
 

 

Une fois n'est pas coutume je vais recopier la quatrième de couverture , je pense que cela suffira à vous donner envie de lire le roman de Bergsveinn Birgisson, cela prouve que les éditions Zulma font bien leur travail de mise en valeur d'un roman:

 

«Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi.» Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

 

Je n'ai qu'un goût modéré pour la nature mais ce livre n'existerait pas sans l'attachement à la terre que sait si bien raconter cet écrivain.

Ces histoires sont totalement hors de mon quotidien , j'adore être dépaysée à ce point.

L 'histoire d'amour est très belle: on est bien avec toi Bjarni et on écoute tes histoires.

J' ai un petit faible pour le couple de vieux paysans qui ont vécu loin de tout et qui se sont aimés toute leur vie. Je ne vous raconte pas la solution qu'a imaginée le mari qui ne pouvait pas enterrer le corps de son épouse (le sol était gelé ) et qui ne voulait pas qu'elle soit laissée à l'abandon .

Mais je sais que vous n'oublierez pas l'odeur qui emplissait l'église le jour de son enterrement.

 

Il y a dans ce roman des petites leçons de vie qui sont très agréablement distillées .
Je suis moins sensible aux poèmes je les trouve un peu niais ,sans savoir si c'est voulu de la part de l'auteur où si leurs charmes ont du mal à passer en traduction.

 

Citations:

leçon de vie et exemple du charme du roman:

Ah, je suis devenu un vieillard impossible qui prend plaisir à raviver de vieilles plaies. Mais on a tous une porte de sortie. Et nous aspirons tous à lâcher notre moi intérieur au grand air. Mon issue de secours à moi, c'est la vieille porte de la bergerie de feu mon père, celle que le soleil traverse par les fentes, en longs et fins rayons entre les planches disjointes. Si la vie est quelque part, ce doit être dans les fentes. Et ma porte à moi est désormais tellement faussée, branlante et déglinguée qu'elle ne sépare plus vraiment l'intérieur de l'extérieur. Devrais-je mettre au crédit du charpentier ce travail baclé? Car toutes ces lézardes, ces interstices , laissent passer le soleil de la vie.

 

 

 

Rudesse et avarice:

Son grand-père fut longtemps célèbre pour l'amende d'une demi-couronne qu'il infligea à sa bonne pour avoir renversé le pot de chambre, gaspillant ainsi son contenu. C'est dire si, l'urine, qui servait à dessuinter la laine brute, était précieuse pour ces gens-là, et les rapports humains de peu de prix.

 

Et encore l'usage de l'urine:

A son époque, à la campagne, le savon n'existait pas; on lavait le linge et les vêtements à l'urine fermentée, comme de toute éternité….Dans sa jeunesse , disait-elle quand les femmes se shampouinaient à la pisse, leur chevelure longue et épaisse resplendissait.

 

Reconnaissance:

Et il n'y en a pas un qui m'a dit merci, alors que le foin de Tungunes, je l'ai mis en meule au moins dix-sept automne d'affilée.C'est comme ça. Celui qui en vient à mendier a le cœur qui saigne, et ces gars là ne voulaient sans-doute pas reconnaître leur dépendance.

 

Proverbe campagnard:

Il y a ceux qui allument le feu et ceux qui en profitent.

 

Leçon de vie qui me rappelle une chanson de Brassens:

Ainsi la règle m'a paru être que les gens prennent dans la vie le contre-pied de ce qu'ils prônent , quelle que soit l'image que revêt leur convicion. A croire que ceux qui parlent de maigrir sont toujours ceux qui sucrent le plus leurs crêpres et que ce sont les grosses brutes qui parlent de «précautions à prendre en présence d'une âme». Les plus acharnés à condamner le crime sont généralement les criminels les plus endurcis; le capitalisme qui est censé enrichir tout le monde, ne fait qu'appauvrir. Il faut s'attendre à ce que la liberté dont on parle tant à présent finisse par nous réduire tous en esclavage.

 

On en parle ....

Liser la réponse à la lettre à Helga du libraire de Lesneven à Bjarni je l'ai trouvée sur le site des éditions Zelma

et merci à Jérome chez qui j'avais noté ce livre ainsi que chez Krol   (qui a quelques réserves)

 

 

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Published by Luocine
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commentaires

Géraldine 21/10/2013 20:45

J'ai du mal à me décider à aller vers ce livre. Disons que ton billet est le premier qui pourrait me faire faire un pas dans cette direction.

Fransoaz 17/10/2013 09:41

Lecture prochaine de cette lettre. Jolie réponse que celle de notre voisin lesnevien!

luocine 17/10/2013 09:57

je te lirai avec grand plaisir
Luocine

Dominique 17/10/2013 09:32

ah tu me pousses là car j'ai le livre en version numérique sur mon ipad et j'hésitais à le lire car je l'ai un peu trop vu partout mais....je vais peut être me laisser faire ou le garder pour une période de disette, euh disette d'envie pas de livres à lire ça j'en ai toujours un pile

clara 17/10/2013 07:04

Lu et aimé mais pas rédigé de billet car tout a été déjà été dit..

luocine 17/10/2013 09:55

ah Clara, non ne fais pas ça , pour une fois je ne suis pas d'accord avec toi je trouve que les livres qu'on aime doivent tous avoir une place dans notre blog , tu sais,moi je n'ai pas le temps de lire tous les blogs , et je vois parfois des livres dans un blog , le tien par exemple, et tu dis que tu as lu ce livre grâce à tel ou tel blog, moi ,ton avis me suffit et je le note.
Si tu n'avais pas parlé du livre il m'aurait échappé .
Et puis il y a le style Clara , pu importe que tout soit dit sur le livre ce que Clara en dit a de l'importance pour Luocine
Luocine

Aifelle 17/10/2013 06:57

Il vient d'arriver à ma bibliothèque, je suis contente, j'ai envie de le découvrir.

luocine 17/10/2013 09:50

et moi de lire ton commentaire!
Luocine

jerome 16/10/2013 18:54

Tout le charme du texte tient selon moi dans le ton qu'utilise Bjarni. C'est drôle, pathétique, plein d'autodérision, grave aussi par moment. J'ai adoré, tu le sais, ça sonne tellement juste, tellement naturel...

luocine 16/10/2013 19:28

oui c'est vrai ce que j'ai aimé aussi c'est qu'il est à la fois sûr de lui et qu'il se rend compte qu'il se trompe pourtant.
Luocine

luocine 16/10/2013 14:25

je l'ai déjà lu deux fois , il y a bien des moments un peu lourds c'est un livre rural! mais il me plaît beaucoup ,peut-être parce que contrairement à toi je ne m'attendais pas à être séduite par un roman paysan
Luocine

krol 16/10/2013 14:15

Merci pour le lien... J'ai été séduite aussi... à postériori...

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